Walter, le vrai Gronaldo

Oubliez Fred, Seedorf ou Ronaldinho. Le meilleur joueur actuel du championnat brésilien, c'est Walter, un attaquant gras comme un cochon, mais qui plante comme un sagouin. Bon appétit.

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Rond comme un ballon, il enfile les pions comme Pac-Man gobe les pixels. À côté de lui, Jean-Claude Darcheville passerait presque pour un anorexique. Et pourtant, malgré son embonpoint, Walter marche sur l'eau et fait frémir les défenses brésiliennes avec sa frappe de mule. Grâce à lui, les Verts de Goias se mettent à revivre leurs plus belles heures, comme du temps d'Alex et Aloísio. Le club de la région centrale est en demi-finales de la Coupe du Brésil et pointe en cinquième place du championnat, aux portes de la Libertadores. Avec 12 pions et 6 passes décisives, Walter est responsable de près de la moitié des buts de son équipe. Ce qui étonne le plus chez lui, c'est sa vivacité. Rapide, puissant, bon dribbleur, il a toutes les qualités de la Darch', mais il mérite encore plus le surnom de Gronaldo. Comme le «  Fenômeno » en fin de carrière, cet attaquant XXL de 24 ans a une vision de jeu exceptionnelle, une conduite de balle raffinée, et surtout, c'est un tueur devant le but. Akhénaton pourrait dire de lui : « Il est peut être trop gros, mais putain qu'est-ce qu'il tue sous les poteaux !  »

Son entraîneur est encore celui qui en parle le mieux. « Je le suis depuis 2007, quand il jouait chez les moins de 20 ans de l'Internacional. J'ai tout de suite vu qu'il avait du talent, et surtout une vraie intelligence de jeu. Ce qui m'impressionne le plus, c'est sa capacité à voir les actions avant les autres et sa qualité d'exécution. Il est capable d'enchaîner les transversales de 30, 40 mètres avec une précision chirurgicale  » , décrit au micro de Sportv Enderson Moreira, qui a eu le mérite de remettre le joueur sur le droit chemin alors que sa carrière partait à la dérive.

Une enfance entre faim et violence

Prêté à Goias par Porto, il ne s'est jamais imposé du côté du stade du Dragão. Débarqué au Portugal en 2010 en provenance de l'Inter de Porto Alegre, il est barré à cause de ses problèmes de poids et n'a pas la tête au foot. Il passe son temps entre le centre d'entraînement et l'hôpital, pour rendre visite à sa petite fille. Pesant tout juste 760 grammes à la naissance, Catarina Vitória passe ses trois premiers mois entre la vie et la mort. «  Il était très angoissé. Parfois, pour ne pas dormir tout seul, il allait chez Hulk, qui nous a beaucoup aidés et faisait les navettes avec lui jusqu'à l'hôpital  » , raconte sa femme, Vanessa, au site brésilien Globoesporte.

Depuis qu'il est venu au monde, Walter n'a pas été épargné par les drames. À six ans, il a vu son grand frère criblé de balles dans un bus, victime d'un règlement de compte entre bandes rivales. Ses premières frappes dans un ballon, il les a faites dans le quartier de Coque, coupe-gorge coincé au bord d'un ruisseau putride non loin du centre de Recife. Le minot est benjamin d'une fratrie de six enfants, dont tous les garçons ont leurs prénoms qui commencent par W : Walter, Wandeork, Waldex et Waldemir, qui a connu la triste fin décrite plus haut. Plus d'une fois, il a dû interrompre ses parties de foot et se réfugier chez des voisins pour éviter les fusillades. Sa mère, Edith, vendeuse de parfums au porte à porte dans la favela, a du mal à joindre les deux bouts et la nourriture manque souvent à table.

Soda et biscuits fourrés

Pour certains observateurs, c'est ce qui explique pourquoi il se venge aujourd'hui en mangeant n'importe quoi. Les mauvaises langues disent qu'il s'enfile deux litres de soda et trois paquets de biscuits fourrés par jour. « Walter mange peu au déjeuner, peu au dîner, mais son problème, c'est le souper. Il grignote plein de cochonneries le soir » , avoue Enderson Moreira. C'est lui qui a insisté pour le rapatrier alors qu'il se morfondait au Portugal. Il avait déjà été prêté au Cruzeiro, mais l'expérience avait tourné court. Enderson est l'un des premiers à comprendre que le physique de Walter n'était pas forcément un obstacle. « Il est naturellement plus large que long, plaisante le coach, mais il sait tirer parti de son surpoids. Il l'utilise pour avoir plus d'assise sur le terrain. Peu de joueurs arrivent à le battre dans les duels. Il est bien campé sur ses appuis, protège très bien la balle.  »

Avec son profil commun, le numéro 18 de Goias est devenu la coqueluche des médias brésiliens. Certains disent qu'avec quelques kilos en moins, il aurait sa place au sein de la Seleção. Aux côtés de Neymar la crevette, ça ferait un sacré contraste. Avec 1m76 m sous la toise, Walter accuse au moins 93 kg sur la balance, mais son poids est aussi variable qu'inavoué. « C'est un secret d'État, s'amuse son préparateur physique Robson Gomes. C'est clair que son taux de graisse est largement supérieur à la moyenne des sportifs de haut niveau, mais au niveau de la masse musculaire, aucun joueur de Goias n'arrive à sa cheville » , précise-t-il. Avec les prénoms de sa maman et de son petit bout de chou tatoués sur les avant-bras, c'est surtout un grand sensible, qui croque la vie à pleines dents après des années de galère.

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Par Louis Génot, à Rio de Janeiro
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Prospère Mulenga Niveau : CFA
Juste le wesh gros m'a fait rire ;)
"Le meilleur joueur actuel du championnat brésilien, c'est Walter, un attaquant gras comme un cochon, mais qui plante comme un sagouin" aaaahahaahahaha mon dieu vous profitez de mon état de faiblesse post-cuite pour m'achever, c'est pas cool les gars.

Bon, maintenant, lisons l'article.
"Les mauvaises langues disent qu'il s'enfile deux litres de soda et trois paquets de biscuits fourrés par jour"

Pour ce qui est du soda ce n'est pas les mauvaises langues, ça vient du médecin de Goias himself.
labellisé "article so foot".

Merci les gus!

madjerinho Niveau : CFA2
Pour moi le fait que ce gars soit considéré comme un des meilleurs joueurs du championnat brésilien, ça fait surtout relativiser le niveau de ce championnat. N'en déplaise à certains.
RealYannito Niveau : DHR
Ba le bresil se cherche un nouveau ronaldo comme nous on cherche un nouveau zidane
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