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Wenger (d’)août

« La saison est encore longue » , peuvent lâcher les fans des Gunners pour se rassurer. La vérité, c’est qu’Arsenal s’est encore tiré une balle dans le pied à cause d’un été pourri, tant sur le terrain qu’en coulisses. Same old story.

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Cette fois, ça avait pourtant bien commencé. Après avoir pris la fâcheuse habitude de perdre systématiquement leur premier match de championnat, les Gunners étaient (enfin) parvenus à l’emporter en ouverture face à Leicester, quelques jours après avoir tapé Chelsea lors du Community Shield. De bon augure comme on dit dans le football. Sauf que non. Après trois journées, Arsenal ne compte que trois points. Pire, le club londonien s’est fait atomiser à Liverpool. Comme d’hab’, Wenger a foiré son mois d’août et a ravivé les ardeurs de ses détracteurs qui réclament son départ à chaque intersaison. En plus de négliger son mercato, le voilà remis en cause dans ses choix sportifs : une défense à trois avec uniquement des latéraux, Welbeck préféré à Lacazette en pointe à Anfield, immunité éternelle pour Özil... les griefs ne manquent pas. Le clan des anti-Wenger grossit à vue d’œil. Et pourtant, il n’est pas composé que de supporters avinés ou d’ingrats à la mémoire courte. Dernièrement, des anciennes légendes de Highbury ont, à leur façon, repris le « Wenger Out » . Emmanuel Petit ou Ian Wright ont, tour à tour, laissé entendre que, pour le bien de l’institution, le manager devrait ranger sa doudoune. Dur de leur donner tort : le club qu’ils aiment est, d’après les dires, assis sur un tas d’or, mais sa politique sportive est dirigée avec radinerie par un homme qui gère les dépenses comme s’il s’agissait de son propre argent à l’aube d’un hiver rude.

Ferrari et panic buys


Wenger, c’est l’histoire de ce mec qui a une Ferrari dans le garage, mais ne veut pas la sortir de peur de la rayer. Et qui, lorsqu'il se décide enfin à prendre la route, se rend compte que la batterie est à plat. En vérité, ce début de saison rappelle furieusement l’été 2011, lorsque les hommes de la pince Facom avaient subi un revers à l’Emirates face à Liverpool, avant de subir une raclée monumentale quelques jours plus tard à Old Trafford (8-2). On craignait le pire : Arsenal avait perdu Nasri et Fàbregas cet été-là. Tout était plus ou moins rentré dans l’ordre en fin de saison, les Gunners finissant sur le podium. Mais parce que la face avait été sauvée in extremis grâce à la forme de Robin van Persie, mais aussi de bons vieux panic buys de dernière minute : Arteta, Mertesacker, André Santos et Yossi Benayoun avaient tous rejoint le navire le dernier jour du mercato. Et voilà que le manager français a voulu refaire le coup, alors que son bateau tangue plus que jamais. Sauf que cette fois, personne n’a voulu venir écoper. Thomas Lemar a vu un à un ses coéquipiers quitter La Turbie, mais a préféré rester en Principauté plutôt que de rejoindre cette galère. Mahrez ? On verra à Noël, encore faudra-t-il pour le convaincre être devant les Foxes au classement. Car le constat est le suivant : Arsenal n’attire plus sportivement. On souhaite donc bon courage à Alexis Sánchez, même si le Chilien a un gilet de sauvetage : un contrat qui arrive à son terme dans un an.



Par Marc Hervez
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