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Vent de fraicheur au sud

En Turquie, c'est le petit Bursaspor qui met fin à l'hégémonie stambouliote longue d'un quart de siècle. En Grèce, c'est notre Djib' national qui revient en force et permet enfin au Pana de faire tomber l'Olympiakos. Le bilan 2009-2010 de la doublette greco-turque, c'est ici et maintenant.

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Turquie – Turkcell Super Lig


La dernière journée du championnat de Turquie le 16 mai dernier a pris des airs de révolution. On n'exagère pas. Sus à l'interminable et impitoyable règne des clubs stambouliotes (25 ans), place à l'insurrection provinciale avec la conquête du titre acquise in-extremis par Bursaspor, façon prise de la Bastille.


Personne ne s'y attendait, Fenerbahçe avait son royal séant tranquillement posé sur le trône jusqu'à l'avant-dernière journée et il ne lui restait qu'à assurer une dernière victoire à domicile contre Trabzonspor pour être assuré d'être sacré une 18e fois. Problème : l'équipe coachée par Christoph Daum ne réussit qu'un résultat nul. Au coup de sifflet final, public et joueurs attendent donc de connaître le résultat obtenu dans le même temps par Bursaspor –seul club pouvant encore prétendre lui contester le titre– face à Besiktas. Le speaker du stade annonce d'abord un score de 1-1. Joie et liesse du côté de Fenerbahçe, qui conserve donc sa première place. Sauf que cinq minutes plus tard, le même speaker reconnaît qu'il s'est trompé et donne le bon résultat : 2-1 et premier titre de son histoire pour Bursaspor. Les fans canaris craquent, brûlent les sièges, envahissent le terrain et bastonnent les forces de l'ordre. ‘Stambul's burning.

A Bursaspor, les auteurs de ce coup d'État sont tous des inconnus ou quasi inconnus. Ils l'ont pourtant prémédité de longue date en y mettant les formes, l'équipe terminant meilleure attaque et deuxième meilleure défense. Face aux stars stambouliotes venues de l'étranger tels Güiza (Fener), Baros, Kader Keita, G. Dos Santos, Kewell (Galatasaray) ou encore Ernst et Tello (Besiktas), Bursaspor a proposé un effectif équilibré et cohérent. A l'arrière, des vieux briscards : le gardien bulgare Dimitar Ivankov (qui tire les pénaltys), en sentinelle le capitaine Omer Erdogan (aucun lien avec le premier ministre), ainsi que Huseyin Cimsir, Ali Tandogan ou Mustafa Keceli. Du besogneux à qui on ne la fait pas.
Devant, une palanquée d'espoirs du football turc, des révélations appelées récemment par le sélectionneur Guus Hiddink. Il y a d'abord le buteur Sercan Yildirim, la pépite maison, 20 ans, passé par toutes les sélections de jeunes et qui compte déjà six sélections pour deux buts. En soutien, on trouve Turgay Bahadir, Turco-Autrichien formé au Rapid Vienne, arrivé de Kayserispor l'an dernier. Sur les ailes : Volkan Sen à droite, un sosie de Deco, réputé fin technicien ; Ozan Ipek à gauche, 8 buts au compteur (meilleur buteur du club à égalité avec le milieu argentin Pablo Batalla) et une cote qui a explosé. Des gros clubs européens seraient sur le coup.

Pour le reste ? Galatasaray (3e), Besiktas (4e) et Trabzonspor (vainqueur de la Coupe) disputeront l'Europa League. Niveau individualités, la saison 09-10 en Turquie a surtout été celle du Portugais Ariza Makukula, auteur de 21 buts avec Kayserispor, loin devant les autres buteurs. Pas de quoi pourtant aller en Afsud mais au moins devrait-il pouvoir négocier un bon contrat (en partance pour Galatasaray ?).

Grèce – Superleague Ellada


L'exercice 2009-2010 de football chez les nouveaux pauvres de l'Europe a d'abord été celui de Djibril Cissé, l'éternel revenant au mental en béton armé. On lui casse une jambe ? Il revient. On lui brise la deuxième ? Pas de problème. On le black-liste en France ? Un petit détour par l'Angleterre pour reprendre confiance et vas-y que je me refais la cerise chez les Grecs. Plus tuné que jamais, enfin star reconnue et adulée, le Djib' a tout fracassé, inscrivant pas moins de 23 buts en championnat (buteur le plus prolifique des dix dernières saisons).


Meilleure attaque, meilleure défense, le Panathinaikos n'a pas volé son 20e titre, le premier depuis 2004 et le début de l'hégémonie de l'Olympiakos. Le Pana avait pris des risques l'été dernier en dépensant 35 millions d'euros en nouvelles recrues (Cissé donc, mais aussi Katsouranis, Leto, l'ex-Niçois Kanté...), pari réussi. Huit joueurs des Verts composent la sélection hellène pour la Coupe du Monde. Et l'intersaison s'annonce encore agitée avec déjà plusieurs grands noms étrangers qui circulent, dont ceux de Gallas et Boumsong.

Derrière le Pana ? C'est compliqué, le championnat grec se terminant par une phase de play-offs un poil foireuse sous forme de mini-championnat entre les équipes ayant terminé des places 2 à 5 de la saison régulière. L'Olympiakos, qui partait pourtant avec le maximum de points d'avance et un effectif pas vilain (Ledesma, Maresca, Mellberg, Galletti...), s'est totalement ramassé. C'est finalement le PAOK d'Olivier Sorlin qui décroche la deuxième place qualificative pour la C1.

A noter pour finir la bonne première saison en élite de Kavala, qui termine 6e. Véritable poil à gratter du championnat, le club présidé par le très sulfureux –récemment condamné d'ailleurs– Makis Psomiadis compte dans ses rangs des joueurs bien connus par chez nous, tels Pierre Ducrocq, Wilson Oruma, Charles Itandje ou encore l'étoile filante nantaise Douglao.

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