1. // 25 mai 2005
  2. // Finale de C1 Liverpool/Milan
  3. // Il y a dix ans...

Voir Istanbul, mourir et ressusciter

Il y a dix ans, le Milan perdait la finale de Champions League contre Liverpool. Le scénario incroyable de cette rencontre aurait ravagé n'importe quelle équipe, mais pas la génération Ancelotti capable de se reprendre en quelques semaines.

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Le scénario, tout le monde le connaît, inutile de le ressasser. Épargnons les supporters du Milan déjà mal en point, et qui, aujourd'hui encore, détournent très souvent le regard quand les images de cette finale défilent sur les écrans. Souvent cité comme le plus beau match de l'histoire de la Champions League, le peuple rossonero n'en tire aucune fierté. Et la revanche d'Athènes deux saisons plus tard n'a qu'en partie cicatrisé la blessure. Une décennie, ce n'est pas encore suffisant pour faire le deuil d'une telle désillusion, que ce soit pour les tifosi, les joueurs et l'entraîneur de l'époque. Mais paradoxalement, le Milan avait réussi à encaisser le coup et repartir de plus belle les saisons suivantes.

Cauchemars, nuits blanches et dépression


« Quand cette torture s'est terminée, nous nous sommes retrouvés dans les vestiaires : nous n'arrivions pas à parler et à bouger. Mentalement, nous étions au fond du trou. Et plus les heures passaient, pire c'était : insomnies, colère, dépression. On avait inventé une nouvelle maladie : le syndrome d'Istanbul » , raconte Andrea Pirlo dans son autobiographie. « Je ne me sentais plus joueur de foot. Pire, je ne me sentais plus homme, je n'osais plus me regarder dans le miroir. Je n'ai jamais revu ce match, cela fait trop mal. » Des mots forts mais tenus par tous les protagonistes de ce traumatisme lorsqu'ils sont amenés à en reparler. Pour passer outre, Gattuso avait tout simplement demandé à partir : « J'étais complètement perdu. Galliani m'a enfermé pendant sept heures dans la salle de trophées du club pour me convaincre de rester. »

Paolo Maldini, qui avait pourtant déjà donné avec la Squadra Azzurra avec des défaites aux penalties aux Mondiaux 90, 94 et 98 et au Golden Goal à l'Euro 2000 et à la Coupe du monde 2002, fut également très secoué : « J'ai repensé pendant plusieurs mois à cette défaite, j'étais convaincu que c'était ma dernière occasion de remporter une Champions League. » Le légendaire numéro 3 a également tenu à démentir une légende qui veut que lui et ses coéquipiers aient exulté dès la mi-temps : « La tension était très forte, on hurlait, Ancelotti nous a dit de nous taire pendant cinq minutes. » Ce dernier confirme dans son autobiographie : « On applaudissait, on essayait de se charger en énergie positive. J'ai laissé les joueurs se défouler, puis je les ai calmés. » Concernant le match en lui-même : « Je n'ai jamais revu la finale, car il n'y a aucun intérêt. Je n'en ressens pas le besoin. »

Des martyrs d'Istanbul aux demi-dieux d'Athènes


« C'est le puzzle le plus compliqué que j'ai eu à faire » , poursuit Carletto. Il ne lui faudra que quelques semaines pour l'assembler, car si le Milan est grand dans la victoire, il l'est tout autant dans la défaite, si ce n'est plus. Le groupe reste le même, à quelques petites exceptions près. Par ailleurs, cette génération avait déjà survécu à l'incroyable déroute contre le Deportivo en quarts de finale deux ans plus tôt (victoire 4-1 à San Siro, défaite 4-0 au Riazor). Un premier match permet d'exorciser le « syndrome d'Istanbul » dont nous parle Pirlo. En effet, cinq mois plus tard, les Rossoneri retournent dans la capitale turque pour y affronter cette fois Fenerbahçe en phase de poules de la Champions League. Shevchenko, qui avait loupé le penalty décisif contre Dudek, inscrit un quadruplé et anéantit les Stambouliotes lors de cette victoire 4-0. Après avoir écrasé le Bayern et sorti le meilleur OL de l'histoire, le parcours du Milan s'arrête en demies face au Barça de Rijkaard et Giuly, unique buteur sur les 180 minutes.

En championnat, et comme la saison précédente, c'est un mano a mano de très haute voltige avec la Juventus de Capello. Le Milan en sort encore perdant, mais inflige son unique défaite à la Vieille Dame en championnat. Un probant succès 3-1 à San Siro lors de la 10e journée alors que les Bianconeri viennent de remporter tous leurs matchs. Avec 88 points engrangés, les Rossoneri fixent le record, toujours valable, de meilleur dauphin de l'histoire dans les championnats à vingt équipes. Milan, géant aux pieds d'agile, mais au mental en béton armé. Lors d'un dernier baroud d'honneur, la génération Ancelotti s'offre une nouvelle épopée européenne et surtout une revanche inespérée face aux Reds. Le destin n'y est pour rien. Maldini, Nesta, Gattuso, Pirlo, Seedorf, Inzaghi, etc. Compétiteurs hors norme et leaders charismatiques, les martyrs d'Istanbul portent encore les stigmates de cette soirée de torture. C'est pour mieux se rappeler leur statut de demi-dieux. Blessés mais pas tués. Des défaites naissent les plus grandes victoires. Des tragédies sportives renaissent les plus grands héros.

Par Valentin Pauluzzi
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jesse pinkman Niveau : Loisir
surtout le quasi meme Milan bat liverpool 2 ans plus tard en finale de C1, avec un Kaka au sommet de son art lors des demi contre MU
Note : 1
La 1ère mi-temps du Milan AC est ce qui se rapproche le plus de la perfection, un niveau de jeu incroyable.
Bien content qu'ils se soient "vengé" en 2007
Juventine7 Niveau : CFA2
Superbe parcours, comme dit Jesse, l'aller contre United fut un match de très haute volée avec un duo Cr7-Rooney qui était beau à voir, par contre le retour fut un non match tant les Rossoneri étaient au dessus.
Putin 10 ans déjà, 10 ans pour passer du toit du monde au placard de l'Italie, quelle décadence, cest en partie de ta faute UrluBerlusconi.
"Avec 88 points engrangés, les rossoneri fixent le record, toujours valable, de meilleur dauphin de l'histoire dans les championnats à vingt équipes." Euh... Je suis à peu près sûr que TOUS les dauphins de liga ces dernières années (le Real quoi) finissent à + de 88 points.. Après un petit coup d'oeil, rien que cette année ils sont à 92 points..
georgesleserpent Niveau : Loisir
C'était le gros défaut du Milan d'Ancelotti: cette équipe avait énormément de mal face aux équipes qui lui imposaient un défi physique, qui ne se posaient pas de questions, et qui se donnaient corps et âme dans le match. Par exemple, on avait galéré comme des dingues face au médiocre Bayern de 2006-07, face à Lyon en 2005-06 ou justement face à Pool lors de ce putin de match à Instanbul.
Une incapacité à résister physiquement et à conserver un score.

Mais à part ça quelle équipe. Rien que le nom "Shevchenko" me donne envie de pleurer.

Et soit dit en passant, les équipes de 2005 et de 2007, si elles étaient proches sur le papier, étaient en réalité assez différentes: la cession de Sheva a entraîné le passage en 4-3-2-1 et l'explosion de Kaka, qui était LE joueur majeur de l'équipe, la star, l'élément déclencheur (certes soutenu par un collectif monstrueux derrière lui); il avait d'ailleurs atteint cette saison là (2006-07) un niveau que je n'ai juste pas revu depuis (y compris chez les 2 monstres).
En gros le Milan de 2005 était plus imprévisible et collectif, alors que le Milan de 2007 reposait plus sur un joueur. Mais ce joueur était tellement puissant que finalement l'équipe s'en est trouvée meilleure.
Valentin Pauluzzi Niveau : District
Message posté par Nobody1
"Avec 88 points engrangés, les rossoneri fixent le record, toujours valable, de meilleur dauphin de l'histoire dans les championnats à vingt équipes." Euh... Je suis à peu près sûr que TOUS les dauphins de liga ces dernières années (le Real quoi) finissent à + de 88 points.. Après un petit coup d'oeil, rien que cette année ils sont à 92 points..


En Serie A évidemment, le meilleur tous championnats (de Serie A toujours) confondus étant le Torino 76/77.
United310 Niveau : DHR
Message posté par Nobody1
"Avec 88 points engrangés, les rossoneri fixent le record, toujours valable, de meilleur dauphin de l'histoire dans les championnats à vingt équipes." Euh... Je suis à peu près sûr que TOUS les dauphins de liga ces dernières années (le Real quoi) finissent à + de 88 points.. Après un petit coup d'oeil, rien que cette année ils sont à 92 points..


Je me suis fait la même réflexion mais j'imagine qu'il parlait uniquement de la série A ;)
Le match le plus mystique de ma vie.

En 2007 le Milan gagne logiquement, alors que l'équipe de Liverpool était bien plus consistante qu'en 2005, sur le papier ça avait une putain de gueule.
Note : 1
@Georges

Le match de Kaka à Old Trafford omg...
Mine de rien sa carrière laissée un gros goût d'inachevé
Chimikhooney Niveau : Ligue 1
Message posté par georgesleserpent
C'était le gros défaut du Milan d'Ancelotti: cette équipe avait énormément de mal face aux équipes qui lui imposaient un défi physique, qui ne se posaient pas de questions, et qui se donnaient corps et âme dans le match. Par exemple, on avait galéré comme des dingues face au médiocre Bayern de 2006-07, face à Lyon en 2005-06 ou justement face à Pool lors de ce putin de match à Instanbul.
Une incapacité à résister physiquement et à conserver un score.

Mais à part ça quelle équipe. Rien que le nom "Shevchenko" me donne envie de pleurer.

Et soit dit en passant, les équipes de 2005 et de 2007, si elles étaient proches sur le papier, étaient en réalité assez différentes: la cession de Sheva a entraîné le passage en 4-3-2-1 et l'explosion de Kaka, qui était LE joueur majeur de l'équipe, la star, l'élément déclencheur (certes soutenu par un collectif monstrueux derrière lui); il avait d'ailleurs atteint cette saison là (2006-07) un niveau que je n'ai juste pas revu depuis (y compris chez les 2 monstres).
En gros le Milan de 2005 était plus imprévisible et collectif, alors que le Milan de 2007 reposait plus sur un joueur. Mais ce joueur était tellement puissant que finalement l'équipe s'en est trouvée meilleure.


Ah punaise ce Kaka, il s'était défait de MU tout seul comme si de rien était, c'était rageant non seulement il te gagne le match mais il fait ça avec une facilité... Vraiment je comprends pas ce qui lui est arrivé au Réal...
Très peu sont les joueurs qui m'ont fait autant vibrer que Vincent Guerin ou José Aloisio. Ce bon Vieux Luis Garcia fait partie de ceux là. Je ne regardais les matchs de Liverpool que pour le voir jouer et j'étais gai comme un pinçon quand je l'ai vu brandir la coupe au nez et à la barbe (même s'il ne l'avait pas encore) de Pirlo & co.
georgesleserpent Niveau : Loisir
Très clairement, Kaka a laissé sa trace sur le match face à MU à Old Trafford.

Ses deux buts sont dingues. Le premier où le mec t'enchaîne un contrôle orienté de 25 mètres puis une finition du gauche parfaite, le second où il ridiculise Evra et Heinze d'une façon magique....
Sans compter tous ses rushs, c'était assez dingue.
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Il y a un argument assez fallacieux dans le chapeau de l'article, je cite " Le scénario incroyable de cette rencontre aurait ravagé n'importe quelle équipe".

Et comment pourrait-on le savoir puisque ce scénario à ce niveau de la compétition n'a été subi que par le Milan AC ? C'est facile d'affirmer une chose qui ne s'est produit qu'une seule fois.

De plus,le Milan AC aurait beau jeu de se targuer de s'être remis de cette épreuve : avec le budget qui est le leur, ils n'allaient évidemment pas être traumatisés au point de glisser vers les profondeurs du classement de Série A, pour ensuite descendre à l'échelon inférieur et finir par un dépôt de bilan.

Ce n'est pas la première fois que les articles de Monsieur Valentin Pauluzzi laissent à désirer en ce qui me concerne.Je trouve qu'il écrit mieux sur calciomio.fr site dont la qualité a baissé au passage.J'aimais bien la période des trois années qui ont suivi le lancement de ce site, mais les articles DE FOND s'avèrent rares désormais.
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
Note : 1
10 ans après ce match, je reste persuadé que Smicer a entendu mon "TIRE TIRE TIRE !!!" au moment de frapper pour le second but. Quelle soirée, bordel
georgesleserpent Niveau : Loisir
J'ai pas bien compris le rapport entre le mental des joueurs et le budget du club. Les types viennent de subir l'humiliation de leur vie, et ils devraient aller mieux en pensant au budget du club ?
"-Merde, on s'est fait défoncer...;
-Roh ça va, oublie pas que Silvio fait de plus en plus de bénéfices...
-Ah ouais c'est vrai ! Bon bah ça va alors !"
Message posté par Cheric Zghemmfour
Il y a un argument assez fallacieux dans le chapeau de l'article, je cite " Le scénario incroyable de cette rencontre aurait ravagé n'importe quelle équipe".

Et comment pourrait-on le savoir puisque ce scénario à ce niveau de la compétition n'a été subi que par le Milan AC ? C'est facile d'affirmer une chose qui ne s'est produit qu'une seule fois.



ouahou ...
#jaimeenculerlesmouches, Acte I, scène I.
Milan_forza18 Niveau : CFA
Aller dans 2ans on revisera comme on le faisait il y a 5 ans le gitre en série A et la victoire finale en ldc Parce que Milan sera tjr le plus grand club du monde
You'll never walk without gerrard Niveau : CFA2
Putain Smicer! Le mec de bordeaux qui avait pas joue UN SEUL match de l'année, raffa le fait rentrer je me dis c'est fini et... BOUM!
Sinon le Milan était il est vrai énorme avec un gros mental et tout mais ce qui m'a le plus marque c'était leur élégance... À côté on passait pour des gros bourrins avec notre Xabi Alonso ;)
Ce qui est dur par-rapport à ce match, c'est que le scénario complètement improbable a fait oublié deux choses. 1 que sur le match, Milan mérite de s'imposer 100 fois mais surtout que 2, on avait là l'une des plus belles équipes du XXI ème siècle (ce troisième but...)
Message posté par Cheric Zghemmfour
Il y a un argument assez fallacieux dans le chapeau de l'article, je cite " Le scénario incroyable de cette rencontre aurait ravagé n'importe quelle équipe".

Et comment pourrait-on le savoir puisque ce scénario à ce niveau de la compétition n'a été subi que par le Milan AC ? C'est facile d'affirmer une chose qui ne s'est produit qu'une seule fois.

De plus,le Milan AC aurait beau jeu de se targuer de s'être remis de cette épreuve : avec le budget qui est le leur, ils n'allaient évidemment pas être traumatisés au point de glisser vers les profondeurs du classement de Série A, pour ensuite descendre à l'échelon inférieur et finir par un dépôt de bilan.

Ce n'est pas la première fois que les articles de Monsieur Valentin Pauluzzi laissent à désirer en ce qui me concerne.Je trouve qu'il écrit mieux sur calciomio.fr site dont la qualité a baissé au passage.J'aimais bien la période des trois années qui ont suivi le lancement de ce site, mais les articles DE FOND s'avèrent rares désormais.


Détends toi un peu l'ami, l'article est très bon ! Et concernant Calciomio si les sites amateurs avaient tous la même qualité le "journalisme" sportif en France serait déjà moins sale.

Bref sinon ce Milan était beau, était mystique, il me faisait aimer la vie et l'amour. Paolo roi de la nuit, roi de la vie !
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