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  2. // Retraite de Xabi Alonso

Xabi et orbi

Après Lampard, Gerrard, Lahm et en attendant Pirlo, Xabi Alonso a annoncé jeudi qu'il mettrait un terme à sa carrière à la fin de saison sous ses trente-cinq ans. Et c'est une certaine idée de l'humilité, de la vision du boulot de milieu et de la vie qui quitte le jeu. Avec élégance, forcément.

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Il y a eu un jour, un autre Xabi Alonso. La mèche était soignée, la mâchoire serrée, mais le regard, lui, jonglait déjà entre la détermination et la sagesse. Des conneries, l'enfant de Tolosa en a fait, comme tout le monde, sauf qu'à cette époque déjà, la belle gueule agissait pour les autres. S'il fallait dessiner un cadre à la genèse de Xabi, ce serait certainement Atocha, l'ancien stade de la Real Sociedad, à San Sebastián. Le repère, les années 90, celles où le père, Miguel Ángel Alonso, venait de finir sa carrière de joueur – international à vingt reprises – avant de devenir entraîneur. Alors, en attendant, le fils allait avec ses grands-parents hurler pour la Real. « Une fois là-bas, j'accrochais ma place à une pince et je la jetais à un ami qui attendait dehors pour entrer dans le stade. Comme il n'y avait pas de contrôle, le billet pouvait servir à pas mal de monde » , racontait-il il y a quelques années. L'autre Xabi Alonso, c'était l'apprenti, l'adolescent qui commençait à comprendre ce que pouvait être l'émotion et qui cumulait son apprentissage à la Real Sociedad avec les études, soit la vie normale de n'importe quel gosse de dix-huit piges.


Sauf qu'il n'a jamais été normal, qu'il a toujours abordé la vie avec un regard différent et le jeu avec une justesse que seuls les grands possèdent. Lorsqu'il a été prêté à Eibar au début des années 2000, Xabi Alonso a rencontré le dévouement : « Je ne me sentais pas comme un footballeur professionnel. Mais quand j'ai vu tous ces mecs-là se défoncer pour pouvoir vivre leur passion le week-end, j'ai compris ma chance. Eux, ils avaient toutes les contraintes du monde, mais ils étaient heureux sur le terrain. Cela voulait dire que j'avais le devoir de ne pas me déchirer sur le terrain. Je ne pouvais pas faire autrement vis-à-vis d'eux. Du coup, quand parfois je n'avais pas envie d'aller à l'université, je me forçais, en pensant à tous mes coéquipiers qui se cassaient le dos à l'usine. » Les autres d'abord, comme le mantra d'une vie. Le reste n'est que le respect de la seule leçon donnée par le père : « Il voulait qu'on soit élégants avec le ballon. Le buste droit. Il ne voulait pas nous voir dribbler ou marquer des buts. Pour lui, le plus important, c'était vraiment la maîtrise de la passe. Et l'intérieur du pied. » Cela aura duré dix-sept ans.

Veni, vidi, vici


Oui, Xabi Alonso, ça va se terminer, confirmant que l'année 2017 est partie pour être celle où l'inconcevable devient concevable. Il fallait s'y attendre, se préparer à dresser le tapis rouge pour une représentation humaine de l'élégance qui a marché sur le foot européen pendant dix-sept belles années. Lui l'a annoncé en quelques mots sur son compte Twitter : « Je l'ai vécu. Je l'ai aimé. Adieu, jeu merveilleux. » Si ce sport est merveilleux, c'est avant tout parce qu'il existe des artistes comme toi, Xabi. Des mecs modestes, humbles, qui allument la lumière plutôt que de la braquer sur eux et qui connaissent parfaitement leur mission. Ce que tu as souvent résumé ainsi : « Pour que mon jeu soit meilleur, j'ai besoin d'être entouré de joueurs meilleurs que moi. Mon jeu n'est pas de me créer une belle occasion. Mon jeu, c'est tout ce qu'il se passe ailleurs : prendre le ballon et le donner le plus rapidement possible aux meilleurs joueurs. Je connais mes forces et mes faiblesses. » Tu ne t'es jamais pris pour un autre et tu n'as jamais voulu être plus fort que les institutions pour qui tu t'es dépouillé. Personne n'oubliera par exemple ton départ de Liverpool pour Madrid en 2009 car, un an plus tôt, Rafael Benítez t'avait ouvert la porte pour te remplacer par un joueur anglais – Gareth Barry –, histoire d'être en règle avec la FA. Non, tu étais toi-même et si les hommes pour qui tu as évolué – José Mourinho, Pep Guardiola, Benítez et Carlo Ancelotti – ont connu de tels succès, c'est avant tout car ils dominaient le jeu par le milieu. Un milieu où tu étais le maître du temps.


Qu'est-ce qu'un milieu de terrain ? « C'est le joueur qui doit prendre le plus de petites décisions dans l'équipe. Une passe en retrait. Une passe de trois mètres. Des changements d'orientation. Des couvertures. (...) Des petites décisions, quasi insignifiantes, qui, mises bout à bout, font énormément de bien au jeu de l'équipe. Le milieu, c'est un joueur qui ne brille pas nécessairement, mais il contribue à ce que tout fonctionne correctement. Si j'ai bien joué alors que l'équipe a mal joué, c'est qu'il a manqué quelque chose. Qu'il m'a manqué quelque chose. » Voilà comment tu voyais ton métier de machine à laver. Une mission où il faut aimer se salir, mais que tu aimais rendre noble, comme Pirlo, Iniesta, Xavi, ces membres d'un carré VIP qui commencent à filer sous nos yeux sans que l'on ne puisse rien y faire. C'est triste, dur, mais on prendra du plaisir au moment de raconter un jour qu'on a vu jouer Xabi Alonso. Ce Xabi Alonso qui était la base silencieuse de la Roja, celle qui gagnait, celui qui courait comme un gosse à Lisbonne le 24 mai 2014 pour venir fêter une victoire en Ligue des champions avec le Real, alors qu'il était suspendu pour la finale, celui qui égalisa à Istanbul en 2005, qui parlait d'Anfield comme d'un temple où il formait un duo formidable avec Mascherano, qui n'en a jamais voulu à De Jong après son high kick de 2010, et qui s'évade encore aujourd'hui entre Louis Armstrong et Mario Vargas Llosa. Alors, il reste encore quelques semaines où tu finiras certainement sur un dernier podium avec le Bayern. Histoire de prendre encore quelques foulées avant de refermer ce chapitre noble de l'histoire du foot. Et si on a déjà une certitude, c'est que ce n'est qu'un au revoir. Un costume t'attend.

Vidéo


Par Maxime Brigand Propos de Xabi Alonso tirés du SO FOOT numéro 107.
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