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  2. // Roma/Napoli (0-2)

Veni, vidi, Cavani

C'était officieux, c'est désormais officiel : Naples est bien l'anti-Milan AC. Les Napolitains de Cavani sont allés s'imposer à Rome, là où la Roma était invaincue depuis le début de la saison. Le Vésuve est en ébullition.

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La Roma ne perd jamais à domicile. Mais lorsqu'elle s'incline, elle perd aussi le Scudetto. L'an passé, c'était la Sampdoria. Cette année, c'est le Napoli. L'histoire se répète donc. Invaincus cette saison à domicile, les Giallorossi ont plié face à des Napolitains trop envieux, trop acharnés et surtout, trop napolitains. Désormais, Mazzarri ne pourra plus se cacher : son équipe est en lice pour le Scudetto, qu'il le veuille ou non. Quelques heures plus tôt, le Milan AC avait terrassé Parme (4-0), reléguant son dauphin à six longueurs. Pour ne pas perdre de terrain, il fallait par conséquent conquérir Rome, là où personne ne s'était encore imposé cette année. Guidé par un roi Cavani en état de grâce, Naples l'a fait, au terme d'un match nerveux et engagé (neuf cartons jaune et un crachat). Les Romains, battus dans le score et dans l'envie, disent définitivement adieu au titre. Les futurs acheteurs américains vont être déçus : ils s'étaient entraînés toute la semaine à prononcer "Scudetto".

Dans le jargon, on appelle ça un match à six points. Battue la semaine dernière à San Siro (5-3), la Roma n'a plus le choix : s'imposer et se relancer ou s'incliner et aller se rhabiller. Pour le Napoli, le tabou du stadio Olimpico est à la hauteur de l'enjeu : les Partenopei n'ont plus gagné en terre romaine depuis 1993. A l'époque, Totti ne jouait pas encore. C'est dire si cela fait des lustres. Ranieri doit renoncer à sa charnière centrale Mexès-Burdisso, tous deux suspendus, et tente un Cassetti dans l'axe. En attaque, Menez, malgré sa bonne prestation avec les Bleus, est laissé sur le banc au profit de Taddei, qui, avouons-le, est peut-être le joueur au faciès le plus énervant de la Serie A. D'entrée de jeu, les Mazzarri boys ont la mainmise sur le ballon. La Roma, en l'absence de Pizarro, est dans les choux au milieu de terrain, mais réussit pour le moment à contenir Cavani et Lavezzi. C'est même Vucinic qui se procure la première occasion (15ème), d'une frappe du gauche bien captée par De Sanctis. Par la suite, on n'assiste pas à grand-chose. Les joueurs sont très nerveux et monsieur Bergonzi a bien du mal à tenir tout son petit monde. Rosi se plaint de s'être fait cracher dessus par Lavezzi. Les arbitres n'ont rien vu, les caméras non plus. Les Napolitains tentent surtout d'allumer des pétards de loin, mais ni Cavani (33ème) ni Maggio (34ème) n'inquiètent Julio Sergio. 0-0 à la pause. Tout laisse pourtant à penser qu'il ne s'agira pas là du score final.

Pour la deuxième période, Ranieri corrige le tir et lance Menez à la place du désastreux Taddei (promis, ce n'est pas de l'acharnement). Mais dès la 3ème minute, c'est Naples qui frappe. Hamsik est touché dans la surface par Juan (involontaire, certes, mais annihilation d'une occasion de but, c'est le règlement qui le dit). Pénalty. Cavani, monsieur 18 buts, s'y colle. Poteau droit, poteau gauche, et filoche. Les Romains ont beau se plaindre : la balle a bien franchi la ligne. Et Cavani de devenir monsieur 19 buts. La Roma tente de réagir, mais manque cruellement de talent et d'idées. Seul Menez (cocorico) essaie de réveiller les siens par une frappe puissante, repoussée par De Sanctis (75ème). Naples procède par contre et une minute plus tard, Lavezzi a l'occasion de tuer le match en se retrouvant seul face au portier adverse. Raté. Ce n'est que partie remise : à la 83ème, le capitaine Cannavaro, resté aux avant-postes, dépose un ballon au centre pour Cavani, qui ne se fait pas prier pour le mettre au fond. Et de deux ce soir, et de 20 en tout. La Roma est au tapis. Les supporters napolitains, qui étaient pourtant interdits de stade, se font entendre. Près de 4.000 tifosi ont réussi à braver l'interdiction : ils sont forts ces Napolitains. La Louve n'y croit plus, même Menez est redescendu de son nuage. Totti entre à cinq minutes de la fin, pour ne rien faire. L'enfant chéri n'est plus maître en ses terres. Cavani est passé par là et a tout pillé. 2-0 score final, Naples revient à trois du Milan AC, tandis que la Roma est reléguée à treize longueurs. Dans deux semaines, les Napolitains se rendront à San Siro pour y défier les Rossoneri. Après avoir réussi le blitz à Rome, ils tenteront le coup d'État chez Berlusconi. Le pouvoir n'a jamais été si proche.



Eric Maggiori

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Forza Napoli ! Catania, nous sommes prêts à t'accueillir...
Je dirais même plus: Forza Napoli! Je n'oserai pas croire au titre avant qu'il ne soit gagné, mais secrètement je l'espère plus que tout.
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