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Vercoutre, pas que de la gueule

À l’image de son équipe, Vercoutre disputera ce soir un match sans grande pression dans la cathédrale de San Mamès face à l’Athletic Bilbao (21 heures). La raison tient autant à ce parcours sans faute en Europa League qu'à ces deux derniers mois qui ont imposé l’éternelle doublure des gardiens lyonnais comme un titulaire naturel.

Il y a des voix qui portent plus que d’autres. C’est même à ça qu’on mesure, paraît-il, l’influence d’un joueur dans un vestiaire. Un rôle dans lequel Rémy Vercoutre s’était jusqu’à présent surtout fait remarquer, à défaut de pouvoir faire la démonstration du reste, à commencer par son métier de gardien. Si l’on en juge par les conséquences immédiates de sa déclaration d’amour envoyée depuis la zone mixte dimanche soir après une partie renversante (5-2, face à Bastia), on a de quoi être renforcé dans cette conviction : « J'aimerais tant que Steed soit sélectionné en équipe de France. C’est mon cri du cœur. On s’en fout de son âge et de son parcours. Il le mérite tellement, c’est notre grand bonhomme. C’est notre M. Plus. Sur le début du championnat, il n’y a pas photo, c’est le meilleur. » Trois jours plus tard, voilà donc Malbranque avec sa pré-convocation pour les Bleus. On se doute bien que Deschamps n’a pas eu besoin de l’avis d’un Vercoutre tout chose à la fin d’un match bouillant pour se faire une idée de l’influence de Steed le revenant sur le jeu lyonnais – le milieu de terrain ayant réussi à être impliqué sur chacun des cinq buts de son équipe.

En observation

Il n’empêche, cette déclaration du nouveau gardien en titre vaut son pesant d’intérêt pour ce qu’elle raconte d’un des principaux acteurs du bon début de saison lyonnais. Il y a d’abord l’ancienne doublure des gardiens stars de l’OL, cinq saisons passées dans l’ombre de Coupet et quatre autres dans celle de Lloris. Largement de quoi en tirer un sens de l’observation un peu plus aigu que la moyenne, à force de voir les autres jouer quand soi-même on reste à la lisière du terrain. De toutes ces années, Vercoutre en a même conservé un premier enseignement : il ne serait jamais au niveau ni d’un Coupet ni d’un Lloris. Un second enseignement semble aujourd’hui se dégager au fil de ses prestations en tant que titulaire. S’il n’a pas la caisse d’un Greg capable de se hisser au niveau du Gotha des gardiens européens à force de labeur et de patience, il semble avoir gardé quelque chose du style Coupet : puissant et efficace, histoire de compenser son influence sur le jeu par celle qu’il peut avoir sur les autres, à commencer par sa défense. Le meneur de troupes sait aussi rester à sa place, celle d’un gardien comme a su l’être Lloris. Pas aussi génial certes, mais avec ce qu’il faut de parades décisives pour changer le cours d’une partie. Ce fut le cas, coup sur coup, au match aller face à Bilbao où sa manchette façon Banks de France servit de prélude au but victorieux de Briand, puis dimanche dernier en détournant deux frappes bastiaises bien parties pour couler des Gones réduits à dix.

Entre deux mondes


Résultat, si ses hésitations dans le jeu aérien réveillent à l’occasion l'un des grands traumatismes du supporter lyonnais – ce coup de boule mitraillette d’Henrique en finale de Coupe de la Ligue 2007 –, Vercoutre fait bien partie de ceux qui tiennent la baraque depuis deux mois à Lyon. De quoi faire oublier la liste de noms pressentis pour reprendre la suite de Lloris, d’Ospina à Carrasso, jusqu’à Lopes, son jeune second attendu comme un crack par tout un club. De quoi surtout donner raison à Rémi Garde dans son choix de s’appuyer sur une bande de néo-trentenaires pour emmener la jeunesse lyonnaise. Parmi ces joueurs d’expérience, Vercoutre se situerait entre deux mondes. D’un côté, il est avec Réveillère le dernier représentant des années de domination. Si aucun des deux joueurs n’a jamais eu vocation à occuper les premiers rôles dans la belle séquence des années 2000, leur professionnalisme n’en est pas moins cité en exemple aujourd’hui. De l’autre côté, à voir Vercoutre mettre autant de cœur pour célébrer le retour de flamme de Malbranque, on comprend qu’il y a une forme de reconnaissance là-dedans, celle de ces types un rien revanchards après avoir passé le plus clair de leur carrière dans l’ombre. Ce qui leur vaut de manifester une envie et une fraîcheur propres aux jeunes premiers, jusqu’en zone mixte où, dans l’excitation du match qui brûle encore, Vercoutre peut laisser libre cours à ses émotions.

L’histoire du gardien lyonnais aurait valeur d’anecdote si elle ne renvoyait en creux à la grande affaire qui agite l’OL depuis l’arrivée de Rémi Garde. Où, pour faire vite, à défaut de pognon, la conscience professionnelle et un supplément d’âme suffisent à emporter le morceau. Ramené au jeu, cela donne un Vercoutre en première ligne au moment d’assurer son lot de duels dans un jeu qui fait la part belle à l’offensive, comme l’a rappelé à sa manière le coach lyonnais : « Je me souviens du France-Autriche de la Coupe du monde 1982 où Michel Hidalgo n’avait pas aligné un milieu spécialement défensif avec Genghini, Tigana et Giresse. Cette équipe pouvait paraître déséquilibrée, comme la nôtre d’ailleurs, mais je crois en l’état d’esprit pour compenser cela.  » (Le Progrès) Croire aux forces de l’état d’esprit, les Lyonnais auront bien besoin de ça au moment d’entrer dans la cathédrale de San Mamès. Pour s’en sortir, sans doute faudra-t-il compter, comme à l’aller, sur les miracles que voudront bien prodiguer certains de leurs joueurs providentiels. À commencer par cette main de Vercoutre dans son gant de frère.

Par Serge Rezza
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