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Yann Lachuer : « Un miracle qu'Auxerre se maintienne à ce niveau »

Plus d’élite, de Guy Roux, de « on joue le maintien » , de places à 10 balles à l’Abbé-Deschamps, de Bourgogne. En mai dernier, l’AJ Auxerre a chuté en Ligue 2 après 32 piges passées dans l’élite. Un cataclysme, sur fond de discorde à la tête du club, que Yann Lachuer a suivi de près. L’AJA, il l’a dans la peau. L’ex du PSG, notamment, dresse un bilan de la situation du club qui fut le sien pendant dix ans, avant le déplacement à Monaco.

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Yann Lachuer, quatre mois après sa relégation, dans quel état se trouve l’AJA ?
Il y a plusieurs aspects à analyser. D’abord, le club a été obligé de vendre ses meilleurs éléments pour assurer et maintenir un budget conséquent. Ce n’est pas la meilleure des façons pour jouir d’une bonne équipe et, éventuellement, remonter immédiatement. Le deuxième aspect, c’est l’obligation de puiser dans le centre de formation. Mais les jeunes ne sont pas forcément prêts à relever un tel défi. La marche est grande. Ce sont des garçons qui ont du potentiel, mais il leur faudra du temps pour arriver à maturité.

Est-ce la raison, selon vous, de leur inconstance ?
Malheureusement, ils se sont vite retrouvés sur le devant de la scène. Ils ne s’y attendaient pas. C’est ce qui explique sûrement leur irrégularité (Ndlr: Auxerre est actuellement 11e). Ils ont du mal à trouver un rythme de croisière. La Ligue 2, c’est un autre monde. Le club n’était pas préparé à ça.

C’est le grand malheur de l’AJA : s’être habitué à l’élite en ayant des moyens de Ligue 2. Cette descente est-elle d’autant plus cruelle ?
On a toujours dit que c’était un petit miracle qu’Auxerre puisse se maintenir à haut niveau. Sa renommée provient de son centre de formation. Avec tous les mouvements dans le football moderne, ce n’est pas toujours évident. La concurrence est toujours plus rude. Vous n’avez pas toujours matière à sortir des garçons pour se maintenir en Ligue 1. Il y a eu des évènements forts, comme le retrait de Guy Roux. Son départ n’a pas été anticipé. Il y a eu du bon travail de la part de Jean Fernandez. Son départ aussi a laissé des traces.

Comment expliquer ce trou d’air dans la mécanique de formation ?
C’est un problème de génération combiné à la concurrence des autres clubs français. Sans oublier les étrangers qui viennent faire du pillage avant même que les jeunes aient joué en professionnel. La rotation et la mutation des joueurs se sont accélérées suite à l’arrêt Bosman. Le temps de formation a été réduit. Tous ces facteurs font que vous n’avez pas la relève à l’instant T.

Auxerre a-t-il été pris de court ?

Ce qui faisait sa force, c’est que le club programmait les départs au compte-gouttes, deux années en amont. Cela laissait le temps de former le jeune suivant ou d’aller en chercher un autre en Ligue 2 ou National. Pour faire le lien. Auxerre a essayé de pallier en recrutant à l’extérieur, pas toujours de manière bénéfique. Ceci a été fait à l’encontre de la philosophie du club : lancer des jeunes, quitte à perdre des matchs.

Qu’avez-vous à dire sur le bazar à la tête du club en début d’année ?

On est en plein cœur de la succession d’un trio (le président Jean-Claude Hamel, Guy Roux et Gérard Bourgoin, ndlr) qui a été exceptionnel. Qui a réussi à monter un club de DH jusqu’à la C1. Cela a duré quarante ans et c’est à mettre dans le Guinness Book des records. Il y a eu un passage de témoin à assurer et assumer. C’est là que les problèmes ont commencé. Je n’étais plus à l’intérieur du club, mais cette succession devait arriver et n’a pas été anticipée, gérée, préparée. Il aurait fallu que tout le monde se mette autour d’une table pour discuter d’un projet pour la suite. Ces trois dirigeants n’ont peut-être pas su le faire. C’est plus facile à dire... L’amorce de changement de présidence avec l’arrivée d’Alain Dujon a engendré un cafouillage. Après, il y a eu un lobbying de fait pour que Roux, Bourgoin et Hamel reviennent au club et reprennent le pouvoir.

Justement, Guy Roux s’est défendu d’avoir pris part à ce « putsch » . Croyez-vous qu’il ne soit pour rien dans cette affaire ?

Je n’y crois pas. Cependant, je pense qu’il n’avait plus aucun pouvoir. Pour la petite histoire, quand il est parti à Lens (à l’été 2007, pour une pige d’un petit mois, ndlr), c’était pour la simple et bonne raison qu’il devait laisser travailler le nouveau staff en place. Forcément, Guy Roux à Auxerre, cela prend de la place. Il est incontournable. Y a t-il eu un problème de compatibilité ? Roux était-il prêt à donner des conseils ? À se mettre en retrait ? Quand vous avez été devant, il faut savoir transmettre en apportant votre patte. Mais vous laissez travailler les gens qui vous succèdent. Était-ce dans les capacités et les volontés des uns et des autres ? Je ne pense pas, sinon cela se serait fait logiquement.

L’avenir de l’AJA, comment l’envisagez-vous ?
Sportivement, cela va être compliqué de remonter de suite. J’ai surtout des inquiétudes sur le plan pécuniaire. Une descente, cela arrive, pas de soucis. Ma crainte, c’est qu’elle n’ait pas été gérée pour l’amortir financièrement. Est-ce que le club aura suffisamment les reins solides pour faire une, deux années en Ligue 2 ? Les ressources ne sont pas inépuisables. Si vous n’avez pas de joueurs avec une bonne valeur marchande, vous perdez l’unique source de revenus hormis les droits télés. Mais en Ligue 2, ils sont moindres.

On perçoit beaucoup de pessimisme dans vos propos.

Il faut positiver, il y a tout de même un savoir-faire dans ce club. J’espère qu’il ne perdra pas son identité et restera un club formateur. Mais sous certaines conditions. Accepter cette période très difficile et continuer à travailler sur le même axe. Espérons qu’il n’y ait pas eu de dérives…

Qu’est-ce qui est réalisé en ce sens ?
L’investissement et la refonte du centre de formation sont importants. Ils se donnent les moyens. Il y a des anciens de la maison dans l’encadrement comme Raphaël Guerreiro, Pascal Vahirua, Johan Radet, Claude Barret. Ils sont les garants de la culture auxerroise. L’équipe première doit en profiter et être patiente.

Propos recueillis par Pierre Girard
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