1. // Euro 2012
  2. // France/Biélorussie (0-1)

Vendredi de défaite à Saint-Denis

Après le festival sud-africain, nous sommes allés faire un tour dans les tribunes du premier match des Bleus sur le sol français. Le Stade de France n'a pas besoin de Germain le Lynx pour attirer les footixs.

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Endormi, sans chaussures, l'arcade sourcilière éclatée et une belle galette lâchée sur le strapontin d'à côté. Celui-là ne revient pas du Stade de France mais il offre un sacré spectacle aux spectateurs de France-Biélorussie entassés dans la ligne 13 à la sortie du premier match des Bleus sur la route de l'Euro 2012. Tout avait pourtant commencé de façon moins hardcore.


Friday Night Lights


Les places à dix euros ont fait leur œuvre et, malgré les inquiétudes, ce sont tout de même 76 395 touristes qui sont venus visiter le Stade de France, ce vendredi soir. Pour faire joli à l'écran, la FFF a distribué quelques milliers de drapeau bleu-blanc-rouge et de Coupes d'Europe 2012 en carton, de ceux qui vous empêchent de voir qui a mis la tête sur ce putain de corner. Dans les travées, les maillots bleus sont floqués aux surnoms ou prénoms d'anonymes : Juju, Zizou, David, Henry... Que de mauvais goût. En tribune J Basse, une famille est venue avec le goûter et sort les bananes au bout de cinq minutes. En tribune K Haute, une tribu d'une cinquantaine de gamins rend le suivi du match plus difficile et les envies de meurtre plus fréquentes.


En fait, le fiasco de la coupe du monde n'a pas changé grand chose à l'ambiance Disneyland qui a toujours régné lors des matchs de l'EdF au SdF. Le seul et unique chant est toujours ce «  Allez les Bleus » répété éternellement comme une prière tantrique, parfois suivi d'un «  Arbitre enculé » , généralement lorsque l'arbitre n'a pas fait d'erreur. Le « kop » des supporters envoie aussi des tranches de "lol". Après le déploiement d'un tifo des supporters dunkerquois, un piètre kapo tente à plusieurs reprises de lancer une ola. Sans porte-voix ni charisme, ce ne sont qu'autant d'échecs et la première vague part du quart-de-virage biélorusse à la 42e minute. Le moment choisi par deux quarantenaires à l'air un peu paumé pour entrer dans la tribune et faire se lever toute une rangée pour trouver leur siège... avant de faire le trajet retour trois minutes plus tard au coup de sifflet de la mi-temps.


«  De toute façon, c'est l'équipe de France »


A la buvette, un couple commande le repas pour toute la famille : quatre sandwichs, quatre sodas. Alors que madame avance naïvement un billet de 20 euros, le vendeur annonce : « ça vous fera 45,50€ » . Bienvenue au Stade de France. A côté de toilettes condamnés ( « non, ce n'est pas une scène de crime, juste une inondation » ), un secouriste de la Croix Rouge allume sa clope en se marrant : « Non, ça ne me dérange pas de ne pas voir le match. De toute façon, c'est l'équipe de France, ça ne risque pas d'être très beau. Et puis j'entends quand même les bruits. Quoiqu'on n'est pas vraiment servi de ce côté-là non plus » . Un bon résumé.


La deuxième période est une variation sur la même partition. Pas grand chose à se mettre sous la dent à part deux faux espoirs : un but marqué par un Malouda signalé hors-jeu auparavant, et un six-mètres que tout le monde prend pour un penalty lorsque Valbuena s'écroule dans la surface et que l'arbitre court le doigt tendu vers un point imprécis. Et puis la 86e minute. Lorsque Kislyak marque le but vainqueur, la stupeur laisse vite place au foutage de gueule. Le public vanne les Français lorsqu'il ne les siffle pas et commence à encourager l'adversaire. Dans le kop biélorusse, la fête bat son plein. Comme disait le titre de Lequipe.fr après le match : «  Non, rien n'a changé... » . Ni sur le terrain, ni dans les tribunes. Reste à voir si tout, tout, va continuer.

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