Villas-Boas, l'Etudiant surdoué

A 32 ans, André Villas-Boas est la nouvelle star de l'Académica. A peine quelques mois en Liga et voilà que l'ancien adjoint de Mourinho s'apprête à relever un défi de taille : reprendre le Sporting.

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Regard ténébreux, crinière sauvage aux reflets roux, déclarations rugissantes. C'est clair. André Villas-Boas a la gueule du Lion. Après plusieurs mois de tractations, le Sporting s'apprête à faire signer un surdoué. A 32 ans, Villas-Boas est déjà une référence en Liga. La star de l'Académica. Et quand on s'en approche, le service de com' du club répond fièrement : « Monsieur Villas-Boas ne donnera pas d'interview privée avant la fin de la saison » . Avec lui, l'AAC reprend des airs de grandeur.
En octobre dernier, il reprenait le club de Coimbra à l'agonie, bon dernier du championnat et devenait le plus jeune technicien de Liga. Aujourd'hui, la Briosa (la fière) a quasiment assuré son maintien. « Il est hors catégorie. C'est un maître dans sa façon d'appréhender le football et surtout dans les rapports humains avec les joueurs » , explique Jonathan Bru, milieu de terrain français des Étudiants. Et Bru est beau joueur. Malgré son statut de remplaçant, l'ancien international espoirs succombe : « Il est clean avec tout le monde. Quand il parle, il se fait respecter » .

Protégé de Robson et Mourinho


Il faut dire que Mister Villas-Boas a été à bonne école. De 2003 à octobre dernier, il a été l'un des fidèles disciples de José Mourinho. La renaissance du FC Porto, l'affirmation de Chelsea, le challenge de l'Inter Milan, Villas-Boas a fait les “400 coupes” avec Mou. A son âge, son propre maître jouait encore les traducteurs auprès de Sir Bobby Robson, au FC Porto. Et c'est à cette époque-là qu'André a fait la connaissance des deux hommes. Au culot, il s'est rendu au Club Anglais de Porto pour discuter ballon avec les deux génies. Sir Bobby apprécie aussitôt le gamin de 18 ans et le nomme statisticien en chef des Dragons. Il ne manquera d'ailleurs pas de saluer son travail en conférence de presse. Robson et Mourinho partiront ensuite pour le Barça en laissant le petit au pays mais André retrouvera José en 2002, comme entraîneur principal du FCP, cette fois-ci. Une amitié est née.

« Je ne suis pas un clone »


André la joue pourtant modeste : « Je sais que la comparaison va me suivre tout au long de ma vie mais je ne suis pas un clone. J'ai une personnalité complètement différente de celle de Mourinho. Et puis Mourinho va continuer d'accumuler une quantité de succès que je n'atteindrai jamais...  » Tactiquement, en tout cas, les grands esprits se rencontrent. André a opté pour un 4-3-3 façon Mou du bon vieux temps du FC Porto (entre autres). Trois récupérateurs efficaces dans la relance (Nuno Coelho, Tiero, Paulo Sérgio, Cris), des ailiers techniques et rapides (Sougou, João Ribeiro) et, de préférence, une pointe tueuse et athlétique (Eder, Vouho).

Le Sporting en rêvait


Une tête et une gueule qui ont de quoi satisfaire dans un premier temps les ambitions d'un Sporting en quête de sang neuf et surtout d'un véritable leader au poste d'entraîneur. A Alvalade, la saison est (encore) à oublier. Depuis le départ de Paulo Bento, au mois de novembre dernier, les Lions se cherchent un dompteur. Carlos Carvalhal a bien été nommé mais il n'est qu'un choix de remplacement. Avant même de sonder la piste Sven-Goran Eriksson ou Manuel Cajuda, le président Bettencourt avait flashé sur le jeune André. Après seulement un mois de leçons aux Étudiants, le Sporting voulait déjà le soudoyer. « Je suis bien à l'Académica » , répondait gentiment le (alors non) intéressé. Mais la presse s'en faisait bientôt le relais. Le quotidien Record affirme qu'un accord a été trouvé depuis. « J'en ai marre de cette mascarade » , se fâche le jeune Mister. Mais mardi, c'est la chaîne de télévision RTP qui remet la dose. Villas-Boas va bel et bien remplacer Carvalhal au Sporting la saison prochaine. Le FC Porto aurait aimé en faire son nouveau Mourinho et le Sporting Braga son éventuel patron en cas de départ de Domingos. Dans la soirée de ce même mardi, le Sporting officialise le départ de Carvalhal à la fin de la saison. La circular côté Alvalade semble s'ouvre devant Villas-Boas... Après Bento le bosseur, dont la rigueur était souvent comparée à celle de Mourinho, voici Villas-Boas le charmeur.

Nicolas Villas

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