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Yoan Severin : « Aller chercher ce titre »

Dans le groupe de Ludovic Batelli pour la Coupe du monde U20 en Corée, il y en a un qui a connu sa première sélection en novembre 2016 et qui attendait ce match contre l'Italie avec impatience. Aujourd'hui à Zulte Waregem, Yoan Severin est passé par Lyon et la Juventus. Une Vieille Dame qu'il retrouve un peu aujourd'hui.

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Tu as joué à l'Isle d'Abeau et Bourgoin avant d'arriver à Lyon en 2010. Comment le club t'a repéré ?
En fait, Bourgoin est un club partenaire de Lyon. On avait vraiment une bonne équipe. Ils nous ont remarqués et on a fait les détections là-bas. On était trois joueurs de la même équipe à signer à l'OL cette année-là. En plus, je suis né à Villeurbanne, donc Lyon c'était mon club de cœur. Quand j'ai su qu'il me voulait, j'étais super content. C'était un rêve pour moi.

Malheureusement pour toi, après le rêve, c'est un peu le cauchemar. L'OL ne te garde pas en U16. Comment tu l'as vécu ?
J'avais fait une très bonne année en U14. J'ai fait quatre très bons premiers mois en U15 aussi. J'étais titulaire, quelques fois capitaine. Et puis au mois de décembre, j'ai eu une perte de confiance en moi. C'était compliqué et à la fin de la saison, ils ont fait le choix de ne pas me conserver. Sur le coup, j'ai eu les larmes aux yeux. Heureusement, mon père était là. J'avais déjà eu des contacts avec Évian Thonon Gaillard qui était prêt à me recruter si Lyon ne me gardait pas. Je suis parti faire un essai là-bas.

Comment Évian t'a repéré ?
J'ai eu la chance de faire un dernier tournoi avec Lyon en 2012. Quand j'ai appris que j'étais viré, il y en avait un à Neuville sur Saône. Juste avant, j'ai joué relâché, j'ai retrouvé mon niveau et le coach m'a sélectionné pour ce tournoi. Normalement, c'est pour les joueurs conservés, pour préparer l'année d'après. J'étais le seul joueur du groupe à ne pas être conservé. J'ai fait un très bon tournoi et Souleymane Cissé m'a repéré.

Tu as une relation particulière avec lui.
Ouais, très particulière. On s'appelle encore régulièrement, une à deux fois par mois. C'est lui qui m'a redonné confiance en moi. À Évian, j'étais un 97 donc première année U17. Il y avait tous les 96 devant moi. Il m'a donné ma chance et j'ai fait toute la saison titulaire en défense centrale.

T'es resté combien de temps là-bas ?
J'ai fait 18 mois. La première année avec le coach Cissé, j'ai fait tous les matchs titulaires. La deuxième année U17, Cissé a pris les U19. On avait vraiment une bonne équipe, j'ai pris le brassard, mais malheureusement le message avec le nouveau coach ne passait pas bien. On était avant-derniers, je crois. De septembre à juin, on n'avait gagné qu'un match, donc psychologiquement, c'était dur.

« Quand la Juve est revenue, Pascal Dupraz m'avait dit qu'il était prêt à m'intégrer, à faire quelques entraînements avec le groupe pro. Il voulait me garder. Il n'était pas d'accord pour que je parte. »

Il paraît que tu as refusé d'abord la Juve, tu confirmes ?
C'était en 2013, au mois de juillet. J'avais déjà repris la saison avec mon équipe. Évian n'avait pas prévu de recrutement. En jeune, ça se fait en mai/juin. Je ne me sentais pas spécialement prêt non plus à partir tout de suite. Et je ne voulais pas lâcher mon équipe, juste après la préparation, alors que j'étais capitaine.

Tu as vécu la même situation entre Bourgoin et Lyon, je crois ? Tu es quelqu'un qui s'attache beaucoup à ses clubs ?
Quand j'étais à Bourgoin, il y avait la finale régionale. C'était vraiment un tournoi important, le meilleur moment de notre saison. Et Lyon m'appelle pour aller faire un tournoi au Portugal avec toutes les grosses équipes, Porto, Benfica et tout ça. Quand on t'appelle pour te dire ça, à treize ans, t'en as plein les yeux. Mais j'ai pris le temps de la réflexion et j'ai décidé de refuser. J'ai dit que je préférais rester avec mon équipe, que j'avais entamé la saison avec eux et qu'on avait travaillé toute la saison pour atteindre cet objectif. Ça fait partie de ma personnalité.

Quand la Juve est revenue une seconde fois, tu t'es dit quoi ?
Ils sont revenus, six mois après, au mois de décembre, lors du mercato hivernal. Je me suis dit que je n'aurais pas d'autre chance cette fois-ci. Ils ont trouvé un accord avec Évian et ça a pu se faire.

C'est vrai que Pascal Dupraz t'avait promis que tu intégrerais le groupe pro à la fin de la saison ?
Quand la Juve est revenue, il m'avait dit qu'il était prêt à m'intégrer, à faire quelques entraînements avec le groupe pro. Il voulait me garder. Il n'était pas d'accord pour que je parte.

Ce n'est pas trop dur d'arriver dans un gros club comme ça à 17 ans ?
Au début si, parce que j'arrive dans un pays où je ne parle pas la langue. Je suis tout seul. Personne ne parlait français dans mon équipe. Heureusement, j'ai pu compter sur ma famille, ma copine et mes amis.

Tu jouais avec la réserve sous les ordres de Fabio Grosso, ancien joueur de l'OL et de la Juve notamment. C'est un bon coach ?
C'est un coach qui donne beaucoup de conseils et qui parle à ses joueurs. Sur l'aspect psychologique, pour moi, c'est important. Ça faisait bien longtemps que la réserve avait joué comme ça. On a vraiment proposé un beau football. On a remporté le plus gros tournoi d'Italie (le Viareggio, ndlr), on a joué la finale de la Coupe d'Italie et on est allés en finale du championnat aussi. J'ai eu la chance de jouer à San Siro et au Juventus Stadium. Quand on met les pieds dans des stades mythiques comme ça, ça fait quelque chose. En plus, à San Siro, deux mois après, il y avait la finale de la Ligue des champions. C'est sûr qu'il n'était pas aussi plein, mais ça reste San Siro. (rires)

« Quand je voyais Giorgio Chiellini ou Leonardo Bonucci, qui ont tout gagné, arriver à l'entraînement une heure avant tout le monde et qui travaillaient déjà, alors que nous, les jeunes, on arrivait après eux, dans ma tête, ça m'a fait tilt. Depuis ce jour-là, j'arrive toujours en avance. »

Ça fait quoi de s'entraîner avec Giorgio Chiellini ou Leonardo Bonucci pour un jeune défenseur comme toi ? J’imagine que l’on a les oreilles grandes ouvertes ?
Je suis allé à Melbourne et à Hong Kong avec le groupe pro faire un stage l'été dernier. Ça m'a permis de jouer face à Tottenham, entre autres. Pendant un mois et demi, j'ai eu la chance de m'entraîner avec des champions. Quand je voyais des joueurs de 33-34 ans, qui ont tout gagné, arriver à l'entraînement une heure avant tout le monde et qui travaillaient alors que nous, les jeunes, on arrivait après eux, dans ma tête, ça m'a fait tilt. Depuis ce jour-là, j'arrive toujours en avance.

T'as même été appelé dans le groupe pro lors d'un match de Ligue des champions. C'était face à Lyon...
Ouais, j'étais très fier. Malheureusement, je suis resté en tribunes, mais ça reste une très bonne expérience. J'ai pu voir comment ils préparaient un grand match comme ça. Ça restera un moment inoubliable.

Après tout ça, tu t'attendais à ta première sélection en équipe de France ?
Mon ancien agent m'avait dit que ça allait peut-être se faire. Après, il fallait attendre la liste. Quand elle est tombée, c'était une grande fierté. J'ai directement appelé mon père pour lui dire.


Tu parles beaucoup de ton papa.
Bah mon père, c'est la première personne que je vais voir dès que j'ai un choix à faire. On est très proches, on se dit tout. J'ai la chance d'avoir un père qui connaît le football, donc il me donne des conseils. Bon, ma maman connaît un peu moins le foot, mais c'est important d'avoir son avis aussi. (rires)

Lors du dernier mercato d'hiver, ta priorité, c'était un retour en France ?
Ouais, au début, c'était ça. J'avais quelques contacts en France, mais rien de concret. Et il y a eu ce coach du club de Zulte Waregem. Il était en visite à la Juventus. Il m'a vu lors d'un entraînement de la réserve et il m'a bien aimé. Il m'a vu jouer en équipe de France aussi. J'ai parlé avec lui parce que je ne connaissais pas le club. En Belgique, à part Anderlecht, le Standard de Liège et Bruges... Il m'a expliqué qu'il aimait bien développer les jeunes, que c'était un club qui vendait pas mal de joueurs car beaucoup explosaient là-bas. C'est le cas de Thorgan Hazard (au Borussia M'gladbach aujourd'hui). Il m'a convaincu dans son discours.

« Il y a vraiment une bonne ambiance dans cette équipe de France. C'est un groupe qui se connaissait déjà. Moi, je suis arrivé en tant que petit nouveau, avec Maxime Lopez notamment. On a été vraiment bien intégrés. Je ne suis pas surpris par la victoire à l'Euro. »

Et du coup, ça se passe bien là-bas ?
Ouais, ça se passe très bien. Je me sens bien. Je suis arrivé en janvier, j'ai joué mon premier match le jour de mes vingt ans et on a remporté la Coupe de Belgique. Du coup, on jouera la Ligue Europa la saison prochaine. Pour un club comme ça, c'est fantastique. Pour les joueurs, c'est bien aussi. Beaucoup ne connaissent pas la Coupe d'Europe. Des mecs de trente ans vont la découvrir. Et ça nous permet de travailler sereinement pour la suite.

T’as été rappelé en équipe de France U20 fin mars. Comment tu te sens dans ce groupe ?
Très bien. Il y a vraiment une bonne ambiance. C'est un groupe qui se connaissait déjà. Moi, je suis arrivé en tant que petit nouveau, avec Maxime Lopez notamment. On a été vraiment bien intégrés. Je ne suis pas surpris par la victoire à l'Euro. En plus de leurs qualités, il y a un très bon état d'esprit au sein du groupe.

Justement, c'est la génération des U19 champions d'Europe l'année dernière. Pour cette Coupe du monde, l'objectif c'est le titre ?
Bah bien sûr ! On est venus pour ça. On fait partie des favoris, mais on n'est pas les seuls. Il ne faut pas s'enflammer et continuer de travailler pour essayer d'aller chercher ce titre.

Quand tu vois la carrière de Pogba ou celle d'Umtiti (champions du monde U20 en 2013), tu te dis que ça peut être un beau tremplin dans ta carrière ?
C'est clair. Ils sont à Manchester United et Barcelone, ça donne envie. On a envie de faire le même trajet qu'eux. Après, on a chacun notre destin. Mais si on gagne cette Coupe du monde, ça ouvrira plein de portes et ça fera du bruit.


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    Propos recueillis par Yoann Gautier
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