Vers un choc des Inter ?

L'Internacional Porto Alegre s'est qualifié pour la finale de la Copa Libertadores contre le Chivas Guadalajara et assure sa place au mondial des clubs, où il retrouvera son homonyme Milanais.

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Les râleurs vont encore dire que c'est de la faute de Mick Jagger. Au match aller de cette demi-finale de Copa Libertadores, les supporters des rouges de l'Inter Porto Alegre avaient eu la bonne idée d' « inviter » en tribunes un portrait géant en carton du leader des Stones, affublé d'un maillot de leur adversaire du jour, le São Paulo FC. Au Brésil, tout le monde s'est bien marré en voyant le vieux Mick porter la poisse aux Etats-Unis puis à l'Angleterre en Afrique du Sud... Jusqu'au moment où il a eu la mauvaise idée de soutenir la Seleção contre les Pays-Bas, pour accompagner son fils Lucas, qu'il a eu avec la présentatrice télé brésilienne Luciana Gimenez. Depuis, il a gagné le titre peu enviable de plus grand « pé-frio » (porte-malheur) de l'histoire. Bingo, ça n'a pas raté : 1-0 pour les rouges à domicile.

Pour le match retour au Morumbi, la torcida du SPFC a essayé de contre-attaquer avec l'autre gadget à la con du dernier mondial : Paul le poulpe, qui, sur les pancartes, prend bien le soin de choisir le bocal du club Pauliste. Ça a failli marcher. Mais malgré leur victoire 2-1, c'est bien l'équipe du Sud qui se qualifie et obtient le précieux sésame qui lui permettra sans doute d'affronter l'autre Inter, celui de Milan, pour le titre de meilleur club du monde. Les Mexicains du Chivas Guadalajara ayant eu la bonne idée d'éliminer l'Universidad de Chile dans l'autre demi-finale, la place qualificative pour le mondial des clubs ne peut pas leur être attribuée, vu que le représentant de la Concacaf est désigné par le biais d'un autre tournoi au niveau local. Ce détail a son importance quand on sait que pour les Brésiliens, la Libertadores est surtout un tremplin pour se frotter à la meilleure équipe européenne du moment.

Le Vieux Continent, un certain nombre de joueurs présents sur la pelouse hier soir le connaissaient déjà : à commencer par l'ex-Marseillais Fernandão, en pointe de l'attaque pauliste, qui compte aussi dans ses rangs Cléber Santana (ex-Atletico Madrid) et Ricardo Oliveira (ex-Betis). L'Inter n'est pas en reste avec Tinga (ex-Borussia Dortmund) et surtout D'Alessandro, l'éternel espoir du foot argentin qui s'est emmêlé les pinceaux à Wolfsburg et à Saragosse. Mais en plus de recycler des ex- « européens » en pré-retraite, les deux clubs regorgent aussi de jeunes talents candidats à l'exil. Hernanes ou Dagoberto pour São Paulo, Sandro et Alessandro pour l'équipe de Porto Alegre.

Bourde monumentale

Ça donne un mach plutôt enlevé, avec un petit miracle : Ricardo coach du SPFC, qui nous a habitué à des compos ultra-frileuses avec Bordeaux ou Monaco, décide de lâcher les chevaux et aligne trois attaquants pour tenter de renverser la vapeur. Son équipe est récompensée à la demie-heure de jeu suite à une bourde monumentale du gardien Renan, qui semble avoir badigeonné ses gants de vaseline sur une balle aérienne qu'il dévie directement sur la tête d'Alex Silva. 1-0, tout est à refaire pour les rouges, qui reviennent en deuxième mi-temps pied au plancher.51e : D'Alessandro frappe un coup-franc vicelard, dévié par Alecsandro avant d'entrer dans les filets du vétéran Rogério Ceni, spécialiste lui-aussi des coups de pied arrêtés.

Ça sent bon pour l'Inter, mais sur la remise en jeu, Ricardo Oliveira remet les siens sur les rails suite à une grossière erreur de placement de Nei. On s'attend à une fin de match de folie. Malheureusement pour le spectacle, Fernandão, qui préfère donner des coups aux défenseurs adverses plutôt qu'offrir des solutions de jeu, nous rappelle qu'il était le prédécesseurs de Brandão à l'OM. Son équipe est infoutue de se procurer la moindre occase, même à 11 contre 10, quand Tinga se fait expulser, comme il l'avait fait en 2006 en finale de cette même compétition. A l'époque, l'Inter s'était imposé, avant de faire mordre la poussière au Barça de Ronaldinho au mondial des clubs. Reste à savoir si l'histoire se répètera contre l'Inter Milan décembre prochain, à Abu Dhabi.

Louis Génot, à Rio de Janeiro

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