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Wolfsbourg, à la recherche du temps perdu

Vainqueur surprise de la Bundesliga en 2009, le VfL Wolfsbourg n'a pas vraiment confirmé tous les espoirs placés en lui après ce titre. En 5 ans, le club de Volkswagen a alterné le bon et le très mauvais. Et si depuis un an et demi, le club semble s'être enfin stabilisé, il lui manque toujours un petit quelque chose pour faire partie du gratin européen.

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Pour certains clubs, un titre est comme une bénédiction. Pour d'autres, comme Wolfsbourg, cela peut devenir une véritable malédiction. Titré en 2009, un peu à la surprise générale – un peu seulement, car l'équipe avait tout de même terminé 5e la saison précédente – le club a passé les saisons suivantes dans une sorte de grand foutoir. Pourtant, tout devait bien se passer. Les joueurs étaient jeunes, beaux et forts, Edin Džeko en tête. Le club avait plein de thunes, merci Volkswagen. Et l'entraîneur, Felix Magath, avait tout d'une rock-star. Oui mais voilà, en devenant champion d'Allemagne, le tout en plantant 80 buts et en coiffant le Bayern au poteau, Wolfsbourg a légèrement perdu la tête. Magath est devenu un peu plus fou les jours passants, les dirigeants ont cédé à tous ses caprices en recrutant à tort et à travers et le club a fini par rapidement, mais sûrement retrouver sa place de club un peu naze avec des tas de joueurs surpayés sur les bras - en 2012, après le second départ de Magath, le VfL possédait la deuxième plus grosse masse salariale de Bundesliga derrière le Bayern Munich - et des entraîneurs ne restant jamais plus de quelques mois. À cela, il faut ajouter une popularité qui n'a jamais vraiment existé, et ce, même après le titre. Ville-usine, Wolfsbourg n'est pas vraiment l'endroit le plus sexy d'Allemagne. Coincé entre Hanovre et Braunschweig, le club n'est carrément pas le plus supporté de la région, et encore moins du reste du pays. Et si on demandait à un étranger, pourtant amateur de football, de situer Wolfsbourg sur une carte, il y a de grandes chances qu'il n'y arrive absolument pas. Pire, en jetant l'argent par les fenêtres, le club est passé du statut d'anonyme à celui de franchement décrié, les Allemands n'aimant pas tellement les clubs maintenus en vie par des grandes sociétés, qui plus est en temps de crise. Deux-trois saisons après son titre qui avait fait souffler un vent de fraîcheur sur la Buli, Wolfsbourg semblait donc destiné à errer dans le ventre mou.

Un semblant de stabilité


Heureusement, depuis janvier 2013, le club tente de rattraper le temps perdu de façon assez intelligente. Les recrutements très coûteux de Luiz Gustavo et Kevin De Bruyne se sont avérés être les derniers. Depuis leurs arrivées, le club semble s'être un peu calmé et privilégie dorénavant la continuité. Si tous les attaquants d'Europe ont été liés au club lors du dernier mercato, les dirigeants ont finalement choisi de prolonger Olić, un choix qui s'est avéré payant puisque le buteur croate a déjà marqué 3 buts en 5 matchs. De gros efforts ont aussi été entrepris pour garder certains éléments comme Ricardo Rodríguez, meilleur joueur du VfL l'an passé et considéré par son entraîneur comme le meilleur arrière gauche de Buli, ou Maximilian Arnold, formé au club. Ils n'ont en revanche pas conservé Julian Brandt pour des raisons obscures. Côté recrutement, les arrivées de Josuha Guilavogui et Sebastian Jung semblent logiques et montrent qu'une vraie réflexion est enfin entreprise pour ne pas gaspiller bêtement de l'argent et pour recruter selon les besoins. Mais si la politique du club semble se stabiliser pour le mieux, les résultats, eux, sont toujours inconstants. Cette saison, par exemple, le VfL fait un peu n'importe quoi et obtient encore une fois des résultats défiants toute logique humaine. De la correction subie contre Everton, à la fessée donnée à Leverkusen en passant par une triste défaite contre le Hertha et une victoire poussive face au Werder, il y en a pour tous les goûts avec les Loups. D'une semaine sur l'autre, il est quasiment impossible de deviner quelle issue prendra une rencontre de Wolfsbourg, tant ils peuvent taper et se faire taper par n'importe qui, n'importe quand.

Vidéo

Le paradoxe Hecking


L'inconstance des résultats est peut-être, et c'est un paradoxe, liée à l'homme qui a remis Wolfsbourg sur de bons rails : Dieter Hecking. Sous la coupe de l'ancien joueur d'Hanovre et de Braunschweig, et surtout ancien entraîneur de Nuremberg de 2009 à 2012, Wolfsbourg a retrouvé un peu de sérénité. Hecking a remporté près de 50% de ses matchs depuis qu'il est sur le banc. Un assez bon bilan. Tout semble donc plaider en sa faveur. Mais lorsqu'on regarde jouer ses petits protégés, on ne peut qu'observer l'absence chronique de schéma. Hecking ne semble pas avoir d'idée précise sur le plan tactique. C'est un bon meneur d'hommes, mais pas un vrai tacticien. Et lorsque l'objectif de jouer la Ligue des champions est clairement affiché par le club, cela peut être problématique. Sur le terrain, les joueurs font souvent ce qui leur chante, balancent des mines de loin, passent une bonne partie de leur temps hors-jeu et oublient souvent de faire la dernière passe. Symbole de cette absence de rigueur tactique : Kevin De Bruyne. Plutôt perso dans son genre, le Belge a cette saison déjà tiré 16 fois au but, mais n'a jamais fait trembler les filets. Un pourcentage d'adresse digne du Kobe Bryant des plus mauvais jours. Un peu con lorsqu'on est supposé être le moteur de l'équipe. Et bien qu'il soit l'auteur de 3 passes décisives, son potentiel ne semble pas s'exprimer à 100%, sans doute par sa faute, mais aussi parce qu'il lui manque un leader technique. Comme à toute l'équipe. Un équipe bourrée de talents (d'or), mais à qui il manque quelque chose pour s'épanouir. Un jour viendra où les Loups auront sans doute besoin d'un autre chef de meute pour les guider dans la chasse à l'Europe.




Par Sophie Serbini, en Allemagne
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