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Vital N'Simba : « Alain Juppé a permis à ma famille d'avoir un logement »

Après des années de galères entre l'Angola, le Congo, Bordeaux et Guingamp, Vital N'Simba (vingt-trois ans) s'impose aujourd'hui comme l'un des meilleurs latéraux de Ligue 2 à Bourg-en-Bresse.

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Finalement, tu n’as pas été retenu avec la RD Congo pour cette CAN 2017, alors que tu faisais partie d’une pré-liste. Pas trop déçu ?
Forcément je suis déçu, c’est une grosse compétition pour nous, les Africains. Mais c’est le choix du coach, je l'accepte. Il y aura d’autres échéances, comme la qualification au prochain Mondial. Et puis, je ne suis pas sélectionné depuis longtemps. Je ne m’y attendais pas, j’ai été appelé pour la première fois pour le dernier match de qualifications. L’ambiance était extraordinaire, je n’avais jamais vécu ça. Surtout que c’était seulement la troisième fois que j’allais au pays, finalement. Quand j’habitais en Angola, tout petit, j’y suis allé vers mes quatre ans. Ensuite, je suis parti en France et j’ai pu y retourner seulement une fois à dix-sept ans. J’ai encore de la famille là-bas, donc j’ai pu aller leur rendre visite après le match.

C’est vrai que tu es né et que tu as passé une partie de ton enfance en Angola. Tu aurais pu choisir cette sélection. Pourquoi avoir opté pour le Congo ?
Tout bêtement parce que c’est le Congo qui m’a montré de l’intérêt en premier. Je me suis toujours dit que la sélection qui venait vers moi en premier et qui me faisait sentir qu’elle me voulait aurait la priorité.

Ta famille a été forcée de fuir l’Angola quand tu avais six ans. Pour quelles raisons ?
« On a dû quitter le pays, car mon père avait des problèmes avec le gouvernement angolais. Il travaillait pour la garde présidentielle. Il avait perdu une cargaison, et on le soupçonnait de l’avoir détournée volontairement. »
On a dû quitter le pays, car mon père avait des problèmes avec le gouvernement angolais. Il travaillait pour la garde présidentielle. Il avait perdu une cargaison, et on le soupçonnait de l’avoir détournée volontairement. Alors pour éviter de terminer sa vie en prison, ou même de se faire tuer, il a décidé de partir. On est d’abord partis en Italie, on est resté deux-trois jours à Rome, et puis on a pris le train jusqu’à Toulouse. Là-bas, il y avait le grand frère de mon père qui nous a accueillis quelques mois. Puis on a beaucoup vagabondé d’hôtels en foyers. Après, on a fait une demande d’asile de réfugiés politiques dans un autre foyer à Bordeaux, on a été acceptés et on est restés quatre ans.

Vous avez fini par obtenir les papiers à ce moment-là ?
En fait, pendant ces quatre ans au foyer de Bordeaux, j’ai eu un petit frère. Et malheureusement, il s’est retrouvé handicapé moteur et cérébral à l’âge d’un an, à cause d’une méningite. C’est terrible à dire, mais c’est grâce à lui que l’on est encore en France. On devait retourner en Angola, mais sa grave maladie a dissuadé l’administration française de nous renvoyer. Les soins au pays n’auraient pas été suffisamment au point. Les médicaments, les hôpitaux, tout ça, ils n’auraient pas pu le prendre en charge. Si la France nous renvoyait en Angola, elle signait son arrêt de mort, quelque part. Du coup, on a pu resté, on a changé de foyer, et puis au bout d’un an, le maire de Bordeaux Alain Juppé a écrit une lettre pour nous permettre d’avoir un vrai logement et les papiers.

C’est lourd un tel quotidien pour quelqu’un d’aussi jeune. Comment tu faisais pour extérioriser tout ça ?
Le football. Heureusement, j’avais le foot pour penser à autre chose. Après, je ne vais pas me plaindre, c’était surtout dur pour mes parents. Ils ont cravaché, se sont reconvertis pour vite trouver du travail. Mon père est maçon et ma mère était soignante auprès des personnes âgées. Aujourd’hui, elle fait le ménage dans un hôpital. Heureusement que l’État nous aidait à financer les soins de mon petit frère et l’école. On voulait un kiné à domicile pour l’aider à marcher et le faire progresser dans sa rééducation. Mais ça coûtait plus cher forcément, et dès que j’ai eu seize ans et mes premiers salaires de jeune à Bordeaux, j’ai pu les aider du mieux que je pouvais.

On ressent beaucoup de gratitude de ta part pour ton pays d’adoption.
Carrément. Honnêtement, je ne sais pas si dans un autre pays, on aurait eu cette chance-là. On est très chanceux d’avoir vécu en France. Si on en est là aujourd’hui, c’est grâce au maire de Bordeaux. Je me sens à la fois angolais, congolais et français. Mes parents et moi, on se sent comme ça. Et mes petits frères sont complètement français, sachant qu’ils sont nés ici.

Quand tu es entré au centre de formation de Bordeaux, tu mangeais pas mal d’heures de bus pour aller aux entraînements.
Oh que oui. La première année où j’ai signé à Bordeaux à seize ans, je ne pouvais pas intégrer le centre, car il n’y avait plus de place. Ils m’ont mis en sport-études à Mérignac. Entre-temps, je faisais quarante minutes de tram tous les jours pour aller au lycée depuis le quartier de la Bastide où j’habitais. Le premier mois, j’avais perdu quatre kilos. Du coup, mon entraîneur a dit stop. On a trouvé une autre solution. Je venais en bus jusqu’au Haillan le matin, je faisais l’entraînement, puis je partais en bus dans le même lycée que les autres. Et puis dès que les cours étaient terminés, un taxi venait me prendre et me ramenait en bas de chez moi. Tous les jours.

Il paraît que tu étais difficile à vivre quand tu étais jeune...
On m’a beaucoup reproché d’être une tête à claques (rires). J’avais beaucoup de talent, mais je ne l’exprimais pas comme les coachs le voulaient. Je recevais beaucoup de critiques, on me rabâchait : « Tu dois faire mieux, tu dois aider les autres. » J’étais susceptible, ça me saoulait. « Pourquoi tout le temps moi, pourquoi c’est pas les autres qui doivent faire les efforts ? » J’étais nonchalant aussi. En étant très honnête, je me demande comment Bordeaux a fait pour ne pas me virer la première année (rires)! Franchement, j’étais terrible, je m’en rends compte maintenant. Quand j’étais jeune, je n’étais vraiment pas facile à gérer. Je jouais seulement quand j’en avais envie. Dès que je ne touchais plus trop le ballon ou qu’un de mes coéquipiers manquait une passe, je pouvais vite sortir de mon match.

Du coup, Bordeaux ne t’offre jamais de contrat pro, et tu finis par partir. Comment tu réagis ?

« Francis Gillot me trouvait encore trop instable et a refusé de me faire signer pro. »
Honnêtement, je pensais que j’allais signer. Je sortais de deux années de réserve, j'en étais le capitaine, ça commençait à parler de moi au Haillan. Mais Francis Gillot me trouvait encore trop instable et a refusé de me faire signer pro. Bordeaux voulait quand même me garder, mais je me suis braqué. Alors je me suis barré à Guingamp. Et cette année a été très compliquée. C’était la première fois que je quittais ma famille. J’habitais tout seul, je n’étais vraiment pas bien. Et ça s’est ressenti encore une fois sur mon comportement. À l’entraînement, je n’avais pas envie, j’étais un peu dans le bad. Pourtant, le coach de la réserve a tout fait pour moi. Il a beaucoup parlé à Gourvennec pour que je signe pro. Mais il n’était pas chaud. Il savait que j’avais du talent, mais encore une fois, il n’appréciait pas mon comportement. Il avait peur que je nuise au groupe.

Tu es très lucide sur ton attitude à ce moment-là de ta carrière. Comment tu l’expliques ?
C’est simple, j’avais une obsession : signer ce foutu contrat pro le plus tôt possible (rires). J’étais très impatient, parce que j’avais une famille derrière à aider. Quand mes parents étaient en manque d’argent, je leur en envoyais. J’en envoyais aussi à la famille restée au pays. C’est pour ça, dès que j’ai vu que ça bouchait à Bordeaux pour ce contrat pro, je suis vite parti pour essayer de signer ailleurs. C’est dur parce du coup j’ai vu des mecs qui étaient avec moi en jeunes et qui ont fini par signer pro. Tu te dis : « Aaaah j’aurais peut-être dû patienter. » Mais dans la vie, je ne regrette jamais rien. J’ai pris ma décision, chacun a son parcours.

À Guingamp, ça ne fonctionne pas non plus. Tu dois tout recommencer à zéro. À ce moment-là, tu te mets à douter ?
Franchement, l’échec de Guingamp m’a fait très mal. Je me suis retrouvé sans rien. J’étais allé faire un essai à Dijon, mais c’était tronqué, j’étais à moitié blessé. J’étais perdu. Mon père était très déçu de moi. Il savait que j’avais le potentiel pour passer pro, mais que je n’avais pas le bon comportement. Ça m’a fait mal au cœur de le décevoir. C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je change. Le prochain club, il fallait que ça marche absolument.

Comment tu t’es retrouvé à Bourg-en-Bresse ?
Mon agent m’a décroché des essais à Strasbourg. Je suis resté une semaine et je devais signer, mais Luçon m’appelle à ce moment-là et me garantit une place de titulaire. C’était une belle opportunité de jouer en National, surtout que c’était un peu le flou autour de Strasbourg. Sauf que je me blesse lors du dernier jour de préparation. Je reviens, le championnat a déjà commencé, et du coup je dois batailler pour reprendre ma place. On a alterné toute la saison avec l’autre latéral gauche. C’est typiquement une situation qui aurait pu me braquer un an en arrière. Mais là, j’ai pris sur moi, j’ai eu le bon comportement. J’ai eu la chance que Bourg-en-Bresse, qui montait en Ligue 2, me repère. J’avais fait un très bon match là-bas, alors je pense que ça a joué. Mon premier contrat pro, j’ai signé direct, je l’avais enfin, je n’ai pas réfléchi. Je changeais enfin de statut.

Aujourd’hui, tu es l’un des meilleurs latéraux de Ligue 2, avec un profil très offensif. Tu vises quoi à l’avenir ?
Je ne me fixe aucune limite. Je veux jouer en Ligue 1 très bientôt et prouver que j’ai le niveau pour devenir un des meilleurs à mon poste. Et puis on ne sait jamais, pourquoi pas voir la Premier League un jour, comme c’est mon championnat préféré ! Et puis, j’ai envie de revenir en sélection. C’est une belle équipe, qui a toutes ses chances pour la CAN (l'interview a été réalisée avant le début du tournoi, ndlr), malgré la grosse absence de Yannick Bolasie. Il y a de très bons joueurs dans cette équipe, comme Bakambu ou Mbokani. Je suis ultra-confiant pour eux.

Propos recueillis par Kevin Charnay
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