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«Si il n’y avait pas eu le football, je crois qu’on serait encore tous vierges» Claudio "el Turco" García

Walter Zenga : « Jouer au football et s’amuser »

Zlatan Ibrahimovic  

4 juillet 2009
Loin de l’agitaiton médiatique qui entoure les grosses écuries du nord de l’Italie, le Palermo se prépare à reprendre l’entraînement. À sa tête, un nouvel entraîneur, Walter Zenga, qui a effectué le court chemin depuis Catane pendant le mercato. Il y a un an, alors en plein stage avec le Catania, l’ancien gardien avait reçu So Foot pour causer ballon…

Quelle est votre philosophie pour entraîner votre équipe ?
Ma conception demeure la plus simple du monde : jouer au football et s’amuser, rien de plus, rien de moins. On a perdu cette façon d’envisager le métier ces derniers temps. Le football d’aujourd’hui est devenu un sport plus global dans lequel un milieu de terrain doit savoir défendre, contre-attaquer, manier le ballon, partir seul en pointe. Le football d’avant ne ressemblait pas à ça –et c’est plus de ce football là que j’essaie de m’approcher. Une défense bien organisée et compacte, un milieu de terrain dynamique et utile et une attaque, euh (il réfléchit), cynique (sic). Voilà ce qui me plait ! Et 80 % de mon travail, c’est le ballon. Je considère que le meilleur entraînement, c’est le match. Le meilleur moyen, selon moi, d’atteindre ta meilleure condition physique –mais aussi psychologique. J’ai un programme d’entraînement qui est particulier : je fais deux jours d’entraînements et puis le troisième et le quatrième jour, deux matchs. Et ainsi de suite. Le tout avec un système de rotation et un minutage extrêmement précis, ce qui fait qu’à la fin, je disposerai d’un groupe de seize joueurs avec 500 minutes dans les jambes.

Vous avez beaucoup aimé travailler avec Thomas Rongen…Qu’est-ce qu’il y avait de si fantastique chez lui ?
Le rapport avec les joueurs. C’est ça qui fait la différence chez un entraîneur. Aujourd’hui, nous sommes –enfin, ils sont, et je dis « ils » car je n’ai pas suivi de formation classique pour exercer cette profession (sic)– tous aussi bons les uns que les autres d’un point de vue didactique. Quand tu sors d’une école d’entraîneur –et en Italie, nous sommes très bien lotis– tu es très bon. Le 4-3-3, les mouvements sur le terrain, tout ça n’a plus de secret pour toi mais on ne t’apprend pas à gérer un groupe de vingt-cinq à trente joueurs. Il est une chose de savoir lire diverses choses « didactico-statistiques » (sic), il en est une autre de savoir transmettre des messages pendant un match à ton équipe. À la fin, la différence entre un entraîneur et un autre se fait là-dessus : dans la faculté à saisir la tension du groupe.

Certains coachs disent s’adapter au groupe dont ils disposent ; d’autres comme Sacchi considèrent que ce sont les joueurs qui doivent s’adapter à son système. Vous choisissez quelle option ?
On parle là d’un des plus grands personnages de l’histoire du football. Si tu interviewes dix entraîneurs différents, tu recueilleras dix réponses différentes. Chacun de nous a sa personnalité. Au cours des ans, j’ai changé de système de jeu plusieurs fois. La base a toujours été le 4-4-2 parce que c’est le système le plus facile à assimiler et qui crée le moins de problème de couverture. Mais avec les ans, si le 4-4-2 ne fonctionne pas, tu es obligé de changer. Je retiens surtout qu’un entraîneur doit être capable d’utiliser tous les systèmes de jeu, sinon ce n’est plus un entraîneur.

Lors de votre premier match avec le Catania contre le Napoli en avril 2008 (3-0), votre équipe jouait en 4-1-4-1...
Je n’aime pas trop parler de ces choses, je ne suis pas féru de tactiques et de tous ces chiffres. À ce type de question, je peux répondre : qui avait le ballon ? Moi, eux, nous ? Aujourd’hui, les chiffres n’existent que pour être discutés de manière folklorique comme nous le faisons actuellement. Le football n’est pas un sport abstrait, c’est un sport dynamique. C’est clair qu’au départ, il faut théoriser un minimum la position sur le terrain. Untel doit s’occuper de l’aile droite, un autre du côté gauche… Mais il y a toujours une situation dynamique durant laquelle ce système s’efface de lui-même pendant les matchs. Selon moi, le meilleur entraîneur est celui qui modifie son système sans que les autres s’en aperçoivent. Surtout, je dois faire en sorte que mes joueurs aient confiance en eux. Du premier au vingt-quatrième de mes joueurs. Il est possible que le vingt-quatrième joueur entre en jeu lors d’un match décisif... Si je ne lui ai pas donné cette foi en lui pendant un an, comment aura-t-il l’impression que je lui fais confiance pour 90 minutes ? Moi, j’ai une idée : j’ai trois mois pour faire adopter et mémoriser à mon équipe différents schémas que mon adversaire comprendra tout de suite en regardant des cassettes. En fait, je n’invente rien.

Ca ne vous ennuie pas de penser qu’il n’y a plus rien à inventer, qu’il est impossible de révolutionner le football ?
Non, parce qu’il y a toujours ses connaissances à améliorer. On peut toujours progresser soi-même. Quand je te dis qu’il n’y a plus rien à inventer, cela ne veut pas dire que l’on devient aussi inutiles que des assiettes (sic). Inventer, non, corriger, rénover, oui. Personnellement, je suis quelqu’un qui étudie surtout son équipe. Je ne regarde pas beaucoup mes adversaires. Dans un football aussi grand et varié, je peux étudier les adversaires autant que je veux, si le matin l’équipe contre laquelle je vais jouer décide de changer son onze de départ… Regarde l’Inter : si pendant une semaine, j’entraîne mon équipe à contrer Zlatan et que le jour du match, il ne joue pas, je fais quoi ? Je pense qu’il est mieux de baser 80% de mon travail sur ma propre équipe et de laisser 20% sur l’étude de mes adversaires.

Lucas Duvernet-Coppola




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