1. // Groupe B
  2. // Argentine/Nigeria (1-0)

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

La victoire albiceleste, 1-0, n'a convaincu personne. Elle a même plutôt inquiété ceux qui la voient un trophée en or dans les mains, le 11 juillet prochain. Principale source d'interrogation, les choix incompréhensibles de Diego Maradona. Analyse en 7 points, vue d'en haut, depuis la tribune de presse de l'Ellis Park de Johannesburg.

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Un schéma tactique illisible. Sur la feuille de match, l'Argentine se présente dans un 4-3-3 avec comme surprise n°1, la présence en latéral droit de Jonas Gutierrez alors que c'est un pur ailier de formation. En phase offensive, l'équipe semble se dessiner en 3-4-3 avec Gutierrez plus haut dans la couloir. Problème, aucun des joueurs argentins sur le terrain n'y comprend quelque chose, tous se regardent, se parlent, se cherchent, font des grands gestes. Bilan, Jonas Gutierrez terminera le match en milieu gauche...

Un déséquilibre criant. C'est peu dire que le jeu argentin penche à droite : Gutierrez, Veron, Tevez, Messi et Higuain monopolisent le cuir laissant Mascherano ou Di Maria les mains dans les poches. Niveau variété de jeu, on a connu mieux.

Messi meneur de jeu. En plaçant Lionel Messi derrière ses deux attaquants Tevez et Higuain, Maradona se prive tout simplement du meilleur joueur de la planète. Plus à l'aise proche de la surface, moins dangereux loin du but, il redescend beaucoup chercher le ballon pour le porter devant, du coup sa fraicheur devant le but s'en ressent. Messi meneur de jeu, c'est la preuve que Maradona n'a pas ce profil de joueur dans son effectif. C'est Riquelme qui doit bien se marrer.

Nommer Mascherano capitaine. Existe-t-il un seul argentin dans la liste des 23 de Diego avec moins de charisme que le milieu de terrain de Liverpool ? Par deux fois déjà, Mascherano avait refusé le brassard malgré les déplacements en Angleterre de Maradona. Doté d'aucun leadership naturel, c'est même son niveau qui va en se diluant à mesure que le brassard se fait trop grand pour lui.

Faire de Veron son porte-parole sur le terrain. Quand il y a un souci, c'est Veron qui se rapproche du banc pour recevoir les consignes. Pour lancer les attaques, c'est Veron qui vient prendre la balle. Pour replacer les coéquipiers, c'est Veron qui donne la direction. Problème pour l'Argentine, Veron a 35 ans, il joue en marchant, sur 4 mètres carrés. Et ça se voit.

Des choix de joueurs énigmatiques. Angel Di Maria titulaire ? A part sa ressemblance avec l'acteur de Slumdog Millionaire, on ne comprend pas très bien. Diego Milito sur le banc le jour de ses 31 ans, on ne comprend pas très bien non plus. Et quid de Ariel Garce, obscur défenseur de Colon (ARG), inconnu au bataillon, sélectionné parmi les 23 alors qu'il avait déjà acheté ses billets de vacances pour... suivre la sélection en Afrique du Sud en tant que supporter. La rumeur veut que Maradona l'ait appelé suite à une vision dans ses rêves. Prends ça, Paco Rabanne.

S'accaparer toute la lumière. Phénomène unique dans le monde, pour l'Argentine, c'est le sélectionneur qu'on ovationne, qu'on chante, qu'on peint sur les tifos, pas les joueurs. Maradona est LA star de sa sélection. Problème, il ne joue plus. Forcément vexant pour ceux qui suent sur le pré. Les joueurs le voient comme un pote, pour le meilleur, et compte tenu du match de ce soir, aussi pour le pire.

Alexandre Gonzalez, à Johannesburg.

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