Xabi Alonso, taille patron

Il ne fait pas de pubs. Ne porte pas de gel. Ne se rase pas. Ne s'épile pas les aisselles. Il joue au Real Madrid alors que son père a évolué sous les couleurs blaugranas. Il préfère les transversales au jeu tout en toque. Il est basque mais pourrait bientôt avoir la même influence au sein de la Maison Blanche que Fernando Hierro en son temps. Xabi Alonso est un homme qui n'a pas peur d'envoyer bouler Benitez, Ronaldo ou encore Raul. Focus sur un type qui prend doucement mais sûrement ses marques de patron au sein de la Maison Blanche malgré un début de saison discret.

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Xabi Alonso a une grosse barbe rousse alors que ses coéquipiers sont pour la plupart imberbes. Ça lui donne automatiquement l'image d'un type viril et plein de sagesse. Force est de constater qu'après des débuts difficiles chez les Merengues, Xabi Alonso est rapidement devenu le daron des Galacticos 2.0. Question rapport/qualité prix, il semblerait même que le natif de Tolosa soit la meilleure recrue de l'année de Florentino Perez. Doucement mais sûrement, il est devenu le véritable régulateur de vitesse du jeu des “Sujets du Roi”. Avec lui, le Real gagne toujours, pas nécessairement grâce à lui a priori. En revanche, dès qu'il est absent, tout le monde peut se rendre compte de son importance au sein du milieu de terrain merengue. Jusqu'à présent, l'ancien compère de Gerrard à Liverpool a manqué un seul match dans la saison. Celui du match retour de Ligue des Champions contre Lyon...

Le Real serait-il en quart de finale de la C1 si Alonso n'avait pas vu jaune à Gerland ? Peut-être. Ses diagonales, son sens tactique, son expérience des grands matchs acquise avec Benitez à Liverpool et son assurance ont manqué à ses coéquipiers lors du match retour, c'est certain. Quelques jours avant le match décisif contre Lyon, Xabi Alonso avait d'ailleurs démontré qui était vraiment le patron de l'équipe en “volant” un pénalty à Cristiano Ronaldo lors du match face à Villarreal. Le capitaine Raul venait alors tout juste d'entrer sur le pré sous les ovations du “Fondo Norte”. Le public voulait voir un but du mythique numéro 7 tandis que Cristiano Ronaldo voulait se rapprocher du “Pichichi”. Xabi Alonso a finalement envoyé baladé tout le monde et brisé le protocole madrilène pour lancer définitivement sa saison. Beaucoup n'auraient pas eu les couilles d'affronter le Bernabeu et les caprices de la mégastar portugaise. Pas Alonso. Flashback.


« - Cristiano, celui-là il est pour moi. Laisse moi le ballon !


Non. C'est moi qui vais le tirer.


- Laisse-le moi je te dis !


Mais je veux être Pichichi !


- Et moi je n'ai pas encore marqué au Bernabeu, alors laisse-le moi ! »



En s'y prenant à deux fois pour marquer son premier pénalty et donc son premier but au Bernabeu, Alonso a provoqué un véritable incident diplomatique au sein de la Maison Blanche. Ce jour-là, Alonso n'a pas seulement marqué un but à Villarreal et à son talentueux gardien Diego Lopez mais a définitivement marqué son territoire et imprimé son leadership au sein du vestiaire. Raul, l'homme le plus influent de l'histoire récente du club, a dû ravaler sa salive, tout comme les socios du “Fondo Norte”. Cristiano Ronaldo, le joueur le plus cher du monde, chouchou des médias et symbole des Galacticos 2.0, ne s'est pas non plus donné la peine d'aller féliciter le buteur. Oui, ce jour-là, Alonso l'a jouée perso, sans doute pour la première fois de sa carrière, et démontré du même coup qu'il avait l'auto-estime nécessaire pour devenir un rouage important de la plus narcissique au monde des équipes.

Depuis “l'affaire du pénalty”, Xabi Alonso semble enfin avoir pris le jeu de l'équipe à son compte. La mise au placard de Lassana Diarra, avec lequel ils se marchaient sur les pieds, et la blessure du fantôme de Kaka, y sont sans doute pour quelque chose. Encore que. Malgré son début de saison discret, Alonso est le deuxième passeur de la Liga avec plus de 1800 transmissions. Xavi, le premier du classement, est loin devant avec ses 2100 caviars. Les deux internationaux espagnols n'ont pas le même profil de jeu mais partagent la même vision du football. C'est en tout cas ce que semble dire Pellegrini : « Il y a des joueurs qui aident leur équipe avec leur talent individuel. Xabi et Xavi, au contraire, mettent leur génie aux services du collectif et s'affirment comme des leaders parce qu'ils sont capables de faire leurs devoirs tout en faisant briller les autres. Leur faculté à voir les actions une seconde avant les autres en fait des joueurs ultra importants pour leur équipe » . Tout comme le maestro catalan, le Basque semble désormais avoir acquis une influence considérable dans le vestiaire comme sur le pré. L'un des deux milieux de terrain espagnols se rendra en Afrique du Sud auréolé d'un titre en Liga. Xavi sera sûrement titulaire en Selecion, ce qui est loin d'être le cas de l'ancien “lad” d'Anfield Road. Il y a pourtant une chose que Xavi n'aura jamais : une belle barbe rousse de guérillero.

Traduction : Javier Prieto Santos, source AS


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