Vers une Ligue 1 sans Ultras ?

La saison vient à peine de démarrer que déjà les mesures répressives s'abattent sur les supporters. De fait, si l'arrivée du « nouveau » PSG zlatanisé semble modifier la donne dans le championnat, plus amplement le foot français est en train de muer en profondeur, et l'un des premiers théâtres de cette transformation touche la faible et récente culture tribunes qui semblait enfin s’y être cristallisé. Entre les nouveaux stades consacrés à attirer les VIP et les créneaux horaires de L2 censés séduire le téléspectateur, le travail de sape s'effectue à tous les échelons, avec une répression d'autant plus facile à mener que parfois les « stadeux » tendent le bâton pour se faire battre. N’empêche, doucement mais sûrement, les ultras remplacent de plus en plus les hooligans dans le rôle de ces « pseudo-supporters » dont il faut se débarrasser.

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La sanction est tombée rapidement. La commission de discipline de la Ligue de football professionnel impose la fermeture de la tribune Sud du Stade de Ray, suite notamment à des jets de pétards vers le gardien ajaccien lors de la première journée de championnat. Après la dissolution des BSN, c'est un nouveau coup dur porté à l'ambiance de l'antre Nissart, et ce, malgré l'incompréhension au sein de la direction de l'OGC qui trouve la décision un tantinet « disproportionné » . Il ne s'agit pas d'une exception liée à un club dont il faudrait particulièrement surveiller le public au regard du passé. Trois supporters marseillais soupçonnés d'avoir lancé des projectiles sur la pelouse d'Auguste-Delaune à Reims ont été condamnés à 500 euros d'amende et trois ans d'interdiction de stade (et quatre à huit mois de prison avec sursis en bonus).

Il faut dire que cette fameuse commission ne chôme pas avec, dans son collimateur, tout ce qui relève du pyrotechnique, nouvelle menace numéro 1, presque devant le hooliganisme. Entre la méthode Taubira et la posture façon Manuel Valls, le foot professionnel hexagonal a clairement fait son choix. Surtout que, désormais, il faut vendre un spectacle et rentabiliser les beaux stades surdimensionnés pour l'Euro 2016 (à défaut de les remplir). Les fumées indisposent trop les VIP (ils ne voient plus rien sur leur smartphone) et les pétards dérangent les joueurs. Pour le reste, les nostalgiques pourront toujours regarder des webdocu comme Parc. Le même type de logique en fonte vient de s'écraser sur la L2, qui compte en plus, cette année, un certain nombre de gloires reléguées du foot tricolore, et donc leurs groupes de supporters (par exemple Auxerre, dont, certes, les ultras ont beaucoup fait parlé d'eux à la fin de la saison dernière). Le décalage des horaires des rencontres le vendredi en fin d'après-midi afin de répondre aux exigences de beIN Sport n'en finit pas de susciter l'ire des supporters. Peu importe que les stades se vident – et ici, même le fan lambda est concerné -, l'important c'est que l'éventuel bonhomme devant sa Freebox soit content d'avoir payé son abonnement.

Le retour du gaullisme musclé ?

Coté pouvoirs publics, le temps ne s'avère davantage au dialogue constructif. Avec en modèle exemplaire et point de référence la gestion du Parc des Princes. Dans la revue de la préfecture de police de Paris, Pprama, Jean-Louis Fiamenghi, directeur de cabinet du préfet de police de Paris - un flic à l'ancienne période commissaire Broussard époque Mesrine - ne cache pas son plaisir devant l'assainissement des virages où l'on vient juste voir son match sagement. Avec une franchise qui fleure bon le gaullisme musclé, il nous informe même au passage d'une « liste noire » - une « black list » (on est bilingue ou pas !) - de personnes qui ne peuvent plus acheter de billet ou même s'abonner. Hormis qu'on s'interroge sur la légalité de ce fichier, y sont intégrés d'office tous ceux condamnés ou ayant été astreint à une interdiction de stade, donc même si, doit-on comprendre, celle-ci est terminée.

Après l'arbitraire de ce dispositif dont, comme le rappelle PSG Mag, 75 % des condamnations se révèlent administratives et souvent annulées devant les tribunaux, voici venu le temps de la double peine à vie. Dans la foulée, le responsable policier précise également avec fierté qu'un supporter a été interpellé pour avoir porté le tee-shirt d'une association dissoute. Et là encore, on ne sait en quoi cela peut constituer un délit. Sinon, il termine en annonçant son souci de voir la violence ressurgir autour des déplacement et des matchs européens. Mais vu les brillants résultats obtenus auparavant par les forces de l'ordre en la matière, on se doute qu'ils préféreront continuer à boucler les petits malins qui déroulent des banderoles ou fument des joints dans les tribunes (enfin ils n'iront tout de même pas vérifier ce qui se passe en tribune VIP, faut pas pousser !).

Des stades sans fumigènes pour clients satisfaits

Prolongeant cette belle envolée, Jean-Paul Dispans, directeur adjoint de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), expliquait dans Le Parisien que la « tolérance zéro » serait désormais de rigueur à l'encontre du racisme dans les tribunes (Avant, c'était juste 50% ? Même en Corse ?) et que la lutte contre les fights serait accentuée (On est contents d'apprendre que la police a pour mission d'empêcher les bagarres...). Les mesures adoptées pour le match Lille-PSG, où seuls les clients amenés et encadrés par le club pourront accéder au stade, semblent ainsi une répercussion directe de cette politique, après notamment un violent affrontement entre indeps parisiens et nordistes l'an dernier, médiatisé sur le web par une vidéo amateur. Surtout, Jean-Paul Dispans confirme de son côté l'intention clairement affichée de se focaliser sur les pétards et fumigènes dont, apparemment, l'augmentation constituerait la plus grosse cause de tourments en matière de sécurité. Effectivement, leur usage anarchique peut soulever des problèmes et même des dangers, à commencer pour ceux qui les utilisent souvent mal. Mais la concertation ne serait-il pas la meilleure solution, plutôt que de s'en servir pour mettre au pas un mouvement ultra qui trouble plus le sommeil des dirigeants de clubs ou des directeurs de programmes télé que l'ordre public ?

Ce sera toujours, en effet, l'un des paradoxes des politiques répressives dans le monde des tribunes : elles peuvent facilement étouffer, asphyxier ou combattre les cultures supporters – parce que, d'une certaine manière, celles-ci restent dans un périmètre plus ou moins proche de la légalité - mais elles ratent en général leur objectif, du moins officiel, c'est-à-dire réprimer les violences et/ou expressions racistes. C'est d'autant plus contradictoire qu'officiellement, clubs et pouvoirs publics ne cessent d'affirmer qu'il s'agit juste de faire le tri entre bons et mauvais supporters. Or, si le début de la nouvelle saison semble confirmer la tendance entamée avec la Loppsi II, sur laquelle la nouvelle ministre des Sports, Valérie Fourneyron, ne compte pas revenir et désire même au contraire poursuivre le travail de « sécurisation » des stades, l'ultra est clairement devenu le plus mauvais élève de la classe, même s'il n'en fut jamais vraiment le chouchou. Au moins, sur les écrans géants des arénas, il sera possible d'inscrire à l'intention de la clientèle les paroles des chants à reprendre, comme dans n'importe quel karaoké de centre commercial.

Par Nicolas Kssis-Martov
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papaboubadiop Niveau : CFA2
Merci NKM pour cet article à la fois bon et douloureux. Le plus dur dans tout ca, c'est de savoir que quoi qu'ils fassent, les Ultras vont prendre la porte.
Je vais me mettre au handball tiens
Mark Renton Niveau : CFA2
On pense que ça va parler du foot français, alors que c'est hyper centré sur Paris... Vive le football jacobin
peut être parce que le parc a été le terrain de l'expérimentation du ministère de l'intérieur...

attend qques années et tu verras les tribunes du velodrome, du stade de la luz à lyon etc...

Les marseillais, ils feraient bien de se faire plaisir avec les abos et les produits dérivés les tonini et cataldo parce que ça va bientôt se finir
désolé, le lien ne passe pas visiblement

www . gazeta .ru/sport/video/sportdraka_fanatov.shtml
Putain* c'est bel et bien la 1ere fois que je trouve un article de NKM bon. Comme quoi, faut pas desesperer.
totenfest Niveau : DHR
Loppsi, c'est vraiment pour les lopettes.
Note : 2
Pour moi on donne beaucoup plus d'importance au problème qu'il n'en mérite.

Ayant été abonné de nombreuses années en Boulogne R1 avant l'arrivée de Mister Leproux, force est de constater que la ferveur était déjà bien entamée il y a quelques années.

Il y aura toujours des adolescents passionnés et fougueux qui constitueront 80% des effectifs Ultra, encadrés par des "anciens" de plus en plus rares. Comme tous les jeunes ils feront des conneries. Puis ils "grandiront" et seront remplacés par d'autres.

La passion du foot et son expression en France n'a jamais été au sommet, le remplissage des stades a toujours été faible, et cela, ne nous a jamais empêché de regarder un Sochaux-Metz jusqu'au bout par passion.

Bref mon sentiment est que quand on est au sein de ce mouvement Ultra finalement on s'en fout de tout ça, on veut juste gueuler, encourager notre équipe et insulter tout le reste. Tout cet acharnement a même plutôt tendance à rendre presque "fier" de faire chier les instances.
Et puis quand on en finit avec tout ça pour s'abonner à C+ sport et regarder le match à la maison, on se dit que finalement le spectacle est le même, et qu'on regarde un match pour le foot et pas pour les tribunes.

Bref ce débat m'emmerde profondément et franchement, si demain les Ultras devaient disparaitre, serait-ce si grave que ça...?
Tant que la passion est là on kiffera regarder n'importe quel match, avec ou sans Ultra, à la Télé ou au stade.

Donc arrêtez de nous faire croire que tout un pan du football mondial s'écroulerait si les Ultras disparaissaient. Ce qui importe c'est ce qu'il se passe sur le terrain.

Enfin ce n'est que mon avis...
Dely Valdes, tu ne epux quand même pas dire que lefait de suprimer l'ambiance en tribune est sans importance.
Un match sans fumigènes, ni chants repris par tout un virage avec la gestuelle ça donne une autre saveur au match.
Quand il n'y aura plus du tout d'ultras dans les stades, on perdra aussi sur le terrain ces joueurs de caractère et ultra dans l'âme qui faisaient la grandeur d'une équipe.

Un public "mort" ça attire les hyénes, et autres mercenaires.
Bientôt on ira au stade comme on va voir du tennis... 150 € la place et t'as le droit de t'exprimer uniquement à la mi temps!
A quand l'interdiction des baskets ???
Paname City Niveau : Loisir
Pays des droits de l'homme , mon cul !
La répression à Paris est devenue si forte que sa bafoue des droits civique inaliénable mais tout le monde sans branle par ce que c'est vrais que porté un t-shirt c'est une bonne raison pour ce faire interpeller..
Note : -1
Patate,

Pour moi ce qui compte c'est le terrain. Car en France la passion en tribune est toute relative. Y compris et peut-être même surtout au Parc, ou si il n'y a pas d'occasions pour Paris dans les 20mn tu n'entends plus personne.
Ce que tu décris n'arrive que quand le match est très bon. Sans bon football pas d'ambiance. Donc l'important c'est le football, pas les tribunes.
Complètement pas d'accord avec Dely Valdes, tu parles d'une baisse de ferveur au parc ?... En R1 peut être mais c'était loin d'être le cas en face...Auteuil commençait à 'manger' la tribune Paris grâce aux p'tits jeunes bien sympathique de la tribune G.
Moi aussi je kiffe le foot j'en consomme pas mal à la TV, et par exemple je suis prêt à reconnaitre que les classicos espagnols sont d'une qualité rare sur le terrain, n'empêche que je me fais quand même la réflexion à chaque fois : "Comment ca se fait que les gens soient assis derrières les buts au Camp Nou comme à Bernabeu ?"...Je me dis à chaque fois qu'il manque quand même quelque chose...La même chose qui manque désormais au parc (et bientôt dans tous les stades de France ?...) ce petit supplément d'âme qui fait sentir aux joueurs que leur stade est derrière eux...
En Allemagne yavais un énorme débat la dessus (sur ARD de 20 heures a 22 heures, en Allemagne le football c'est une affaire d'état !) et c'était dingue de voir tout ces mecs en costards discuter des fumigènes comme la menace numéro 1 pour le foot.
Heureusement yavais une ultra de Dortmund qui a defendu effectivement les places debout mais bon y'a fumi et fumi aussi. En balancer sur le terrain est inacceptable et doit être sanctionne, par contre en craquer un ou deux dans une tribune debout ou y'a pas de gamins et pas de familles ça met un peu l'ambiance ...
Note : -2
Beuhfa78,

Tu te méprends sur mes propos. Il n'y a pas de baisse de ferveur au Parc, pour moi il n'y en a jamais eu, comme partout en France.
J'ai passé 10 ans dans les travées du Parc et si la passion et la fougue de mes 20 ans m'ont permis de continuer, on s'y fait quand même bien chier, et ce depuis bien avant l'arrivée de Mr Leproux. Comme on se fait chier dans tous les stades de France.

La ferveur en France est toute relative et il faut bien l'accepter. Ou déménager en Turquie, en Argentine ou en Allemagne si c'est ce qui t'intéresse.
Tu peux pas dire ça Dely Valdes, autant l'ambiance à Boulogne pouvait être assez inégale d'un match à l'autre, autant à Auteuil les mecs chantaient du début à la fin et visuellement leur tribune était vraiment belle... Même si les perfs sur le terrains étaient elles plutôt laborieuses...
Dely Valdes vous êtes un sombre escroc.
En 20 ans vous n'avez vu aucune ferveur au Parc?
L'autisme n'est pas une fatalité.
Dely Valdes : il m'est arrivé plusieurs fois d'aller voir des match de coupe de la ligue ces dernières années à Nancy ou encore Reims donc certes ce ne sont pas des gros stades avec une ambiance de malade mental, mais au cours des matchs de coupe de la ligue les ultras boycottent le match car c'est selon eux "une coupe sans saveur", soit. Mais je peux t'assurer que je me suis rarement autant ennuyé devant un match dans un stade ou aucun chant n'a raisonné pendant 90 minutes, pourtant les matchs étaient de bonne qualité sur le terrain.

D'accord le foot se joue sur le terrain c'est un fait mais a ce moment là pourquoi se déplacer au stade et payer son billet si c'est juste pour regarder le match ?? A ce moment la autant interdire tous les supporters selon ce principe.. Franchement je me suis déjà moins ennuyé en allant voir des 0-0 dans un stade avec Marseille ou Paris en visiteurs qui mettaient une ambiance de folie qu'a des matchs prolifiques en buts mais avec une ambiance digne du Stade de France quand l'EDF joue...
"Aucune" j'admets exagérer un peu.

Mais quand je lis qu' Auteuil chantait du début à la fin du match ça c'est de l'escroquerie. Comme a Boulogne il y a toujours eu des petits groupe autour du Kapo pour chanter sans s'arrêter, mais 80% de la tribune ne chantait que 15mn après un but ou une occasion. C'était pire à Boulogne mais quand même vrai a Auteuil.
Dely Valdes ne voyait pas la ferveur du Parc, il était trop occupé à demander une nouvelle coup de champ en présidentielle.
Pas de ferveur au Parc, sérieux...
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