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Villas-Boas doit encore prouver

Plus jeune technicien vainqueur d’une compétition européenne, André Villas-Boas peine à confirmer les belles promesses affichées avec Porto. Après avoir été prié de prendre la porte à Chelsea, d’ailleurs complètement ragaillardi après son éviction, le classieux Portugais éprouve les pires difficultés à convaincre à Tottenham. Alors, supercherie ?

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Un type qui serine les joueurs avec « des dossiers de soixante-dix pages » . La saillie est signée Harry Redknapp, prédécesseur d’AVB, visiblement modérément emballé par la façon d’agir des managers modernes, catégorie à laquelle appartient objectivement notre bonhomme. Depuis que l’on voit déambuler sa silhouette soignée sur le bord des terrains, force est de constater que le style détonne. Très peu éloigné, dans ce qu’il donne à voir, de celui de son inspirateur - qu’il a côtoyé de 2004 à 2008 - « l’Unique » José Mourinho. Les deux ont la démarche propre aux traders de la City, le port noble, et représentent une nouvelle façon de gérer un groupe. Et de réagir aux événements d’un match sur le banc. Les chaussures vernies bien ancrées au sol, s’accroupir au ras de la pelouse et se prendre la tête à deux mains lors d’une occasion manquée et/ou se laisser retomber en arrière, par exemple. Ça, c’est pour la beauté du geste. Pour le reste, on n’est pas loin, chez Villas-Boas, du concept novateur. Des idées bien définies apparemment difficiles à mettre en application. « À la fin, il ne s’agit pas du manager, il s’agit des joueurs. Ce sont les joueurs qui nous mènent vers la victoire et les différents entraîneurs ont des leaderships différents et des manières différentes de gérer leur affaire.(...) Le truc le plus important est de sentir la chose. Quand vous ressentez la façon dont vous dirigez et vos convictions, vous pouvez vendre vos idées un peu mieux et amener vos joueurs vers le succès » , expliquait-il à SkySports suite aux critiques, sans que l’on saisisse vraiment où il désirait en venir.

La recale de Burnley

Il ne suffit pas de mettre des lunettes carrées et de se trimbaler un livre sous le bras pour se prétendre intellectuel, comme il ne suffit pas de porter fièrement le costume trois pièces pour repenser les schémas du ballon rond. De plus en plus, l’on commence à douter de toutes parts des véritables capacités du jeune André. Pour preuve, alors qu’il est à l’Académica de Coimbra en 2010, Burnley a refusé de l’engager, pour des raisons significatives si elles sont véridiques. « On me l'avait décrit comme un entraîneur très prometteur. Sa candidature était longue et super détaillée. Avec des passages que je ne comprenais même pas. Le jargon et les expressions employées dans le foot empirent de jour en jour. Et Villas-Boas en utilise beaucoup. Je me demande si les joueurs de Burnley auraient compris ce qu'il voulait s'il leur avait demandé de "solidifier" ou une autre chose du style » , ironisait Paul Fletcher, ancien directeur général de Burnley. Des critiques qui reviennent souvent. Il semblerait qu’AVB ait une géométrie très claire, dans sa tête, de ce que doivent esquisser ses joueurs sur le terrain, mais que la réciproque ne soit pas vraie. Avec Chelsea, le « Special Two » désirait donner un souffle nouveau à une équipe que l’on disait vieillissante. Place à un jeu plus léché, exit Lampard. Sauf que rien ne s’est déroulé comme prévu. À sa décharge, les Blues n’avaient sans doute pas l’effectif adéquat pour révolutionner leur façon de jouer, et la victoire en C1 l’a confirmé. Villas-Boas n’a sans doute pas eu le temps de mettre son projet en place, mais ne s’est pas adapté non plus aux caractéristiques des joueurs qu’il avait sous la main.

Le cas Lloris

Et dire que ses débuts dans le nord de Londres sont poussifs est un euphémisme. Petite goulée d’air, tout de même, avec la première victoire samedi face à Reading (3-1). Délestés de leur maestro croate, les coéquipiers de Gareth Bale ont d’abord piétiné pendant quatre journées. Comme si cela ne suffisait pas, Villas-Boas prend des décisions douteuses. Tout juste débarqué, Hugo Lloris s’est vu réserver une place de luxe sur le banc, en tant que doublure de Brad Friedel. Au lieu de prendre le temps, de communiquer sereinement en interne avec l’ancien Lyonnais, le coach prend le risque de froisser la nouvelle recrue du club. Lloris numéro 2, un point c’est tout. On connaît des techniques plus réfléchies pour se mettre un gardien international dans la poche, même si l’on ne doute pas qu’il bottera bientôt le quadragénaire sur la touche. Enfin, l’excuse de l’âge, qui pouvait tenir à Chelsea avec des cadres influents, a fait long feu. AVB est peu à peu passé, depuis son licenciement, du génial précoce glanant quatre trophées au candide inexpérimenté aux préceptes flous. Ne l’enterrons tout de même pas trop vite. Peut-être reprendra-t-il des couleurs ce soir en retrouvant la compétition qui l’a révélé.

Par Adrien Girault
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C'est certainement un peu tôt pour tirer des conclusions hâtives, on verra au fil de la saison, mais y'a un ou deux trucs qui me chiffonne avec ce mec. D'une comment peut-on passer de Chelsea à Tottenham sans sourciller? De deux, s'il n'avait pas eu cette génération dorée à Porto, est-ce qu'on parlerait de lui? Et de trois, je pensais que la force d'un bon entraîneur était d'utiliser les forces de ses joueurs et non de les faire déjouer (ce qu'il a quand même fait à Chelsea, faut avouer). Special Two, special tout à prouver.
Mouais... Toute les facons tout le monde sait que ces jours sont comptes a tottenham... Cela dit je l'ai deja recontre c'est un chic type et il parle francais...
nononoway Niveau : CFA
Ah, s'il parle français alors ...
Il ne doit son statut qu'à son transfert mirobolant à Chelsea. A l'Academica, il finit à une honorable 7ème place, mais à Porto, bah c'est Porto, ils écrasent le Portugal depuis 10 ans. Et personne ne s'enflamme pour Pereira campeao direct lui aussi. La suite, à Chelsea puis Tottenham, on la connait. Bref, ce mec n'a pas prouvé beaucoup
Supercherie ou non, le temps le dira.

Par contre il a franchement une tête à claques.
Ce type est très intelligent, et très compétent. D'un point de vue tactique en tout cas.
Son défaut semble être la gestion des joueurs, mais il améliorera ça avec l'expérience, forcément.
Donc je ne me fais aucun souci pour sa carrière, il réussira, comme la plupart des types intelligents d'ailleurs!
le professeur Niveau : Loisir
c’est l’occasion de rappeler les tristes faits d’armes du coach portugais. À Chelsea d’abord, où ses décisions ont rarement fait l’unanimité (faire de Lampard un simple remplaçant, écarter un temps Ashley Cole après l’avoir humilié devant toute l’équipe, envoyer Alex et Anelka s’entraîner avec les jeunes, critiquer publiquement Cech et Essien). À Tottenham ensuite, où ses premiers choix ont déjà surpris (parler de Michael Dawson comme d’un capitaine potentiel avant de l’écarter du groupe et de le placer sur la liste des transferts). AVB est devenu l’entraîneur que la presse adore railler et cela à juste titre. Ou comment passer de Special Two au statut de vilain petit canard en l’espace de quelques mois.
dire il a eu une génération doré a chelsea c'est un peu légers pour justifier qu'il serait une supercherie ... doit on rappeler l'effectif que le special one avait à l'époque a porto ....
C'est quand même un type qui a mis Lampard, Drogba ou Lloris sur le banc...niveau crédibilité, il vole pas très haut le AVB.
reggie miller Niveau : District
D'accord avec toi adrock villa-boas n'est pas un fin psychologue est a une manière plus que douteuse de gérer la vie d'un groupe , et aussi un talent pour se tiré une balle dans le pied , il a quand meme réussie a déclencher une mutinerie chez les blues se mec !!!!! Sans faire de prédiction sur son avenir du coté de white hart lane , si il se loupe il sera définitivement griller .
Déjà l'appeler DDVB, plutôt qu'AVB, contribuerait certainement à le rendre plus sympathique.

Ensuite, on voit bien que cette masse impressionnante de cheveux l'oblige, pour éviter de tomber en avant, à de constants réajustements de la main ou à plier les genoux, une main au sol pour se rattraper encore ; voire tout en même temps, ce qui, on en conviendra aisément, n'est pas du tout ergonomique pour suivre l'évolution des joueurs sur la pelouse. Et c'est donc moins, en passant, la calvitie de Friedel que les petits cheveux fins bien rangés de Lloris que Vilas-Boas jalouse finalement.

Et puis il se met lui-même dans une position intenable, seul sur le bord de la pelouse, il tourne le dos en permanence à son banc, et plus probablement à la tribune qui l'inquiète, surtout à domicile. Et si par chance, Tottenham marque, il fait mine immédiatement - sourcilleux - de donner des consignes super méga importantes pour la suite. Consignes qu'il adresse, ben, aux joueurs entassés, tout à leur joie. Seul Friedel, depuis l'arrivée de Lloris, tente maintenant de lui adresser un petit coucou amical avec ses gros gants, mais l'ami américain réprime son sourire car Vila-Boas est déjà plongé dans son cahier. En dessous de la date du jour, il aura donc noté la minute du but inscrit dans la colonne « Tottenham » prévue à cet effet.

Enfin, le style vestimentaire. Impeccable certes, mais ne donne-t-il pas trop le sentiment d'être ainsi prêt, à tout instant, de filer à Heathrow Airport - "Your journey starts here" -, pour fuir, remplaçants, supporters et board en colère ?
Ah, franchouillardise quand tu nous tiens! Fallait ajouter "Le cas Lloris"... Brad est bien meilleur à son poste. Hugo peut attendre... C'est pas De Gea qui serait allé manquer son respect à Van der Saar... Bon, leurs chemins ne se sont pas vraiment croisés...
DrAwkward Niveau : CFA2
@Delalune: Brad Friedel bien meilleur que Lloris à son poste ? Tu racontes n'importe quoi, c'est du troll de bas étage que tu nous sers là.
+1 pour Eudoxe

Je ne doute pas de son intelligence, et certainement a t'il élaboré de superbes schémas théoriques de circulations de balles et de mises en place tactiques. Très bien... Il a un côté premier de la classe, "j'ai un doctorat en footballogie".

Sauf qu'il est manager, pas assistant. Et un manager, ça "manage": traduction en français: ça gère, des personnes pour être plus précis. Et là, en général, le cancre du fond de la classe s'avère souvent plus brillant que le petit génie premier de la classe.
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