WBA, tonnerre de Brest !

Comme le promu breton en Ligue 1, West Bromwich Albion squatte les premières places en regardant les caïds dans les yeux et des rêves plein la tête : et si la fête continuait ?

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Chourons rapidement la DeLorean de Doc et Marty pour opérer un retour dans le temps. Oh pas loin, juste le 14 août dernier, et imaginons la réaction des gens à qui on expliquerait que West Bromwich Albion est sixième de Premier League après neuf journées : « Arrêtez un peu de déconner les mecs, ils viennent de se faire torcher par Chelsea et franchement, les Blues ne devraient pas être les derniers à les dérouiller » . Comment pourrait-on en vouloir au quidam de réagir ainsi ? Pour l'ouverture du championnat, les Blues se sont joyeusement essuyé les pieds sur le nouveau paillasson du royaume. WBA vient tout juste de remonter dans l'élite (après quatre ans en D2) que déjà on lui promet un retour fissa à la cave. Une conclusion hâtive peut-être mais qui prend tout son sens quand Liverpool, dont on devine vite qu'il ne battra pas grand-monde cette saison, parvient aussi à faire chuter le gentil promu. Oui, en août dernier, on a bien envie de conseiller aux joueurs de West Brom de bien prendre des photos et de faire signer des autographes pour la famille, ils ne sont pas là pour très longtemps.

« L'Europe » à leurs pieds


Et pourtant, en cette fin de mois d'octobre, on se pince mais le constat reste imparable : WBA est solidement installé dans le premier tiers du championnat. Après neuf journées, le doute n'est plus permis, il y a de la qualité dans ce club. A commencer par son maître à penser, Roberto Di Matteo. Un ancien de Chelsea précisément, avec qui il a remporté, entre autres, la défunte Coupe des vainqueurs de coupes en 1998. En bon produit de la Serie A, le bougre sait y faire quand il est question de tactique. Ainsi, à l'Emirates Stadium, l'Italien est allé donner un petit cours gratuit de tableau noir à Arsène Wenger en lui collant un milieu à cinq, dont trois purs récupérateurs, histoire d'apprendre la vie à Diaby et Song, qui ont mangé bon ce jour-là. Résultat : avec ses deux milieux def' hors combat, Arsenal a subi la loi de cet underdog aux dents longues. Faut dire, comment les Gunners pouvaient se douter qu'un Youssouf Mulumbu ou un Peter Odemwingie pouvaient sortir ce genre de performance ? Et ne surtout pas croire à une perf isolée un jour de grâce. West Brom a tenu en respect Tottenham (1-1) et Manchester United (2-2, à Old Trafford s'il vous plaît) et battu Manchester City (2-1) candidat au titre ou encore le dernier finaliste de l'Europa League, Fulham (2-1). Ou quand un vulgaire sans grade venu de Championship joue à un niveau européen...

« Here come the bag men »


Alors évidemment, on se demande : jusqu'où la farce ? Bon, soyons francs, il nous étonnerait fort que le club de la grande banlieue de Birmingham tienne ce rang jusqu'à la fin de la saison. La faute, comme souvent, à un banc insuffisant. Et, là encore telle une tradition, au gré des performances, les téléphones vont commencer à sonner de plus en plus fort, jusqu'à faire perdre le fil à la sympathique escouade des west middlands. Mais l'ensemble paraît suffisamment solide pour assurer la came façon Guy Roux : le maintien. Un petit miracle en soi quand on songe aux ricanements qui escortaient le début de championnat de WBA. Parfois, le rêve peut prendre une tournure très simple. Une petite colle pour finir : pourquoi les joueurs sont-ils surnommés les “Baggies” ? Pas pour la forme des shorts comme on l'entend parfois. Mais en référence à une coutume ancienne quand lors de l'installation du club à Hawthorns, les gens du club récupéraient l'argent de la billetterie et passaient devant les tribunes avec leurs sacs remplis de la cagnotte sous les cris des spectateurs « Here come the bag men ! » transformés progressivement en “baggies”. A West Bromwich, on aime bien les belles histoires...

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