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West Ham, le salut passe par le jeu

Septièmes de Premier League, les Hammers sont déjà la surprise confirmée de la première moitié de saison. Avec un recrutement bien léché, une équipe qui a enfin dépassé le stade du kick and rush, West Ham rêve aujourd'hui d'une qualification européenne en mai prochain.

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« We all follow the West Ham, over land and sea, we all follow the West Ham, on... to victory ! » Être un supporter des Hammers semble enfin rimer avec espoir. Le sourire est revenu à Upton Park, l'Angleterre redécouvre le football à l'est de Londres. Mieux encore, José Mourinho s'est, pour l'une des premières fois de sa carrière, excusé pour des propos tenus l'an dernier après un pathétique 0-0 entre Chelsea et West Ham à Stamford Bridge. En conférence de presse après la rencontre, le Portugais avait fustigé le « football du XIXe siècle » pratiqué, selon lui, par les gars de Sam Allardyce. Avant la retrouvaille entre les deux équipes lors du Boxing Day il y a quelques semaines, le Mou est revenu sur ces termes « stupides et idiots » . Car après cinq mois de compétition, West Ham truste la septième place du championnat et a déjà eu le scalp de Man City et Liverpool, entre autres. Le boulet est devenu l'ambitieux.

Sheringham pour amener la fantaisie


Il a été l'un des héros face au Bayern Munich au Camp Nou en 1999 en égalisant pour Manchester United à quelques minutes de la fin. Il a planté jusqu'à plus de quarante piges en Angleterre et avait même claqué un doublé lors du jubilé de Ledley King, son ancien coéquipier à Tottenham, en mai dernier. Teddy Sheringham, ex-joueur de West Ham entre 2004 et 2007, est aujourd'hui l'une des principales raisons du retour au premier plan du club londonien. Face aux critiques persistantes sur son style de jeu imbuvable, Sam Allardyce, le coach des Hammers, a fait appel cet été à l'ancienne machine à buts pour donner de la folie à son équipe. Sheringham a débarqué à West Ham comme entraîneur des attaquants, mais aussi comme recruteur. Ancien adjoint de Gérard Houllier à Liverpool, Jacques Crevoisier souligne « les choix cohérents avec l'histoire du club qui ont permis de renouer avec la tradition du beau jeu et de la formation de West Ham » .

Devant, Amalfitano, Enner Valencia et Diafra Sakho sont arrivés. Résultat : West Ham est aujourd'hui la sixième attaque de Premier League (31 buts) et joue au football. Oui, les Hammers jouent. « Allardyce a su travailler pour imposer un jeu au sol. L'équipe est cette année extrêmement complètementaire, notamment grâce à son milieu Kouyaté-Song-Noble et au retour au premier plan de Downing » témoigne Crevoisier. Mieux encore, « Big Sam » réalise avec ses soldats le meilleur départ du club en championnat depuis la saison 1985-86. S'il avoue ne pas jouer dans la même cour que ses concurrents aux avant-postes, Allardyce avoue avoir déjà « cassé des barrières que personne ne pensait capable de faire tomber » .

Alexandre Song, le renouveau symbolique


En installant un 4-3-1-2 équilibré, l'entraîneur anglais s'est redonné une raison d'espérer à West Ham. En avril dernier, les banderoles d'insultes fleurissaient dans les travées d'Upton Park comme face à West Bromwich : « Fat Sam Out, Killing WHU » . Au lieu de la tuer, Allardyce a relevé l'institution grâce à une grosse remise en question en interne et à des hommes forts qui ont enfin pris le relais sur le terrain. Parmi eux, le revanchard Alexandre Song, qui souffrait d'une réputation désastreuse après une Coupe du monde marquée par un comportement discuté, s'est racheté une conduite dans la ville, Londres, qui l'avait vu grandir à Arsenal il y a quelques années. Revenu en Angleterre en prêt, deux ans après son départ à Barcelone, Song est aujourd'hui le ciment du West Ham next gen.

Le kick and rush a donc été définitivement rangé au placard. La créativité a été placée à Upton Park, et l'Angleterre voit renaître l'un de ses plus beaux monuments. Le centre où « The Academy of Football » a enfanté Ferdinand, Lampard, Carrick, Paul Ince et surtout Bobby Moore. Sam Allardyce a été élu coach du mois de novembre. L'équipe n'a perdu que six rencontres et sourit de nouveau. Keira Knightley, amoureuse revendiquée des Hammers, rêve devant sa télé. Et West Ham prépare tranquillement son départ, sous les honneurs, pour le stade Olympique de Londres la saison prochaine. Et si la fête ne faisait que commencer ?


Par Maxime Brigand
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Keira Knightley est une raison absolument suffisante en elle-même pour supporter les Hammers.
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