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Yaya Touré, le premier des réformés

Alaba, Lahm, Kimmich, bientôt Fernandinho… Depuis ses débuts sur les bancs de touche en 2008, Pep Guardiola n’a cessé de réinventer les qualités de ces quelques joueurs. Entre innovation géniale et replacement inquisiteur, Yaya Touré a été le premier des réformés de sa sainteté chauve.

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Lorsque les interrogations concernant le mercato citizen affluent, Pep Guardiola trouve toujours une parade. Alors quand les questions concernant le manque de recrues défensives pointent le bout de leur nez, le natif de Santpedor répond le plus pédagogiquement possible : « Je pense que Fernandinho peut jouer à dix postes différents. Il a les qualités pour jouer partout sur le terrain. Il pourrait très bien jouer défenseur central. Il est rapide, très intelligent, agressif et très doué dans le jeu aérien. Il a les qualités pour faire de bonnes relances (…). On pense qu'il peut jouer à ce poste. Fernando aussi peut-être, mais il n'est pas aussi rapide. J'aime aligner les milieux en défense centrale, car ils peuvent faire de bonnes passes. » De cette déclaration d’amour à la polyvalence de ses poulains, Guardiola renvoie irrémédiablement vers ses périodes blaugrana et bavaroises. Des expériences réussies car révolutionnaires pour de nombreux joueurs, de Philipp Lahm à David Alaba en passant par Joshua Kimmich. Mais, au premier rang des innovations de Pep se trouve un Citizen qui ne devrait peut-être bientôt plus l’être : Yaya Touré.

Yaya Touré : « Il m’a appris à comprendre le jeu »


Quand il s’empare de l’équipe première azulgrana à l’été 2008, Pep Guardiola n’est qu’un jeune novice ayant mis José Mourinho à la porte du Camp Nou. Un statut auquel se greffe la pression du succès immédiat, le Barça ayant terminé la dernière année de l’ère Rijkaard fanny. Les premières missions de l’ancien technicien du Mini Estadi se concentrent sur les sorties des poids lourds Ronaldinho et de Deco. Puis, une fois la fenêtre du mercato refermée, il se concentre sur la modélisation de son effectif selon ses préceptes. Entre remise en cause des uns et adaptation des autres, la clé de voûte de la dream team de Cruyff construit l’identité de son Barça autour de quatre notions clés : possession, mouvement, intensité et intelligence. Autant d’éléments qui, aujourd’hui encore, restent gravés dans la tête de Yaya Touré : « Il m’a appris à comprendre le jeu, à gagner et comment gagner. Il m’a donné l’envie de jouer. » Une déclaration qui renvoie vers la mutation de l’Ivoirien durant ces deux exercices au Barça sous la direction d’un Guardiola qui, un soir de finale de Ligue des champions, l’installe pour la première fois en défense centrale.


Ces expérimentations, le néo-entraîneur de Manchester City les répète depuis à foison. Plus parlante que ses débuts idylliques dans une cité de Gaudi où il a grandi et dans un Barça dont il connaît les moindres recoins, son expérience bavaroise renforce l’idée selon laquelle Guardiola est un homme de révolution et de perpétuelle remise en cause. Philipp Lahm et David Alaba peuvent en témoigner. Les deux canteranos du Bayern, respectivement latéraux droit et gauche de formation, connaissent une profonde mutation de leur jeu trois exercices durant. Un temps utilisé dans l’axe de la défense, un temps posté au milieu de terrain, ils se réinventent. « Il nous pousse tous, tous les jours, à être meilleurs, évoque l’Autrichien dans les colonnes du Guardian. Personnellement, je me suis amélioré chaque année grâce à Pep. C’est comme s’il avait réinventé le football. » Plus complet car plus réactif devant les aléas des rencontres, ces joueurs peuvent aussi perdre de leur spontanéité. Un revers de la médaille qui agace des légendes vivantes du Bayern telles que Beckenbauer : « Si nous continuons comme ça, nous serons comme le Barça. »

Des têtes bien faites plus que des talents intrinsèques


Adoré par les joueurs qu’il a transformés en Bavière, Guardiola n’a pas toujours reçu de tels louanges de la part de ses réformés. En atteste le cas de Yaya Touré, repositionné tant pour ses facilités de compréhension du jeu que pour l’émergence de Sergio Busquets en sentinelle, qui se livre dans les colonnes du Pais : « J’ai préféré aller à City, car je pensais que je devais me sentir important. En soi, je n’ai pas eu de problème. Je le respecte beaucoup et lui ne voulait pas que je m’en aille, car il m’a beaucoup enseigné et il a toujours été franc. » Un jugement qui, aujourd’hui, après la prise en main du groupe citizen par le Catalan, se retrouve bouleversé, à en croire les paroles de Dimitri Seluk, agent d’un Ivoirien sorti du groupe pour des raisons de surpoids : « Je ne sais pas quels sont les plans de Guardiola, mais après ce qui s'est passé à Barcelone, il y a forcément la peur que Yaya soit hors course. » Avec une carrière en phase descendante, et un passif entre les deux hommes, le futur du natif de Bouaké devrait s’inscrire loin de l’Etihad Stadium. Car plus que des talents intrinsèques, Guardiola aime à polir des joueurs aussi doués qu’à l’écoute.



Par Robin Delorme
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