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Walters White

Le héros du barrage contre la Bosnie – et co-meilleur buteur de la sélection irlandaise lors des éliminatoires –, c’est lui. Jonathan Walters, 32 ans, une mâchoire d’acier et des yeux de hibou. Portrait d'un vieux briscard qui fait partie des rescapés de l'édition 2012.

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Jon Walters. Il s’en est fallu de quelques lettres pour qu’il n’endosse le nom du célèbre whisky. Ça tombe bien, à l’instar du bon scotch, le gaillard se déguste pleinement après avoir laissé couler les années. La vingtaine passée, le joueur formé à Blackburn empile les prêts sans réussite jusqu’à atterrir en League Two. Après avoir fait son trou à Ipswich, en Championship, il réalise sa première saison pleine en Premier League à Stoke, en 2010-11. 27 ans, l’heure de découvrir les frissons de la première cape sous le maillot vert. Cinq ans plus tard, l’Irlande joue sa qualification pour l’Euro en barrage face à la Bosnie-Herzégovine : Walters plante un péno avant d’envoyer une reprise de volée irrésistible (1-1, 2-0). Éire France est paré au décollage.

Vidéo

Retour aux sources



Avant de conquérir le cœur de Dublin, Jonathan Ronald Walters a grandi dans la péninsule de Wirral, sur l’autre île qui borde la mer d’Irlande, en Angleterre.
« Tu n'es qu'un espoir et tu crois que tu peux tout obtenir en claquant des doigts, jusqu'à ce que tu dégringoles dans les divisions inférieures. »
Supporter d’Everton, celui qui choisira plus tard la patrie maternelle se fait remarquer par Blackburn, puis Bolton. « À l’époque, j’étais jeune et con » , confiait l'homme il y a quelques semaines à l’Independent. Et de poursuivre : « Tu n'es qu'un espoir et tu crois que tu peux tout obtenir en claquant des doigts, jusqu'à ce que tu dégringoles dans les divisions inférieures. (…) Aujourd'hui, j'essaye d'aider les jeunes joueurs que je côtoie à ne pas répéter les erreurs que j'ai commises. »


Les échecs s'accumulent, les buts se chiffrent au compte-gouttes pour l'ailier/attaquant (7 réalisations en championnat de 2000 à 2005). C’est un retour aux sources, à Wrexham puis Chester, pour prendre soin de sa fille aînée (atteinte d'une malformation à la naissance), qui va véritablement lancer sa carrière. « Si vous m’aviez dit à Chester que j’en serais arrivé là aujourd'hui, je n’y aurais pas cru. »

Jardins publics, League Two et clash avec Roy Keane


« À l’époque, on s’entraînait dans des jardins publics pour préparer les matchs à l’extérieur » , remet le meilleur joueur irlandais de 2015 selon la RTÉ (le France télévisions irlandais). C’est à Ipswich Town, en Championship, qu’il retrouve le chemin de la Premier League. Dans l’est de l’Angleterre, l’aventure se termine en explication musclée avec un certain Roy Keane, alors coach des Tractor Boys ; Keane reprochant à Walters de forcer son départ, comme l'ex-Mancunien le raconte dans son autobiographie. « Lorsque l'on s’est retrouvés plus tard au sein de la sélection irlandaise, on en a rigolé » , avoue pour sa part Walters. Vient alors Stoke où l’Irlandais traverse l’époque du kick and rush rudimentaire - et des touches caviars de Rory Delap - pour former à présent une alléchante artillerie sous l'égide de Mark Hughes - Bojan, Shaqiri, Arnautović, Afellay, Imbula…


Walters aura donc attendu d’avoir des cheveux blancs pour devenir le héros de tout un peuple, le 16 novembre dernier à Lansdowne Road. À tel point qu'on le retrouve en chef militaire sur des drapeaux vert-blanc-orange. En effet, des fans irlandais lui prêtent les traits de Michael Collins (1890-1922), leader révolutionnaire et figure de la lutte pour l’indépendance - assassiné peu après la guerre anglo-irlandaise (1919-21).


Plus qu’un buteur providentiel, Walters est l'homme à tout faire de l'équipe de Martin O'Neill. Le gars qui squatte le poteau de corner, prêt à protéger sa balle des heures s'il le fallait, à la fin du match crucial face à l'Allemagne (victoire 1-0 de l'Irlande aux forceps). Certes, Jon Walters n'est pas le joueur le plus flamboyant de l'Euro, ni le plus talentueux. Bien mieux que cela, Jon Walters, c'est l'Irlande.

Par Florian Lefèvre Propos de Jon Walters tirés de l'Independent
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