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Wim Wenders : « Un grand acteur est altruiste; comme Di María »

Au moment où il accompagne la sortie du Sel de la terre, son 26e film, Wim Wenders revient sur la victoire de la Mannschaft au Mondial au Brésil, sur le Fortuna Düsseldorf et l'angoisse des gardiens de but.

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L'an prochain, Wim Wenders aura 70 ans. Sa génération, celle des baby-boomers, aura tout remâché de l'essentiel de la seconde partie du XXe siècle : le rock, le foot, le cinéma ou la révolution numérique. Apparu au début des 70's en même temps que la seconde vague du cinéma allemand (Herzog, Schroeter, Fassbinder…), le réalisateur de L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty aura d'abord braconné sur les sentiers incertains d'un cinéma indépendant fasciné par l'errance et les mythes fondateurs américains. Une fascination qui le conduira à réaliser un film outre-Atlantique sous la férule de Coppola. Hammett est un échec et le vaccine à tout jamais d'Hollywood. Deux ans plus tard, il atteint une manière de sommet avec Paris, Texas (Palme d'or à Cannes), un film américain tourné à l'européenne. Depuis lors, Wenders n'a jamais plus atteint les sommets qu'il avait connus dans les années 70 (L'ami américain, Au fil du temps…). Au mieux, il a anticipé la modernité en action comme dans Jusqu'au bout du monde (sur l'omniscience de la technologie dès 91) ou quand il filmait – pour de vrai - la mort de Nicholas Ray (l'immense metteur en scène de La fureur de vivre ou des 55 jours de Pékin) dès 1980 pour Nick's movie. Au reste, quand il ne met pas en scène des fictions bancales, Wenders s'aventure sur le chemin du documentaire, souvent pour le pire (Buena Vista social club, Pina) ; parfois, pour de drôles d'objets filmiques comme ce dernier Le Sel de la terre, où il rend hommage au travail du photographe brésilien Sebastião Salgado, s'interrogeant sur le sens des images, une de ses marottes). Cette année, Wim Wenders a eu 69 ans et il a vu – pour la quatrième fois de son existence - l'Allemagne gagner la Coupe du monde. Un plaisir jamais démenti…

On vient juste de célébrer le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Vous qui venez de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, quel est votre rapport à votre ville d'adoption ?
Je suis d'abord fier d'être né à Düsseldorf à cause d'Anton Turek (Fortuna), qui gardait les buts de la RFA lors de la Coupe du monde 1954. Berlin est venu après. J'y ai passé une semaine, comme tous les gamins d'Allemagne de l'Ouest, quand j'avais 16 ans. Quelques semaines avant que le mur n'y soit construit. J'ai adoré et me suis dit que je voulais vivre là un jour. Pendant longtemps, Berlin était unique au monde, comme une île. Néanmoins, j'ai beau aimer cette ville, mon club, c'est le Fortuna Düsseldorf et je déteste le Hertha. L'Union Berlin (2. Bundesliga), c'est plus mon truc. Beaucoup de mes copains y vont et ils souffrent depuis longtemps. C'est un club qui a une histoire avec un public insensé ; chaque 25 décembre, 20 000 personnes entonnent des chansons de Noël dans le stade. Il y a une vraie tradition ouvrière, ils n'aiment pas les nouveaux riches comme les Red Bull de Leipzig… Ils ont donné leur sang pour sauver leur club. Au propre comme au figuré (1)

Vous avez vécu, d'une façon ou d'une autre, les quatre victoires de l'Allemagne en Coupe du monde. Quelle est celle qui vous a le plus marqué ?
En 1954, ce fut le début de tout, la résurrection d'un pays. Il n'y avait plus rien. Le Miracle de Berne (la victoire 3-2 en finale contre la Hongrie archi-favorite) a été une émotion incroyable. On ne peut pas dire qu'on n'en croyait pas nos yeux puisqu'avec mon père, on était accrochés à la radio. Quand le match a été terminé, j'ai couru dans la rue pour hurler ma joie, pour informer les voisins de la nouvelle. J'ai entendu le match à la radio, j'ai pourtant chaque instant du match gravé dans ma mémoire. J'avais l'impression d'y être, rien que par la voix du speaker. Aucun match que j'ai vu ensuite à la télé ne m'est autant resté en mémoire…

Et les autres sacres…
Celui de 1990 est le moins classe. D'une certaine manière, on était contents de gagner, mais on savait qu'on ne jouait pas un grand football. D'autres étaient plus élégants, plus joyeux. On était pratiques, efficaces, pas très beaux à voir même si on gagnait. Et donc pas très fiers. J'ai préféré 1974 et la dernière fois. Cette année, pour une fois, on avait la meilleure équipe. Auparavant, on ne pouvait pas dire ça. Les qualités d'avant (la lutte, la force physique, la volonté), ça relevait d'un truc militaire… Pas très excitant…

À partir de 2006, l'Allemagne a changé et le regard sur elle tout autant. Est-ce une conséquence de la modification du code de nationalité à partir de 2000 ?
Pour les Allemands de ma génération, la loi du sol qui supplante celle du sang a été un soulagement. On entrait enfin dans l'humanité (sic). Tout ce délire sur la race aryenne, c'était un fardeau terrible. On en finissait avec cette équipe où tout le monde était grand et blanc. J'ai toujours envié les équipes anglaise et française pour leur cosmopolitisme, surtout les Bleus. Il y avait chez elles quelque chose de joyeux, d'intrépide.

La victoire de l'Allemagne au Brésil, c'est aussi celle du collectif roi…
Oui, nous ne sommes pas dans le star system, chacun joue pour l'autre, au contraire de certaines sélections. C'est cette idée qui a produit notre esprit, notre fluidité. J'aime beaucoup l'Argentine, mais elle donnait l'impression d'être bloquée par la présence de Messi. Elle paraissait plus forte sans lui, même si je reconnais que c'est un peu bête puisqu'il est génial. Thomas Müller aussi est génial, mais il est totalement dévoué à son équipe. Quand son équipe perdait le ballon, Messi s'en désintéressait. Il marchait. Nous, on a tous couru…

Y a-t-il des analogies à faire avec le cinéma, discipline collective par excellence, où parfois de grands acteurs tirent la couverture à eux ?
Un grand acteur veut que ses partenaires soient bien, qu'ils donnent leur meilleure partition. Ce ne sont que les comédiens stupides qui souhaitent que les autres ne soient pas bons. C'est bête, ça n'améliore pas leur propre jeu. Un grand acteur est altruiste, généreux : ce n'est pas un Messi, c'est un Di María.

Votre deuxième film, L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty
(Il coupe) Il y a une métaphore géniale là-dedans qu'on n'aurait pas pu faire avec un autre joueur. C'est le seul poste qui est dans cette position par principe. Devenir le héros chanceux ou malheureux du match. Il y a peu d'autres sports où un joueur précis est exposé à ce point. C'est de cette métaphore dont parle le titre.

Le poste a changé, le gardien est presque devenu un joueur de champ comme un autre…
Quand j'étais jeune, on les imaginait toujours en train de voler, comme des panthères en plein vol (!!). Longtemps, on les a photographiés comme tels, à l'horizontal pour attraper le ballon dans le coin. Maintenant, on les voit toujours devant leur surface, à l'extérieur. Neuer, on l'a presque aperçu au milieu du terrain. Il va jusqu'aux limites de ce qu'on peut interpréter. Il prend des risques, ça pourrait être une nouvelle version de L'Angoisse… avec un mec qui tire de 90 mètres…

Comment expliquer que Düsseldorf, une des plus grandes villes allemandes, n'ait guère brillé au fil des ans ?
Il faut comprendre la région, la Rhénanie, c'est la même affaire avec Cologne. Ils ne prennent pas la vie au sérieux, c'est la tradition. Le carnaval est une institution très, très importante, et cette mentalité qui joue contre eux. Je les ai toujours adorés comme Mönchengladbach qui brillait dans les 70's. Les trois équipes du Rhin…

Il n'était pas question que vous rachetiez le Fortuna avec Die Toten Hosen (groupe punk-rock hyper populaire outre-Rhin)…
Il y avait le plan à un moment donné, mais ça ne s'est pas fait. Une saison, les Toten Hosen ont été le sponsor maillot du club, alors qu'il était en quatrième division. Puis ils sont montés, et le club a trouvé un autre sponsor.

Vous êtes fan du ‘Gladbach des 70's, cela veut-il dire que vous détestez le Bayern Munich ?
Durant toute l'année, je traîne avec mon monteur, on est ensemble jour et nuit, quelque fois pendant un an et lui vit le Bayern Munich comme personne. Alors je ne peux pas être contre. Je supporte vaguement, même si je soutiens plus Dortmund. Lui, il vit avec chaque fibre de son corps pour les Bavarois, alors…

Vous avez été très en avance sur les nouvelles technologies. On imagine que vous souhaitez la vidéo dans le football…
L'erreur est terrible. Récemment, le match entre la Juventus et la Roma était affligeant de ce point de vue. N'importe qui devant un moniteur là-haut dans une tribune pourrait dire en deux secondes « non » . C'est une idée ancienne qu'il y ait un mec sur place qui décide de ce qu'il voit et s'il y a un mec sur sa trajectoire, il va prendre une mauvaise décision. Obsolète. Je ne comprends pas…

Le Norvège-Brésil du Mondial 98 est là pour rappeler que les caméras ne sont pas la panacée absolue…
Les caméras avaient tort ? Merde ! Mais c'est l'exception. Le brave mec qui court, qui essaie de voir le plus honnêtement possible, en toute logique, c'est lui qui a tort ou qui a le risque d'avoir tort. Les caméras ont forcément une vision plus précise. On devrait pouvoir les utiliser dans les situations les plus cruciales d'un match.

(1) : en mai 2004, les supporters de l'Union Berlin, alors en 4e division, se sont mobilisés afin de lever des fonds pour assurer l'avenir de leur club. Certains d'entre eux ont cotisé en vendant leur propre hémoglobine à la banque du sang de la ville pour récupérer quelques subsides.

Par Dragan Kicanovic ⇒ En salles : Le Sel de la terre, un film de Juliano Ribeiro Salgado et Wim Wenders (documentaire sur le photographe Sebastião Salgado)
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donc d'après l'auteur "Pina" serait une merde? lol
Buena Vista Social Club de la merde également d'après toi?

c'est moi qui doit être débile là non? pour le pire ca veut dire le meilleur c'est ça?
Ian Curtis
Plus nuancé, non?
Pas vu Pina, c'est bien?

Donc pour sofoot/sofilms, les ailes du désir, c'est de la merde? ils sont sérieux?
The million dollar hotel, c'est de la merde?
Ce qu'il a fait de pire, je crois que c'est Faraway so close, la suite des ailes du désir, quelle bouse, quel gâchis après un tel chef d'oeuvre!
Et mention spéciale à land of plenty que j'ai trouvé pourrri!c'est après ce film que j'ai arrêté de le suivre.
Bref, ses 3 meilleurs films sont les ailes du désir, Alice dans les villes et l'ami américain
aswinning_11 Niveau : Ligue 2
Messi ne donne pas d'assists? Lol il ne regarde pas le foot, lui.
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
So Foot...pour vous sérieusement, Les ailes du désir c'est de la merde?????
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
C'est rigolo parce que là, c'est justement pas tres intéressant conne film.
Aucune inventivité, beaucoup de diapositives commentées par l'auteur. Une bonne vingtaines de minutes d'images sur le terrain dans un film de 2 heures qui parle, qui parle.
Et en meme temps, il descend Pina...
Bravo à l'auteur de l'article. Pour une dissertation de 1ere L, c'est pas si mal!
"Les caméras avaient tort ? Merde ! Mais c'est l'exception."

P****n il a vieilli Wenders pour dire une chose pareille.

Oublier que c'est au final l'homme qui prend la décision, que l'image sera interprétée, qu'on peut lui faire dire une chose et son contraire et que la contestation existera toujours, il me semble que c'est la base pour quelqu'un qui travaille avec ce matériau.
Sofoot vous êtes surs qu'il a bien dit ça?
Et puis c'est quoi ces interventions débiles de l'auteur : "(sic)", "(!!)"

T'as pas à commenter le langage de ton interlocuteur, mon pote. Surtout que t'as pas affaire à Frank Ribéry, là...

Sinon, oui, Wenders ne doit pas maîtriser Messi sur le bout des doigts pour en faire l'archétype du joueur individualiste (bien qu'il ne fasse, effectivement, aucun effort défensif).
Donc Messi ne joue que pour sa gueule ? Intéressant. Dit m'en plus.
el peruano loco Niveau : Ligue 2
C'est l'avis footballistique de Salgado qui m'aurait intéressé. C'est un brésilien....Lui !

Si les allemands s'y connaissaient en foot ça se saurait ! ^^
et puis, ça fait 30 ans que je me dis que l'angoisse au moment du péno, elle est plutôt pour le tireur, non?
Pina, c'est de l'hagiographie ridicule, Buena Vista Social Club, un documentaire pour les gens qui achètent les bandes originales de choses auxquelles ils ne connaissaient rien avant, ça a son utilité.
Les Ailes du Désir, c'est horrible, prétentieux, lourd, mort, pseudo-poétique.
Cela dit, j'ai une grande affection pour Wenders, Au Fil Du Temps surtout, et même parmi les plus récents qui sont dans cette veine respectable, cinéma d'auteur gentillet pour bourgeois, Land of Plenty et Don't Come Knocking.
L'interview est dans l'idée que je me fais du personnage, un peu fadasse.
Kurtis Mc Nulty Niveau : District
De toute manière un réalisateur qui met dans le même film Peter Falk et Nick Cave aura toujours ma reconnaissance éternelle.
Ian Curtis
Message posté par Kurtis Mc Nulty
De toute manière un réalisateur qui met dans le même film Peter Falk et Nick Cave aura toujours ma reconnaissance éternelle.


Et Solveig Dommartin, paix à son âme!
Ian Curtis
Message posté par popeye
Pina, c'est de l'hagiographie ridicule, Buena Vista Social Club, un documentaire pour les gens qui achètent les bandes originales de choses auxquelles ils ne connaissaient rien avant, ça a son utilité.
Les Ailes du Désir, c'est horrible, prétentieux, lourd, mort, pseudo-poétique.
Cela dit, j'ai une grande affection pour Wenders, Au Fil Du Temps surtout, et même parmi les plus récents qui sont dans cette veine respectable, cinéma d'auteur gentillet pour bourgeois, Land of Plenty et Don't Come Knocking.
L'interview est dans l'idée que je me fais du personnage, un peu fadasse.


Ca me rassure que t'aimes pas les ailes du désir.....
C'est pas pseudo-poétique vu que les textes sont écrits par un poète, Peter Handke.
Celui qui a écrit le moment du penalty, d'ailleurs!
Parle moi de tes goûts ciné
Pourquoi ça te rassures ruud? Le but, c'est pas de faire son beau dans les dîners en ville. C'est quoi cette compulsion maladive à se comparer aux un et aux autres?
Tu as déjà lu un truc de Handke au moins?
Mais si tu aimes bien Rectify, ça ne m'étonne pas que tu sois fan des Ailes du Désir, on y retrouve un peu la même morgue, et puis c'est très bien, je n'ai jamais prétendu avoir une prétention à l'objectivité dans mes goûts.

Pauline Kael résume à peu près ce que j'avais pensé du film quand je l'avais vu:

"
ZONE POEM (Wings of Desire)

Shown through the eyes of two angels who hover over the city blocks, Berlin is In tinted black-and-white. The image suggests metal,with a little of the lustre of old coins or tarnished silverware. And as the camera wafts in and out of airplanes, and into rooms high up in apartment buildings, and the angels observe the forlorn, dissociated lives of people who live in reverie, it's as if black-and-white itself had petered out—as if the movie image was exhausted. What you see has a bluish-green softness, and it's clear enough, but it feels at a remove; it's a reminder of an image. Wings of Desire—the original title of this Franco-German production is Der Himmel iiber Berlin, which means the heaven, or sky, over Berlin—has the look of a dupe of a dupe. That look is telling you that movies are now ghosts of themselves.

The director, Wim Wenders, who wrote the script with the collaboration of Peter Handke, has a theme: in an approximation of Rilke's words, "Joy has gone astray." We're told that "when the child was a child," stories held together. Now all we have is fragmentation, entropy. And a sad-faced old man called Homer (Curt Bois) wanders through the ruins of the old metropolis trying to keep its story alive; his thoughts trigger flashbacks to Nazi atrocities.

The two angels—Damiel (Bruno Ganz) and Cassiel (Otto Sander)— roam through the bleak concrete buildings of the divided city; its ugliness is almost abstract. Wearing suits and overcoats, the two observers look like civil servants, except for their ponytails. They pick up scraps of stories as they move unseen among desolate individuals, listening to what's in their minds—listening to the questions about existence that these people ask themselves. The angels have a poetic presence: they're antennae for the thoughts of anonymous Berliners who can't speak what they think. (There are no emotional outbursts; the people's interior dialogues are detailed, measured, accurate—as if they could describe something only by its exact dimensions.) The angel Damiel's face is infinitely compassionate, and the angel Cassiel knits his brow in worry; these two are in a muzzy state of empathy for everyone, everything. And they listen with the patience and concern of a seraphic, neutered uncle. Children can see them, and some grownups know when they're around—those who are childlike at heart (moviegoers, perhaps, and Americans), those who aren't split asunder, and still have the ability to feel things directly.

For about forty-five minutes, the mood of the opening shots is sustained. Our overhearing what the angels hear—the thoughts chanted on the track, all in even, quiet tones, as grayed out as the sunless skies— works on us like a tranquillizer. The dim whimsy, the recitations of prose poetry that recall the Beats—it all produces a blissed-out stupor that feels vaguely avant-garde. And this movie, which is dedicated to Ozu, Tarkovsky, and Truffaut, is full of charming (and almost charming) conceits, such as the angels' attentiveness to the murmur of thought in the modern, fluorescent-lighted state library building. (It suggests Alphaville with lead weights on the camera.) This is where solitary people—who look as if they were forgotten by the world—come to read and to walk among the books. (These walkers recall the book memorizers in Fahrenheit 451.)

The film can hatch conceits in viewers. The angels can make you feel as if you're walking around in the presence of an absent world, in the presence of people you've known. And when you see the angels listening to the people's thoughts you may miss someone to whisper your feelings about the movie to. You have plenty of time for musing while looking at this after-the-apocalypse city, scarred by the Wall—the dividing line of two powers, and the symbol of the divided souls.

as art. The film's lassitude—the way shots are held for small eternities, and the action seems to begin every three or four minutes—suggests some purpose beyond narrative, suggests that you're experiencing the psychic craving of the Berliners as they drift through their chilly days, searching to be whole again. It's a sluggish, weary-winged fable; it seems to be saying that if you're a grownup living in postwar Germany a reminder of childish joy is the most you can hope for. The halfhearted coming together of Damiel and Marion is a fairy tale that we're not quite meant to believe; the film's tone of high German woe certainly indicates that. Even if Wenders wants to believe it, his moviemaking betrays him: the color sections are tawdry compared with the spooky spirituality of the black-and-white passages. The film's meaning appears to be: We Germans recognize in ourselves a forever-to-be-unfulfilled wish for connectedness.

The only character with any pep is an American, played by Peter Falk, who is starring in a Nazi-period film that's being shot on the site of an actual Second World War bunker. Falk—he's called by his own name—enjoys the pleasures of simple sensory gratifications. With his big noggin and the gruff mischief in the way he plays along with the other characters, he's solidly American. (And he's a relief from Ganz's poignancy; there's so much of it that it gnaws at you.) Falk is the only free agent in the whole movie: when he takes a step, he really wants to go where he's heading. Even when he soliloquizes like the Berliners, his thoughts are practical; they have a funky warmth. (In interviews, Wenders says that Falk wrote this material himself.)

My guess is that the Falk subplot is in the picture mainly because Wenders loves American movies and the people connected with them. But, if I read Wenders right, he's also suggesting (as he has in the past) that movies are the American language, and that American movies (and rock) have colonized the Germans, causing another rift in their consciousness. He's saying, "How lucky the Americans are—they didn't suffer the way we studded with personalities. He's got his Rilke and that scar of castration, the Wall. The whole movie is saying, "If only I could express myself like a child or an American moviemaker! Then I could unify the divided German soul, or, at least, my own soul."

But, of course, Wenders doesn't get into the spirit of popular art. When he uses a pop form, it's lifeless—a simulation of ascetic high art. Marion is lovely, but on her last night with the circus, when she and one of the roustabouts at the outdoor farewell party sing together, Wenders seems to have just plopped them there. He names the circus for his celebrated cinematographer, Henri Alekan (and includes allusions to Coc-teau's 1946 Beauty and the Beast, which Alekan shot), yet from the sound of the laughter of the children who are supposed to be showing their joy at the circus they've got infant doses of Weltschmerz. The punk-club scenes are so rhythmless and desolate that they're almost a parody of German anguish. And I have misgivings about Wenders' including actual atrocity pictures; it's as if he wanted to fortify his sense of defeat, his enervation. But then this is a movie with depressive angels—a notion worthy of Tarkovsky (for whom the whole universe was depressive).

Wenders films what makes him feel impotent. Yet he wants to inspire us: when Damiel and Marion embrace, Wenders wants to light a candle in our hearts, or, at least, half a candle. It's this torchbearer Wenders who uses such corny devices as having the children be able to see the angels; he even has a little crippled girl who smiles at Damiel. Sentimentality and meaninglessness: postmodern kitsch. It's enough to make moviegoers feel impotent."
Il y a ça qui a sauté entre:"the symbol of divided souls" et "as art"

Wings of Desire constantly articulates the impossibility of finding any meaning in anything. At the same time, it's a love-story message movie. The angels, in their apartness and in their distress over the spiritual emptiness of the people, are like the cliche kind of intellectuals. Then Damiel, drooping from the sameness of his everlasting rounds and the ennui of seeing in monochromatic tones, eavesdrops on the thoughts of Marion (Solveig Dommartin), a beautiful, lonely French aerialist who's dressed as an angel with feather wings, and performs in a tacky circus. (She recalls Merna Kennedy in Chaplin's The Circus and Nastassja Kinski in Coppola's One from the Heart.) She goes to a punk-rock club, and Damiel watches her there, dancing by herself, gyrating, her manner zombielike. When he sits among the children who are entranced by her trapeze work, this Chaplinesque girl awakens him to childish joy—of what it's like to believe in the magic of trapeze artists. He feels the stirrings of desire, and he sees her in color. He begins to long for the ordinary pleasures—to hold an apple in his hand, to drink a cup of hot coffee. When he turns in his wings—so to speak—and plunges to earth, he has a new spring in his walk. The film breaks into full color, and he goes to find his aerialist.

He searches the city for her, and she searches, too, for she knows not whom, and they meet in the bar that adjoins the punk club. There, looking right at the camera, Marion speaks to Damiel for the first time, and it's an oration. She goes on and on, declaiming—giving voice to her romantic, enigmatic thoughts in the affectless tone that he found so fetching when he listened to the workings of her mind. (It's as if Merna Kennedy, at the end of the silent The Circus, started to speechify.) And she faces the audience and challenges us to take our voyages. Gott im Himmel!

A friend of mine says that he loved every second of this movie and he couldn't wait to leave. To put it simply, Wings of Desire has a visual fascination but no animating force—that's part of why it's being acclaimed
Di Maria plus altruiste que Messi ? mais bien sur .
Ian Curtis
Putain, tu veux me décourager ou quoi?
Donne moi ton avis, ça me suffit.
Je le lirai mais plus tard.

On a le droit d'aborder des sujets nobles, avoir une démarche artistique ou poétique sans être américain?
Tarkovski était prétentieux, Reygadas est prétentieux mais Mallick, l'usine à merde en barre, ne l'est pas.
Ca me fait penser à cette pute d'Axelle Ropert qui fait serpenter ses phrases pour nous dire que tout ce qui n'est pas américain est prétenteux et finir par nous vendre du Mallick qui est autrement plus prétentieux et surtout, ridicule.
Des critiques copiées-collées de Pauline Kael dans les commentaires de sofoot, on aura tout vu. Merci pour ce moment.

Loin de moi l'idée d'intervenir dans votre débat mais j'ai souffert en lisant Mallick / usine a' merde. Que le mec ait mal vieilli et fasse désormais de longues pubs new age c'est un fait mais Badlands et Days of Heaven, ses premiers films, sont des chefs-d'œuvres. Il me semble.
Voila c'est tout, je vous laisse tranquilles.
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