1. //
  2. // Finale
  3. // Pays Bas/Espagne

Webb 2.0

Après un Euro 2008 cauchemardesque, Howard Webb est revenu en force et arbitrera la finale de la coupe du monde, moins de deux mois après celle de la Ligue des Champions. Portrait d'un flic en short et sifflet.

0 5
«  J'espère seulement que j'aurai l'occasion, un jour, de découvrir ce qui doit être l'apogée de toute carrière d'arbitre » . Aout 2006, la coupe du monde vient de se terminer et Howard Webb affiche ses petites ambitions dans une interview accordée à The Independent. A l'époque, il n'a rejoint la liste de la FIFA que depuis un an mais n'est encore qu'un arbitre de Premier League comme les autres. Ce dimanche soir, il aura réalisé son rêve et plus encore, puisqu'il arbitrera la finale du mondial 2010. En surdoué, l'Anglais est, à 38 ans (il fêtera son anniversaire mercredi prochain), le plus jeune arbitre à officier en finale de coupe du monde depuis Georges Capdeville, en 1938...


Ascenseur social


Webb a grillé les étapes plus vite qu'un Cavendish, et pourtant ce n'était pas gagné. «  Je n'ai jamais vraiment voulu être arbitre lorsque j'étais adolescent, expliquait-il il y a trois ans sur le site de la BBC. Ce n'était pas quelque chose qui m'attirait » . Howard est un ado normal, il veut devenir joueur de football, mais lorsqu'il comprend qu'il n'a pas le niveau, c'est son père qui l'aiguille sur la voie du sifflet. Arbitre lui-même lorsqu'il n'est pas à l'usine, Daddy Webb envoie son fiston en formation à 19 ans. Ce dernier se démerde plutôt bien : il débute comme assistant dans la Northern Counties East Football League et ce passe-temps lui plait.


«  Je tire plus de satisfaction de ça que si je faisais partie d'une équipe qui perd 5-0 le dimanche matin » , explique-t-il. Enchainant les congés (Howard est flic, dans la vie de tous les jours), l'arbitre gravit les échelons tranquillement durant les 90's pour arbitrer son premier match de Premier League en 2003. Trois ans plus tard, il est sur la pelouse du stade Ghencea pour son dépucelage en Ligue des Champions (Steaua Bucarest – Lyon). Logiquement, il est sélectionné pour l'Euro 2008 en Suissautriche. Plutôt un mauvais souvenir.


Dans la dynastie des référés anglais, Webb succède à Graham Poll, à peu près assuré de ne pas faire pire. En 2006, Poll a en effet donné trois cartons jaunes au Croate Šimunić dans le même match, est passé pour un gros blaireau et surtout a mis fin à sa carrière internationale. L'esprit libre, Howard Webb se retrouve pourtant au milieu d'une polémique dès son premier match en 2008. Lors d'Autriche-Pologne, il valide d'abord un but hors-jeu des Polonais puis accorde le penalty de l'égalisation aux Autrichiens pour un tirage de maillot à la dernière minute. Si cette dernière décision est conforme aux directives de l'UEFA, elle est contestée de façon plus qu'hardcore en Pologne, comme le montre l'excellent documentaire « Les Arbitres » de Jean Libon et Yves Hinant,.


Chasse à l'homme


Donald Tusk, le premier ministre polonais, lance la séance de trash talk : « Hier soir, oui, j'aurais bien voulu tuer quelqu'un. Qui ? La même personne que n'importe quel autre Polonais » . Pas mal, mais les internautes vont plus loin et balancent des vidéos sur Youtube comparant Webb à Adolf Hitler ou demandant sa tête, pendant que des supporters inamicaux débarquent chez ses parents et foutent les jetons à sa mère. Pas glop. L'UEFA et toutes les instances du football affichent leur soutien mais Howard fait tout de même partie des quatre arbitres renvoyés chez eux avant les quarts de finale.


Là où un Anders Frisk ordinaire aurait craqué et mis fin à sa carrière, Howard Webb va se ressourcer dans son pavillon de Rotherham, dans le South Yorkshire et revient encore plus solide dans sa tête. Le 22 mai dernier, il est choisi pour arbitrer la finale de la Champion's League à Madrid et va donc faire le doublé avec cet Espagne-Pays Bas. Comme on trouve toujours des glands pour se plaindre, les journaux espagnols ont déjà lancé les hostilités, persuadés d'avoir été lésés par l'Anglais lors de Suisse-Espagne. La Roja aurait surement préféré retrouver Hector Baldassi (Espagne-Portugal) ou Carlos Batres (Espagne-Paraguay) mais elle aura Howard Webb. Plutôt une bonne nouvelle.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
On s'en rappellera comme du plus corrompu des arbitres!
Une honte, cette finale donnée aux espagnols
Des macaques qui gagnent un trophée... ça donne pas envie de s'intéresser à ce sport... tricheur, vénal, fourbe et tronche de cul, le joueur typique espagnol, c'est un gros con qui attend juste que les autres fassent le boulot à sa place!
c'était du 56K hier
Je suis dégouté pour la défaite des néerlandais mais force est de constater qu'il a été plus que clément vis à vis de De Jong ou de Van Bommel.
Et puis merde, ils n'avaient qu'à jouer !!
Le premier commentaire est teinté de la mauvaise foi du perdant, le deuxième est une honte, œuvre d'un frustré nazillon. Le troisième, d'un déçu lucide. Bravo au seul bon perdant des trois.

En ce qui concerne l'arbitrage, il a été lamentable, effectivement, mais dans les deux sens... et l'Espagne mérite sa victoire.
Arbitrage lamentable,c'est un peu fort. J'aurai plutôt dit arbitrage malheureux. La non expultion de VanBommel en début de match donne le ton pour la suite. Un rouge d'entrée aurait probablement changé beaucoup de choses. Mais s'il sort le rouge d'entrée, il peut être sur que tout le monde lui tombe dessus de la même façon. Un des très rare commentaire intelligent de TF1 est sortit de la bouche d'Arsène : "c'est un match très difficile à arbitrer". Quoi qu'il fasse, l'arbitre sera toujours le perdant. Il a essayé d'arbitrer dans l'esprit du jeu et non dans le respect strict des lois du jeu.

Sinon, moi qui ne suis fan d'aucune des deux équipe finalistes, il faut bien admettre que la victoire de l'Espagne est méritée. Les néerlandais ont refusés de faire ce qu'il font habituellement très bien : jouer au foot. Ils ont joués les méchants, ils ont perdus, la morale est sauve.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 5