Yannick Boli : « Comme s'ils n'avaient jamais vu de blacks »

Des transferts ratés, des essais aux quatre coins de l'Europe et une offre du Real. À 24 ans, Yannick Boli a déjà bien vécu. Lui le neveu de Roger et de Basile, lui l'ancien espoir du Paris Saint-Germain. Désormais à Bourgas, sur « la Côte d'Azur bulgare » , au bord de la Mer Noire, le natif de Saint-Maur roule sa bosse avec son club du Chernomorets Burgas. Entretien.

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Tu viens de marquer ce week-end face au CSKA Sofia (1-1). Comment ça se passe pour toi ?

Pour l'instant, tout se passe bien. Ça fait bientôt plus de six mois que je suis là-bas (il est arrivé à l'hiver 2012, ndlr). C'était un pari, car j'ai eu pas mal de rebondissements dans ma carrière ces derniers temps. Mais jusqu'ici, tout s'est bien passé.

Comment t'es arrivé en Bulgarie ?

J'étais sous contrat avec Nîmes. Un jour, j'ai eu un petit clash avec l'entraîneur (Thierry Froger, ndlr) et il m'a écarté du groupe. Le club est ensuite descendu en National à la fin de la saison (2010-2011) et les dirigeants ont résilié mon contrat. Comme j'avais plutôt mauvaise réputation en France, j'ai dû chercher ailleurs. J'ai fait plusieurs essais en Angleterre, notamment aux Queens Park Rangers. Je devais même signer avec eux, mais Neil Warnock s'est fait licencier au même moment et je me suis à nouveau retrouvé sans club. Je n'avais ni la possibilité d'aller en France, ni en Angleterre, ni en Italie, donc je me suis tourné vers les pays de l'Est. J'ai fait un essai au Chernomorets Burgas pendant quelques jours. Puis j'ai signé dans la foulée.

Tu t'es adapté facilement ?

Quand je suis arrivé, il y avait déjà deux Français dans le groupe, notamment Gaël N'Lundulu qui a joué au PSG. Du coup, c'était plus facile pour moi.

En toute franchise, tu penses quoi du championnat bulgare ?

Au départ, je pensais que la Bulgarie était un bourbier pour être franc. Mais j'ai été agréablement surpris par le niveau de certaines équipes. Au premier abord, on se dit que c'est un championnat assez faible. Mais il y a de très bons joueurs ici. Il y a beaucoup de Brésiliens, de joueurs étrangers qui viennent ici, ça fait un bon mélange. C'est vrai qu'il y a un fossé entre les grosses et les moyennes équipes. Mais par rapport à ce que j'ai vu en Ligue 2 et même en Ligue 1, je peux dire que certaines équipes d'ici ont facilement le niveau français.

Et niveau salaire, c'est comment ?

Des bons comme des petits salaires. Ça dépend des clubs, mais il y a en de très bons. Les mecs qui viennent en Bulgarie se mettent assez bien. Je ne connais pas les contrats de tout le monde, mais c'est plutôt pas mal, je crois.

Qu'est-ce que tu penses de l'ambiance dans les stades ?

Lorsque l'on joue des grosses équipes comme le CSKA Sofia ou le Levski Sofia à domicile, il y a toujours une grosse ambiance. Le stade est blindé. C'est totalement différent de la France. Ici, c'est pétards et fumigènes. C'est assez impressionnant lorsque l'on n'a pas l'habitude.

Le week-end dernier, Basile De Carvalho (ancien de Brest et Sochaux) du Levski Sofia a été victime d'insultes racistes et de jets de bananes. Plus tôt, c'était l'équipe d'Angleterre. T'as déjà été confronté à ce genre de situation, toi ?

Sincèrement, j'en ai pas le souvenir. Il y a sûrement des stades en Bulgarie où cela existe, mais moi, je n'ai jamais été confronté à ce genre de choses. Je trouve ça vraiment déplorable.

Parlons vie locale. Comment est la ville de Bourgas ?

La ville est superbe. J'ai l'impression d'être dans le Sud de la France. Il y a la mer, le soleil, les gens sont torse nu. C'est un coin tranquille pour venir en famille ou avec ta femme. C'est très agréable. La vie est vraiment pas chère. Franchement, c'est top, vraiment top. Niveau tourisme, ça progresse aussi. Il y a de plus en plus d'étrangers qui viennent passer leurs vacances ici. On n'est pas dans le trou de la Bulgarie.

La première fois que t'es arrivé là-bas, qu'est-ce qui t'a sauté aux yeux ?

Vu que je suis noir et que ma femme est typée Europe de l'Est, les gens me regardaient d'une certaine façon. C'était un peu choquant au départ. J'avais l'impression qu'ils n'avaient jamais vu de blacks. Ils ont dû se dire « Qu'est-ce qu'elle fait avec un noir ? » Les gens me regardaient comme si j'étais une créature. C'était frappant. C'est pareil pour les autres gars de l'équipe.

Tu disais que ce n'était pas du racisme. C'est quoi, de la méfiance ?

Oui, c'est ça, de la méfiance. Mais bon, moi, tant que personne vient me faire chier ou m'insulter, je fais ma petite vie tranquille et il n'y a pas de problème.

Sinon, quand t'as pas match ou entraînement, tu fais quoi ?

Souvent, je reste avec ma femme. Ça m'arrive d'aller manger avec des potes. Avec les Français de l'équipe, on va à la plage ou on va boire un verre. Je suis sorti une ou deux fois après un match. En fait, on a les mêmes hobbies qu'en France. C'est juste un peu plus difficile par rapport à la langue, on peut pas aller au cinéma, par exemple.

Justement, tu t'es mis au bulgare, un peu ?

J'essaye, mais c'est très dur. Je connais juste bonjour et au revoir.

Niveau nourriture, tu as goûté les spécialités locales ?

Ici, c'est surtout connu pour les yaourts. C'est ça, la spécialité, je crois. Sinon, non, je n'ai pas vraiment goûté aux plats locaux.

Revenons un peu sur ta carrière. À l'époque du PSG (été 2008), le Real avait fait une offre pour toi (500 000 euros). C'était donc vrai, cette histoire ?

Les gens qui regardent mon parcours aujourd'hui vont peut-être douter ou se dire que c'est que de l'intox, mais c'était vrai. On s'était rencontrés au Hilton pour discuter. Mais à l'époque, Alain Roche n'était pas pour. C'était l'opportunité d'une carrière et on m'a empêché de partir. C'était difficile pour moi, car, au final, je suis resté pour ne pas jouer et j'ai été prêté au Havre pour moins d'argent.

Tu en veux au club ?

Je n'en veux pas au club, mais à certaines personnes du club, notamment Alain Roche. Parce qu'ils ne m'ont pas donné de raison valable pour me retenir, alors qu'ils ont laissé David N'Gog partir (transféré à Liverpool pour 2 millions d'euros en 2008, ndlr).

Tu suis encore la Ligue 1 ?

Je suis toujours Paris, mon club formateur. Il y a beaucoup de personnes encore là-bas que j'apprécie, que ce soit dans le staff, les kinés, les coachs que j'ai eus en équipes de jeunes. Et même des joueurs qui sont encore là, comme Chantôme ou Sakho.

Tu as encore des contacts avec eux ?

Oui. On se connaît depuis l'âge de douze ans et même si, aujourd'hui, chacun fait sa carrière de son côté, un texto de temps en temps, ça fait plaisir.

Tu te vois rester plusieurs années en Bulgarie ?

Mon objectif, c'est d'aller dans un club plus huppé, mais, après tout ce qu'il s'est passé, c'était important pour moi de rejouer, de retrouver de la confiance. Pour l'instant, c'est vrai que tout se passe bien, mais mon objectif, oui, c'est de progresser et de partir, un jour. La Bulgarie, c'est bien, mais j'aimerais évoluer autre part.

En France ?

S'il y a une opportunité en France, je suis ouvert. Même à l'étranger. Aujourd'hui, je suis en Bulgarie, ça prouve que j'ai franchi un cap dans l'envie de réussir. Je ne perds pas mon temps, je travaille bien en espérant une bonne porte de sortie.

Tu portes le numéro 94, c'est une dédicace au Val-de-Marne ?

Exactement. Dès que j'aurai l'opportunité de faire un clin d'œil à mon département, je le ferai. Que les gens sachent d'où je viens.

Par Thomas Porlon
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Che cazzo fai! Niveau : DHR
C'est la meilleure partie de la Bulgarie, c'est à côté de sunny beach .... :D
La Bulgarie, pour y avoir été, est un pays raciste et particulièrement envers les blacks. A mon avis la vie de ce joueur ne doit pas être rose tous les jours...
Le racisme devrait être aboli, Yannick

De toute façon, c'est bien connu, les bulgares sont Sofia ni loi !

(c'est dimanche, j'en profite pour écouler mon stock de jeux de mots moyens...)
papaboubadiop Niveau : CFA2
"Aujourd'hui, je suis en Bulgarie, ça prouve que j'ai franchi un cap dans l'envie de réussir"... Yannick Boli maitrise à merveille l'euphémisme ;)
cherno more Niveau : Loisir
arrêtez vous avec votre racisme imaginaire!
Dr. Balotelli Niveau : District
"Il n'y a pas de racisme, juste des noirs susceptibles"
Note : 1
Ces articles font partit des meilleurs articles réguliers de ce site , a continuer sans modération !

HS : Un homme Blanc ayant comme petite amie une femme Noir se promenant en Afrique a de forte chance de se faire dévisagé aussi , c'est continental sans forcément voir du racisme et le mal partout ..
cherno more Niveau : Loisir
Bon, j'ai compris qu'on ne mange que du yaourt et en plus on est raciste mdr...
ah le bon vieux alain roche qui en prend pour son grade...peut etre juste que t'étais une chevre mon bon yannick.
Ca aurait été marrant qu'un mec comme Boli signe au Real n'empeche ! J'aurais été curieux de voir sa trajectoire suite à ça.
@luc

cf. julien faubert. en pire (si c'est possible).
C'est triste de voir un mec dans pays depuis 6 mois et pas ètre foutu de dire plus que bonjour-au revoir et pas ètre capable de sortir un plat local...
Faut peut-être lui expliquer à Yannick Boli que se méfier de quelqu'un parce qu'il est noir, c'est bien ce qu'on appelle du racisme.
ce qui est frappant, cest quil fait genre il se plait la bas, sauf que dans certaines phrases tu sens qu'il en peut deja plus

et puis genre le real "c'était l'oppotunité d'une carrière", il y aurait pas fait long feu et il s'en rend meme pas compte loool
Je ne sais pas si c'est du racisme, en tout cas c'est du communautarisme avec une forte dose d'intolérance mais ça existe partout.
Je suis actuellement au Canada et vit dans une résidence pour étudiants étrangers. Je suis typé européen et sors avec une franco-marocaine. Les marocains de la résidence ne cessent de nous dévisager alors que ma copine et moi n'échangeons pas de baisers devant eux, ne nous tenons pas par la main, etc.
Ils n'ont simplement pas l'habitude de voir "une des leur" côtoyer un européen et peut-être n'ont-ils également pas l'habitude de voir un européen côtoyer une maghrébine.
Pourtant est-ce que je crie au racisme ?
odejavel.
c'est un forum, pas ton journal intime l'ami.
"ma femme est typée Europe de l'Est"

Ah bon, sa femme fait du porno ?
Justement, tu t'es mis au bulgare, un peu ?
J'essaye, mais c'est très dur. Je connais juste bonjour et au revoir.
La meilleure phrase de l'interview.
Si tu sais dire que ça au bout de 6 mois tu peux pas dire que tu essayes d'apprendre.
Moi aussi j'aime bien cette rubrique mais je suis souvent effaré par le manque d'intégration de ces expatriés. Ok les bulgares doivent être vraiment louches avec les blacks mais lui que fait-il pour s'intéresser à l'endroit où il "travaille"? Rien, nada, niet... ça m'étonne d'autant plus qu'il faut vraiment avoir des cojones ou le sens de la découverte pour aller jouer là bas! Ou alors il pense vraiment que c'est juste un mauvais moment à passer en rédemption des ces pétages de plomb.
One_of_the_amoks: je sais bien, pas la peine de prendre ce ton condescendant avec moi.

Ce que je voulais dire: arrêtez de crier au racisme tout le temps ! Et tant pis si je dois parler d'une anecdote personnelle.
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