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Willian, le coucou au cocu

Le 20 août 2013, Willian trinquait dans un restaurant londonien en l'honneur de sa signature avec Tottenham. Huit jours plus tard, il optait finalement pour le maillot de Chelsea, à la faveur d'un retournement de situation qui n'a rien à envier au dernier James Bond. Récit du coup de Trafalgar, avec des jeux d'ego entre Russes, forcément.

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Il est 10h20, et une bague surmontée d’un diamant solitaire de trois carats, valeur 70 000 euros, vient d’être volée à Cannes. « Sans armes, ni violence » , précise le Midi Libre. Le casse, organisé dans une joaillerie située dans la galerie marchande du Gray d’Albion, attenante à l’hôtel de luxe du même nom, a été orchestré par deux hommes. Selon la vendeuse, qui ne s’est aperçue du vol que dix minutes plus tard, ces derniers sont « probablement originaires des pays de l’Est » . Se faisant passer pour des clients, les deux individus ont tour à tour demandé à se faire présenter plusieurs pièces d’exception, avant que l’un d’entre eux ne prétexte devoir sortir retirer « du cash » au distributeur. Embrouillée, la vendeuse n’a alors jamais pu faire le compte du nombre de bijoux qu’elle avait sortis, laissant bien malgré elle tranquillement repartir les malfrats avec une grosse bosse – celle du diamant – dans la poche. Bien qu’impressionnant d’exécution dans le milieu du larcin de bijoux, le vol du diamant du Gray d’Albion a pourtant été, ce 20 août 2013, surpassé en montant seulement quelques heures plus tard. Car 1033 kilomètres plus au nord, en Angleterre, à Londres plus précisément, un autre individu originaire des pays de l’Est réalisait un cambriolage encore plus impressionnant dans la soirée. Le bijou, évalué à 35 millions d’euros, s’appelait Willian. Dans le rôle du voleur, un certain Roman Abramovitch. Dans celui du volé, André Villas-Boas, entraîneur de Tottenham. La seule différence ? Cette opération-là a déclenché toutes les alarmes de sécurité, mais le brigand est quand même reparti avec le joyau.

La vengeance dans la peau

Ce 20 août 2013 donc, Willian est heureux. Il tient un verre en main, que l’on imagine être rempli de champagne. C’est le type de boisson que l’on sort en général pour fêter les grands événements, et celui de sa signature à Tottenham en est un. Unique détail à régler : la visite médicale. Une broutille, tant le plus dur est fait. Voilà plusieurs mois qu’André Villas-Boas, alors coach des Spurs, drague l’ailier brésilien de l’Anzhi Makhatchkala. Il avait d’ailleurs fait une première offre pour le bonhomme du temps de son règne à Chelsea, en janvier 2012, refusée à l'époque par le Shakhtar Donetsk. Quelques mois plus tard, en octobre 2012, Willian se confiait au journal brésilien Lancenet : « Il (Villas-Boas) m’envoie sans arrêt des messages. Nous sommes toujours en contact, et il est devenu un ami, c’est sûr. Je veux dire, Tottenham est un grand club et possède quelqu’un de bien à sa tête. Mais d’un autre côté, Chelsea reste Chelsea. Ils sont champions d’Europe... Mon esprit reste pour l’instant au Shakhtar.  » Le 31 janvier 2013, il s’envolait en Russie, à l’Anzhi. Une opération de dégraissage plus tard, et le voilà tombé d’accord avec le club nord-londonien, qui cherche à trouver le remplaçant de Gareth Bale, en route pour devenir le transfert le plus cher de l’histoire en allant au Real. Il y a des pépettes à dépenser, et Willian correspond au profil !


Rendez-vous est donc pris dans un luxueux restaurant de Londres avec les dirigeants du club, Kia Joorabchian, l’agent du joueur, et l’intéressé lui-même. Ce dernier ne signe qu’un pré-contrat en attente de la visite médicale positive, et trinque joyeusement au cœur de la guinguette, par ailleurs propriété de Joorabchian, qui prépare un joli coup de vice dans sa manche. L’information de la quasi-officialisation du transfert tourne dans la presse, mais les dirigeants de Chelsea tiquent sur le fait que l’ailier n’ait pas encore passé sa visite médicale et soit encore en attente d’un permis de travail. Les Blues ont toutes les cartes en main pour faire d’une pierre quatre coups : affaiblir un concurrent direct, renforcer leur effectif, venger Mourinho, personnellement en froid avec Villas-Boas, et venger Roman Abramovitch. Pourquoi ? Selon les rumeurs des journaux de l’époque, comme le Times, le Russe aurait pris Daniel Levy, président des Spurs, en grippe, depuis que celui-ci lui aurait refusé la vente de Luka Modrić l’été précédent. Spéculation des médias ou ire réelle, la question reste sans réponse, mais l’heure est venue de se venger.

Kerimov, l’agent double

Abramovitch décide de se saisir de son téléphone à clapet. Il ouvre son gestionnaire de contacts, fait défiler les noms à l’aide de son index droit, et s’arrête à la lettre « K » . Manque de pot pour Levy, l’oligarque entretient des liens très étroits avec un collègue de la même nationalité : Suleyman Kerimov, président de l’Anzhi Makhatchkala. Il convainc son ami de passer un coup de fil à son ancien protégé pour lui faire changer d’avis à la dernière seconde, et le coup de bluff fonctionne. Willian signe le 28 août 2013 pour cinq ans à Chelsea, contre 35 millions d’euros et une belle carotte. En conférence de presse, Mourinho jubile, tout en donnant une leçon de management sourire aux lèvres à ses concurrents : « C’est le danger de faire les visites médicales avant de signer le contrat, mais en même temps vous ne voulez pas vous retrouver avec un joueur qui présente une anomalie. La meilleure chose à faire, c’est de garder la visite médicale secrète. Si le joueur est apte, vous pouvez le signer. Si le joueur n’est pas apte, vous ne détruisez pas sa carrière en disant qu’il a un problème. Donc vous la faites en secret, et après seulement vous faites signer le contrat entre le joueur et le club. » Le requin.


Depuis, Willian s’est rattrapé, histoire de mettre fin à toute éventuelle polémique et de prouver qu’il ne rêvait que de jouer pour Chelsea. Le bonhomme multiplie les provocations comme il y a un peu plus d’un an, au moment où les Blues, dixièmes, avaient définitivement enterré les espoirs de titre de Tottenham face à Leicester au terme d’un match nul dingue (2-2). Le Brésilien avait alors pointé le badge « Champions » sur sa manche droite, et enflammé la fin de match. Rebelote en mai dernier, au moment de fêter le titre de retour à la maison. De son côté, Daniel Levy s’était rabattu à l’époque sur Erik Lamela, argentin de la Roma à la hanche fragile, pour 35 millions d’euros. Et puisqu'il restait encore quelques billets à dépenser, les Spurs avaient également signé Vlad Chiricheș pour 9,5 millions d’euros, un défenseur... pisté par l’AS Rome. Un transfert à propos duquel avait été forcé de réagir Walter Sabatini, directeur du football du club de la Louve : « Le fait que Tottenham achète des joueurs surveillés par la Roma ne veut pas dire qu’ils nous les ont volés... » Mais ça, c’est une autre histoire.

Par Théo Denmat
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