CUSTOMISATION    
«Le football n’a aucun secret, il faut juste savoir réfléchir» Valeri Lobanovski (footballeur soviétique)
2010 - Barrages - France/Eire (1-1)

Voyage au bout de la nuit

AS Saint Etienne   Equipe de France   Hugo Lloris   Lassana Diarra   Olympique lyonnais   Thierry Henry  

19 novembre 2009
La France est finalement qualifiée mais revient vraiment de nulle part. Archi dominée par une équipe irlandaise particulièrement vaillante, les Bleus s’en sortent miraculeusement, voire minablement, après une rencontre désastreuse et grâce à un but volé. Ou les joies du Win Ugly...

Du sang sur le dance floor. 5 minutes de jeu, et le visage de Julien Escudé, titularisé à la place d’Eric Abidal, est déjà ensanglanté, après un choc avec... Patrice Evra. Le ton est donné et tout le match résumé dans ce fait de jeu. Les Irlandais sont déjà dans le camp français. Escudé sort pour son coéquipier à Séville, Sébastien Squillaci. Puis c’est au tour de Bacary Sagna de saigner à son tour, sa lèvre inférieure est touchée, sans gravité. La France saigne ; elle est dominée, bousculée et ne relève pas le défi physique. Les Irlandais jouent sur les (relatifs) points faibles adverses : la défense centrale et celle de Bacary Sagna. Alors Lloris enchaîne les bonnes interventions et la France n’arrive pas à sortir les ballons proprement. Elle ne s’en sort d’ailleurs pas tout court, et ce qui devait arriver arriva : Duff fait l’amour à Sagna avant de centrer en retrait, Robbie Keane reprend au point de pénalty, plat du pied, but. L’égalité est maintenant parfaite entre les deux équipes mais la peur est dans le camp bleu. Ou le syndrome de l’équipe plus forte que son adversaire, mais qui n’arrive pas à le prouver, face à une formation plus volontaire, organisée et affamée qu’elle.

Ainsi, sur les seconds ballons comme les duels, les Irlandais sont en avance. La France se voit alors obligée de se précipiter, de jouer en percussion, de prendre des risques sur les transmissions. Le pressing vert est intense et les occasions françaises inexistantes. La France ne parvient pas à mettre la balle à terre. Longs ballons ou tentatives aussi vaines que vulgaires de passer par les ailes, avec Anelka et Henry. Heureusement pour la France, les Irlandais sont un peu lents et empruntés en attaque, et n’arrivent pas, malgré plusieurs opportunités de le faire, à tuer le match. La France a la tête sous l’eau, complètement sous pression. Les Bleus semblent vouloir mieux faire, il faut dire que pire serait difficile, mais n’y parviennent absolument pas. L’absence de jeu est effarante. Gourcuff est donc inutile, Henry mauvais et Gignac maladroit.

Au vrai, toutes les carences possibles de l’Edf se sont révélées durant cette première mi-temps. Défense fébrile, manque de poids à la récupération, impossibilité de contrôler les événements, de résister à la pression adverse, à croire que comme au bon vieux temps "qui c’est les plus forts, évidemment c’est les Verts" et à se demander si les Bleus ont vraiment envie d’y aller. En tout cas, les Irlandais, eux, à fond, et ça se voit. Après le match aller, on se disait que la France n’avait finalement pas grand chose à craindre, que l’Irlande n’était pas si forte que ça. Si la France avait peut-être trop peur de l’Irlande avant le match aller, suite à la victoire en Irlande, elle s’est vu trop vite arrivée. Aujourd’hui, la France est archi-dominée dans tous les domaines et a intérêt de se ressaisir.

Sauf qu’à peine la seconde mi-temps entamée, c’est O’Shea qui fout une frousse bleue à tout un pays, sur un coup franc, en se retrouvant étrangement seul au deuxième poteau. D’ailleurs Gallas engueule Squillaci. Le pressing irish continue, la fébrilité française aussi. Sur un centre irlandais, Robbie Keane tombe devant Gallas, mais pour rien.

Les Français sont en dessous de tout. Ainsi, au vu de sa performance du soir, Gignac ne mérite même pas qu’on le critique, Henry joue avec les mains dans les poches, Anelka est davantage en vue mais, vu comme il joue ce soir, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Pas la peine de continuer à énumérer les médiocres performances hexagonales. C’est simple : les joueurs de l’EDF se tirent les uns les autres vers le bas. Toujours aucune occasion française, et une équipe qui a comme seul espoir d’espérer que son adversaire ne marque pas. Vraiment, à moins d’un miracle, la France semble très très loin de pouvoir égaliser. D’ailleurs, à la 54è minute, on s’aperçoit enfin que l’Irlande joue avec un gardien de but. En revanche, il est temps de lancer un avis de recherche : recherche attaquant français répondant au double prénom de Henry Thierry, aurait pour la dernière fois été vu dans le tunnel du Stade de France, merci d’appeler la FFF si vous le voyez.

Le (non) match continue, et l’EDF n’en finit pas de prendre l’eau au milieu. Elle aurait bien besoin d’un milieu défensif de plus. Ok, la priorité est de marquer, mais la France est surtout proche d’en encaisser un deuxième. Aussi, son sélectionneur fait le choix du juste milieu avec l’entrée de Sidney Govou pour Gignac (qui a peut-être perdu sa place de titulaire ce soir), Anelka passe en pointe.

Depuis l’entrée du Lyonnais, ça va un peu mieux. La France avance, et se fait évidemment prendre en contre. Duff plein axe oblige Lloris à un très bel arrêt pour sauver son camp (même s’il faut dire que Duff lui a quelque peu tiré dessus). L’Irlande a repris les choses en main. Les deux Diarra continuent d’être étouffés, et le jeu offensif faible. Aucun échange entre Evra et Henry, des latéraux inutiles offensivement, une France complètement sous pression et sans solution. Alors Anelka passe à gauche, Henry devant, et en face O’Shea sort pour Mc Shane.

Suite aux changements, le rythme retombe un peu. Et Lassana Diarra est toujours absent des débats. Un constat : depuis des mois, toute l’Equipe de France a été organisée pour faire jouer Thierry Henry à gauche, et là, alors qu’elle joue ses minutes les plus décisives, Henry est placé en pointe. Las, l’Irlande continue d’être menaçante. Sauf que Robbie Keane en fait trop : alors qu’il n’avait plus qu’à composter le billet irlandais pour l’Afrique du Sud, il essaie de dribbler Hugo Lloris et pousse trop loin son ballon. Les Irlandais ont raté le coche mais ne démontent évidemment pas pour autant, défendent très bien, et jouent le plus franchement possible vers l’avant.

Ah tiens, Thierry Henry est toujours sur le terrain et c’est Gourcuff qui sort, sous les sifflets, pour les cheveux de Malouda. Incursion irlandaise au milieu d’une défense française pétrifiée. Et tout va mal, Lassana assure mal sa passe et remet Robbie Keane en jeu. Heureusement pour la France, sa frappe passe à côté du cadre. La France essaie de toutes ses forces de marquer, mais toutes les forces de cette équipe, ce soir, ce n’est pas grand chose : une action chaotique qui se finit par un centre à ras de terre d’Henry sur Shay Given. Prolongations.

Et la suite est connue de tous. La France s’en sort finalement, par la plus petite des portes. La France se qualifie pour la Coupe du Monde, comme elle le mérite : grâce à un but contre le cours du jeu, sur une action entachée d’un hors-jeu et d’une main de Thierry Henry. Un grand bravo aux Irlandais de ne pas s’en être pris à l’arbitre à la fin du match ; tout est bien qui finit bien...

Simon Capelli-Welter




Envoyer     Partager Bookmark and Share               Réagissez       En parler sur le forum

Pour poster un commentaire : Identifiez vous | Inscrivez vous

elliott_wenger   19 novembre 2009 09:07
Henry est un genie !!

madbat   19 novembre 2009 09:46
"a f... disgrace" !!!!! heuresement que Drogba n'est pas Irlandais - bravo de noter que personne n'a essayé du coté des verts d'étrangler l'arbitre ; imaginez l'inverse, main Irlandaise...Ce matin on ne parlait plus d'Europe , un blocus anti-suédois aurait été mis en place ; Ikéa saccagé ... . Le match : à part Lloris qui mérite lui d'avoir 1 billet payé pour l'AFSUD ;on nous a encore refilé Evra frère ,Diarra ,le grand à déteint sur le petit et ça c'est difficile de faire pire ; comme Dunne est à City , hein Mr T.Roland.. on a eu le Henry qui joue à la Juve ; Gignac s'aperçoit que la défense de Grenoble n'est pas la plus forte d'Europe, Gourcuff , après 3/4 bons tampons ne tient plus sur ses canes.Qui d'autre ? Malouda ? Sagna ? Squilacci ? bof bof bof voir beurk ; reste Anelka et Govou, allez pour la forme ça passe. Sur le banc, on ne porte pas le costume de la même façon en Italie et chez nous... les commentaires horrible de TF1 ; "main main ..." clame C.Jeanpierre alors que la balle est sur la cuisse , le gars au bord du terrain "le banc Français est plus mal traité que l'Irlandais ; il a insulté un ramasseur de balle..." ben voyons ,ça comme commentaires c'est de l'identité Française. On aurait mieux fait de siffler la Marseillaise (Mr Le Président a bien pris soin d'arriver après les hymnes ) comme ça Mr.Fillon faisait évacuer le stade (comme il l'a préconisé en cas de sifflement de l'hymne national) et on n'avait pas à subir cette honte !!!

maxx1377   19 novembre 2009 11:42
La France a davantage gagné sur sa réputation que sur son jeu. Comme si c'était dans l'ordre des choses que la France se qualifie, l'arbitre valide un but entaché de deux fautes et les Irlandais acceptent sans coup férir. C'était dans l'ordre des choses cette qualification.

barzou   20 novembre 2009 07:40
Devant sa téloche, le dieu de la Chagatte se faisait gravement chier. Malgré ses 360 chaînes, il n'avait rien à se mettre sous la dent même pas une reddif de desesperate Housewise ou de Questions pour un champion. S'apprêtant à pisser sur son kit satellite et à brûler sa télécommande, il tomba soudain sur le match France-Irlande. Tiens, tiens, se dit-il, voilà qui est intéressant. Il avala une soixantaine de M&MS puis décida d'aider les joueurs bleus car il aimait bien cette couleur, elle lui rappelait le sein maternel ainsi que la fumée de la pipe de son grand-père après qu'il eut fait l'amour avec une vingtaine de vierges, fumée qui le fascinait. Il se gratta les couilles (c'est ainsi que le dieu de la Chagatte déverse son pouvoir) afin que les joueurs bleus marquent un but en première mi-temps. Hélas, ses favoris n'attaquèrent pas du tout pendant les quarante cinq premières minutes. Déçu, le dieu de la Chagatte alla évacuer les 25 litres de bière qu'il avait ingurgité pendant l'intermède publicitaire hystérique et gueulard (voiture, rasoir, gel douche, revoiture, déodorant, regeldouche…). Il se dit que la tâche allait être difficile pour faire gagner ses joueurs bleus. Il sentait la peur en eux. Et puis aussi peut-être l'étrange tenue moulante qu'ils portaient entravait leurs mouvements. Heureusement, comme il était prévoyant, le dieu de la Chagatte avait effleuré de sa couille droite le goal de l'équipe bleue afin qu'il soit imbattable. La deuxième mi-temps se déroula comme la première. Les joueurs verts en dominant outrageusement le match semblaient défier directement le dieu de la Chagatte, ce qui le mettait hors de lui. A la 90ème minute, ses couilles étaient rouges à force de grattages vains. Les joueurs bleus foiraient absolument tout. Plus pieds carrés on pouvait pas. Le dieu de la Chagatte se demanda même si ce n'étaient pas des coiffeurs qui se trouvaient sur le terrain. « Voyons, voyons, comment vais-je faire pour les sortir de là » se demanda t-il. Ses couilles lui faisaient rudement mal. Il devait économiser ses grattages s'il ne voulait pas subir une opération. Puis il se souvint. Il se souvint de ce joueur petit gros argentin qu'il avait aidé quelques années auparavant. « Mais oui, mais oui ! » s'exclama t-il « pourquoi ne pas reproduire cette charmante astuce ! ». Et ce fut fait. A la fin du match, le Dieu de la Chagatte plongea ses couilles dans un bac à glaçons. Tout en poussant un long soupir de soulagement, il se jura de ne plus jamais soutenir l'équipe de joueurs bleus.