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Vidal Local

Il y a cinq ans, Vidal signait pour la Juventus. Aujourd'hui, il retourne à Turin avec le maillot du Bayern. Entre-temps, le Chilien est devenu le milieu de terrain le plus complet du monde et le joueur idéal pour Pep Guardiola.

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« C'est le genre de joueurs que je ne voudrais pas avoir au Bayern. » Il a fallu quatre saisons pour que Karl-Heinz Rummenigge change d'avis sur Arturo Vidal. Dans ce laps de temps, entre 2011 et 2015, le milieu de terrain chilien a fait ses classes avec la Juventus de Turin, participant à un parcours sans faute en Serie A – quatre titres consécutifs – et la belle aventure de la Ligue des champions stoppée en finale par le FC Barcelone de Luis Enrique. Et donc « Kalle » a pris sur lui, ravalé sa langue et fait signer un joueur comme Vidal dans son club, avant que le Real ou Manchester ne passe devant. Le Bayern récupère ainsi un guerrier, un battant, un fou furieux du milieu de terrain qui doit densifier le jeu axial du Bayern et paye le prix fort pour cela. Le tarif a triplé par rapport à la vente du Bayer. Preuve que si le joueur n'a pas tellement changé hors du terrain, il a tout de même beaucoup appris aux côtés de la Vieille Dame, devenant le prototype du joueur complet, du joueur total.

Complet sur mesure


En 2011, la Juventus attire un joueur prometteur, mais encore fou-fou et capable du meilleur comme du pire : Arturo Vidal. Le milieu de terrain chilien vient de passer quatre saisons au Bayer Leverkusen, au chaud dans la Bundesliga. Sa réputation de chien mordeur est déjà faite et séduit les grosses équipes européennes. C'est la Juventus, à la recherche d'un peu plus de rentre-dedans pour retrouver la tête de la Serie A, qui remporte le gros lot. De suite, Vidal s'impose par son look et dans l'effectif, sans se renier, en insistant sur son énergie à revendre. Il a expliqué depuis dans Sport Bild ne pas connaître d'autres manières de faire : « Je joue au football avec beaucoup d'envie. Je mets tout mon cœur pour l'équipe. » La Vieille Dame d'Antonio Conte finit bien sûr à la 1re place du championnat. C'est la première victoire d'une série de quatre. Épaulé par Pirlo et bientôt Pogba, Vidal devient la pierre angulaire d'une Juventus solide et puissante, qui ne laisse pas la moindre marge de manœuvre à ses adversaires italiens. Dans les médias italiens, il devient « King Arturo » ou « le guerrier » . Vidal se dit maintenant « fier de ces surnoms, obtenus par [le] travail » , qui « décrivent parfaitement [son] style de jeu  » , dans les colonnes du Tageszeitung de Munich. Agressif sur le terrain, Vidal apprend aussi à être plus discipliné. Sous le maillot de la Juve, il ne prend qu'un seul carton rouge – à Leverkusen, cela lui arrive trois fois, toujours à cause de deux cartons jaunes. Mieux, dans le jeu, Vidal s'étoffe. Il fait circuler le ballon de mieux en mieux, avec fluidité, sans perdre de vue ses qualités premières à la récupération. Il gère son rythme. Il dicte le rythme. Il sait quand appuyer et quand ralentir dans le harcèlement de l'adversaire. Il sait aussi quand se porter vers l'avant et se montre adroit pour marquer. Ses faiblesses se gomment totalement.

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Vidalothar


Alors le Bayern n'hésite pas et va le chercher, quitte à payer cher. Pour son retour en Bundesliga, les médias sont élogieux quant aux progrès effectués par le joueur. Il rappelle l'apprentissage effectué par les champions du monde 90 dans la Serie A toute-puissante d'alors. Il fallait remplacer Schweini, Vidal est l'homme idoine. Matthias Sammer y va également de ses compliments sur le site du Bayern pour l'accueillir. « Arturo regroupe en fait, quand on analyse le football, la complexité en personne. Il est physiquement fort, met de la force dans son jeu, est bon techniquement et flexible tactiquement. » Mieux, une comparaison surgit dans une certaine bouche : Lothar le désigne comme son successeur. « Et si c'est Lothar Mattäus lui-même qui le dit, c'est un fantastique compliment. J'espère pouvoir le justifier » , explique Vidal dans Sport Bild pendant l'été 2015. Pour le moment, si le compliment reste encore un peu trop grand pour ses performances actuelles au Bayern – Vidal fait plus parler de lui pour son grand goût pour l'alcool, même pendant un camp d'entraînement à Dubaï - il reste un maillon essentiel de la grande manœuvre de déconstruction de Guardiola, selon Danial Montazeri du Spiegel. Puisque Vidal « renforce tout à la fois : défense, milieu, attaque » , Guardiola peut ainsi « poursuivre avec lui la déconstruction des formations et des postes » en se mêlant à Xabi Alonso, Philipp Lahm, Thomas Müller et consorts. Autrement dit, s'il est venu à Munich, y a pas de hasard : c'est au nom du football total.

Par Côme Tessier
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petitbodiel Niveau : CFA2
Sympa la pub pour Paulaner, une bière bien dégueu quand même!
chacun ses goûts, mais perso , j'aime bien la Paulaner, et la Weizenbier en général! :)
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