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Vela et Juarez : derrière les sanctions

Six mois de suspension pour Carlos Vela et Efrain Juarez: après les mutins de Knysna, ce sont aux noceurs mexicains de payer leur indiscipline. Tentative d'éclaircissement d'une décision opaque.

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L'affaire a débuté le surlendemain de Mexique-Colombie, dernier match disputé par El Tri. Les joueurs ont déjà regagné leur club quand des jeunes femmes courtement vêtues font leur apparition dans la presse le 9 septembre. En jupes, en talons, leur arrivée à l'hôtel est minutée : entre minuit et 2h. Leur sortie également : à six heures pour la plupart, certaines avec un maillot de la sélection à la main. Comme pourboire ?

Capitale industrielle du pays, Monterrey vit dans une insécurité croissante, et consigne avait été donnée aux millionnaires en short d'y éviter toute sortie. Pour célébrer la fin de leur rassemblement, les joueurs louent donc sagement un salon de leur hôtel... où rôdait encore la presse. Les révélations sur la « pachanga » et le choc des photos contraindront la Fédération à réagir. Sans tarder, elle assure qu'elle ouvrira une enquête mais que le rassemblement de la sélection prenait fin à la sortie du stade, avant le retour à l'hôtel. Enterrement de première classe croyait-on...


Autant dire que l'annonce des sanctions prit à revers le pays : six mois de suspension pour Juarez et Vela, et 50 000 pesos d'amendes pour Guillermo Ochoa, Francisco Rodriguez, Carlos Salcido, Andres Guardado, Gerardo Torrado, Pablo Barrera, Giovani Dos Santos, Javier Hernandez, Rafael Marquez, Enrique Esqueda et Hector Moreno. Tous sont condamnés pour avoir contrevenu à un article du règlement des sélections nationales exigeant « une discipline irréprochable » . Il est aussi reproché aux deux suspendus d'avoir reçu des visites en dehors des zones et horaires autorisés. Plus explicitement, d'avoir tâté de la Zahia mexicaine. Devant le nombre de jeunes femmes photographiées dans l'hôtel (une demi-douzaine), ou la Fédé a manqué de preuves concernant d'autres suspects, ou le Gunner et le néo-Boys du Celtic la jouent aussi collectifs dans le privé.


Blanco : « C'est risible »


Au moment de l'éclatement du scandale, un joueur récemment transféré en Angleterre avait été désigné comme le mécène de la soirée. Vu du Mexique, l'Ecosse appartiendrait-elle à Albion ? Pour le cas du protégé d'Arsène Wenger, il paie vraisemblablement son attitude de bad boy anelkien, qui lui avait valu les remontrances des autorités morales et officielles du football aztèque (ex-internationaux, dirigeants). Appelé face à la Colombie pour remplacer son pote, Gio Dos Santos, Vela avait d'abord pris tout son temps pour se mettre en tenue, puis avait joué à l'élève insolent en virant la tête à l'opposé quand le sélectionneur lui transmettait ses consignes. Soit une attitude d'enfant gâtée dont il n'a pas les moyens, puisque pas franchement plus brillant avec le Mexique qu'avec les Gunners. Mais il pouvait se le permettre face à Efrain Flores, responsable de la formation des Chivas, nommé sélectionneur intérimaire, le temps que la Fédé dessine le profil du successeur d'Aguirre. Moins officiellement mais plus sûrement, le temps que termine le championnat national, afin de s'éviter tout conflit en arrachant l'entraîneur de Toluca (Chepo de la Torre, frère du responsable des sélections nationales, Nestor de la Torre) au moment où reprenait la saison. Si la Fédé mexicaine semble ne pas plaisanter avec la discipline, sa gestion de l'après Coupe du Monde ressemble pourtant bien à une blague.



Elle nomma d'abord pour un match d'hommage Enrique Meza, dont le passage à la tête d'El Tri avait pourtant été calamiteux, et dont les états de service en club pouvaient encore en faire un postulant à la fonction suprême : son club, Cruz Azul, est actuellement en tête de la Liga mexicaine. Puis l'arrivée d'Efrain Flores, donc, un peu comme si le formateur du Stade Rennais, Patrick Rampillon, avait succédé à Domenech et chauffé la place de Blanc... Face à une autorité discréditée, certains joueurs se sont alors cru tout permis. Jonathan Dos Santos déclina ainsi par deux fois ses convocations pour des amicaux sans valeur dirigés par un sélectionneur sans crédit ni futur. Contrevenant au règlement FIFA, le frère de Gio n'a pourtant pas été inquiété




La portée des sanctions peut aussi prêter à sourire. Pour le moment, Vela et Juarez s'évitent un déplacement à Ciudad Juarez, la ville dite la plus dangereuse du monde, où le Mexique accueillera le Venezuela le 12 octobre. Ils pourraient aussi se passer d'un voyage transatlantique pour deux, trois matches amicaux en janvier, février. La Fédé aurait-elle frappé aussi fort si El Tri se trouvait à l'aube d'échéances plus sérieuses ? Cuauhtémoc Blanco et ses 38 ans d'excès n'ont en tout cas pas tardé à s'indigner du châtiment : « C'est risible, il n'y avait pas lieu de les punir si la Fédé les avait autorisés à se rassembler, mais face à la pression médiatique, il fallait visiblement faire quelque chose... » . Rappel : en pleine concentration pré-Mondial 2010, le “Cuau” avait été photographié clope et bière à la main, en compagnie... d'Efrain Juarez. La fédération mexicaine avait alors couvert les noceurs en arguant qu'il avait été donné quartier libre aux joueurs pour la soirée. L'image de la sélection valait alors beaucoup plus cher...



Thomas Goubin, à Guadalajara

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