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Wake up before you go go

Aujourd'hui, à 16h, l'Angleterre joue très gros puisqu'elle doit absolument vaincre la Slovénie pour se qualifier. Un défi compliqué face à des Slaves hermétiques au possible. D'autant que pour l'heure, Rooney and Co n'ont absolument rien montré. Et si c'était pour cet après-midi ?

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C'est quand même marrant. Tous les quatre ans, on nous refait le même coup, celui d'une Angleterre enfin prête à assumer son statut de favori et à gagner une deuxième Coupe du Monde. Et tous les quatre ans, patatra, Albion déçoit. Invariablement. Pour être tout à fait juste, il faut nuancer cette routine. Cette fois, les Three Lions ont ajouté quelques ingrédients nouveaux à cette énième chronique d'un échec annoncé, en amont et en aval. En amont, il faut bien sûr revenir sur l'arme absolue que supposait être Fabio Capello, une manière de réponse à un diagnostic à l'emporte-pièce qui consistait à expliquer que si les Anglais décevaient systématiquement, ce n'était pas faute de joueurs de classe mais faute d'un entraîneur à la hauteur. Et avec Capello, on allait voir ce qu'on allait voir. Ben, on est en train de voir et franchement, cela ne valait pas tout le tintamarre fait à ce sujet. Une déception (pour l'instant) qui impacte directement sur la petite nouveauté en aval évoquée plus haut : le risque d'échouer au premier tour d'un Mondial pour la première fois depuis 1958. Mais l'histoire n'est pas encore écrite et si l'Angleterre ne veut pas retomber dans ses travers des 50's (deux sorties au premier tour), il va falloir que Capello montre enfin de quel bois il est fait. Et ses joueurs avec.



La fronde menée par Terry



Oui, le mythique coach italien passe un véritable test actuellement. Et pas seulement sur le terrain. Pour la première fois depuis sa prise de fonction au lendemain de la qualification ratée pour l'Euro 2008, Capello est contesté à l'intérieur même de son groupe. Il faut dire que c'est dans l'air du temps, suivez notre regard. Ceci étant dit, il convient aussi de préciser que la fronde menée par John Terry ne ressemble en rien au comportement punk-rock de l'équipe de France. Il n'empêche, le capitaine de Chelsea n'a pas mâché ses mots avec l'air goguenard de celui qui se sait en position de force : « Si nous avons le sentiment que quelque chose doit changer, nous devons au pays et au sélectionneur de le dire. Si ça ne plaît pas au sélectionneur ou à tel ou tel joueur, qu'est-ce que ça peut faire ? » Les revendications de l'ancien skipper de la sélection : le passage du 4-4-2 à un 4-2-3-1 avec, à la place de Heskey, Joe Cole, « le seul attaquant avec Rooney capable de faire quelque chose » , et le retour de Gerrard dans l'axe plus près de la pointe, Lampard et Barry se chargeant de la récupération. Certes, Terry a été repris de volée par Capello mais le message est passé car le Transalpin devrait effectivement procéder aux changements demandés.



Câlinothérapie à prévoir



Cette réorganisation porte en elle deux bonnes nouvelles et une mauvaise. Du point de vue de l'animation tout d'abord, ce 4-2-3-1 devrait en effet permettre d'apporter plus de variétés de coups (enfin deux côtés vraiment animés), plus de percussion avec la force de perforation de Gerrard et sans doute plus d'efficacité avec Rooney en vraie pointe, comme à MU cette saison. Sur le plan de la confiance, ce retour des tauliers dans la réflexion collective est un bon début de réponse à Capello qui s'étonnait que ses joueurs soient aussi écrasés dès lors qu'ils revêtent le maillot blanc brodé des Trois Lions. En revanche, la sortie de Terry pourrait bien diviser le groupe. Certes, l'urgence de la situation a obligé le défenseur des Blues, sans doute soutenu par les autres cadres, à tailler dans le vif. Mais, en signifiant implicitement que sorti de Joe Cole, les autres offensifs n'étaient que des tocards, Terry les a mis hors-jeu, dans la compo d'équipe comme dans la vie de groupe. Or, on ne gagne jamais une Coupe du Monde à onze et il faudra une sacrée dose de câlinothérapie pour recoller les morceaux.



Préparation lourde ou véritable usure ?



Bon, cela signifierait aussi que l'Angleterre a passé l'écueil de la Slovénie. Un drôle d'adversaire qui n'a de slave que son appartenance passée à la défunte Yougoslavie. Pour le reste, Birsa et ses potes puisent davantage leur culture de jeu chez le voisin allemand. Ah ça, pour être organisés, physiques et rigoureux, les Slovènes se posent là. Déjà économe de ses élans offensifs, la bande à Matjaz Kek, forte de ses quatre points, peut se contenter d'attendre un nul, comme la promesse d'un casse-tête pour cette Angleterre si emmerdée quand elle doit faire le jeu. Une équation à deux inconnues en vérité. D'une part, on s'interroge sur la capacité technique de Gerrard et cie à créer collectivement et non pas sur un contre ou un exploit individuel, comme autant de situations bien trop circonstancielles pour bâtir une stratégie dessus. Et l'autre interrogation porte sur la fraîcheur des Brits. Faut pas se mentir, pour l'heure, Lampard est porté disparu, Gerrard tire la langue et Rooney a envoyé à sa place son cousin tétraplégique. Une question pour deux hypothèses : soit Capello a élaboré une préparation de malade et la montée en puissance n'est pas encore optimale, soit les Anglais sont cuits durs, rincés par une saison infernale qui s'ajoute à plusieurs autres qui ont peut-être essoré pour de bon la fameuse génération dorée, peut-être déjà en bout de piste. D'une certaine façon, le match de cet après-midi face à la Slovénie dira bien évidemment l'avenir de l'Angleterre dans ce Mondial mais peut-être un peu plus encore sur son futur.

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