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Varsovie et deviens

La victoire en Pologne (1-0) a permis aux Bleus à la fois de finir la saison sur une bonne note et confirmé que le temps du changement était peut-être amorcé...

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Tout d'abord un vrai coup de chapeau à la Pologne. A son équipe nationale d'abord pour avoir proposé un « vrai » match de compétition aux Bleus. A son public ensuite pour avoir mis une très chouette ambiance qui donne envie de revenir dans un an pour la phase finale de l'Euro. La France y sera, il faut arrêter de se faire peur, son groupe étant d'une faiblesse insigne. Reste à savoir comment elle s'y présentera. Bizarrement, c'est peut-être cette dernière rencontre, qui pouvait annoncer un non-match à la veille des grandes vacances, qui en fait aura donné l'idée la plus nette de ce vers quoi veut tendre Laurent Blanc. En même temps, entre la fossilisation tricolore du déplacement en Biélorussie et les soixante-quinze minutes confondantes de timidité en Ukraine, il n'était vraiment pas compliqué de coller davantage à la philosophie ambitionnée par le sélectionneur de l'équipe de France. Mais le mérite de ces Bleus alignés à Varsovie aura été de faire le job jusqu'aux dernières secondes et compte-tenu du laisser aller manifeste de certains, c'est déjà un crédit en soi.


Marvin Martin l'architecte


Et puis il y a le jeu. Franchement pas mal. Pas dans sa flamboyance mais dans sa maîtrise. Hormis peut-être à Wembley face à une Angleterre énigmatique, on n'a pas le souvenir d'aussi longues séquences de conservation tricolore, patiente, utile et terriblement usante pour l'adversaire. Ce modus operandi porte avant tout un nom : Marvin Martin. Bien entendu, certains lecteurs du Parisien seront déçus par la performance de celui qui a été comparé à qui vous savez dans le quotidien francilien par la grâce d'un doublé pétaradant (assorti d'une passe décisive) à la fin d'un match amical où l'adversaire avait déjà foutu le camp au vestiaire dans l'écrin de Donetsk. Alors qu'en fait, ce que le jeune Sochalien a produit durant les quarante-cinq premières minutes face à la Pologne est infiniment plus porteur d'espoir. De la disponibilité, de la mobilité, de la justesse et de la variété dans les transmissions : ici une remise courte, là un changement d'aile ciselé, ou encore une ouverture en profondeur aux petits oignons. Surtout, il y a tous ces petits relais qui portent évidemment la griffe des Lionceaux mais rappellent de façon plus lointaine quelque chose d'espagnol, quand au pays des champions du monde et d'Europe, on multiplie les passes redoublées, les transmissions latérales ou en retrait quand le bloc adverse est trop serré. Toute cette architecture technico-tactique orchestrée par Marvin Martin dessine clairement le jeu imaginé par Laurent Blanc. Rien que pour ça, cette première titularisation du natif de Paris est une promesse même si sa seconde période a été plus neutre.


Sakho le grand perdant ?


Globalement, Blanc a pu trouver quelques réponses au Stade du Legia en vue du match face à l'Albanie le 2 septembre prochain. Cette tournée slave dans son ensemble devait consacrer la montée en puissance de Mamadou Sakho. Elle aura en fait démontré que le gap est réel entre un excellent niveau en club et le niveau international. Car après les hésitations du jeune Parisien, Eric Abidal, replacé dans l'axe par la force des choses, a apporté quelques garanties aux côtés d'un Kaboul qui a plutôt confirmé sa bonne prestation en Ukraine. Ce coulissement axial du Barcelonais est d'autant plus probant (même s'il ne représente qu'une solution de dépannage) que dans le couloir gauche, Patrice Evra a poursuivi sur sa très bonne lancée du match précédent. Dans l'entrejeu, les choses semblent se dessiner de plus en plus clairement : Alou Diarra est aux fraises, Cabaye ne sera jamais qu'un très bon joueur de club, alors que M'vila en sentinelle et Diaby en relayeur high tech ressemblent aux compléments parfaits au maestro Martin dans un vrai 4-3-3 comme l'aime Blanc, même si l'équipe pêche dans la récupération et c'est une réserve sérieuse quand les choses se corseront inévitablement. Evidemment, dans ce système, confier la pointe au pauvre Hoarau ressemble à une exécution et à ce rythme-là, dans le registre « grand balèze » , le Réunionnais va vite être mis dehors par un Bafé Gomis. En revanche N'Zogbia, dribbleur gaucher impénitent, a pris une option sérieuse dans le groupe grâce à ses différences considérables balle au pied, une mine d'or quand on songe aux prestations sans saveur de Malouda, Ribéry et même Valbuena.



Après le temps de la déception biélorusse, des questions ukrainiennes, cette ultime partie en Pologne a apporté quelques réponses précieuses en vue du dernier coup de collier à la rentrée pour valider le billet pour l'Euro 2012. On pensait que Blanc faisait du surplace et c'était probablement le cas. Jusqu'à ce que certains nouveaux éléments ne rebattent les cartes. Dans quelle mesure ? C'est toute l'interrogation... Le 10 août à Montpellier face au Chili (un beau match en soi), tout le monde devra être dans les starting-blocks. Avec cette équipe de France en pleine remise en cause, un match amical au cœur de l'été n'est plus anodin. La crise, ça a du bon parfois...


Dave Appadoo

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