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Varane, mature avant l’âge

Du haut de ses 19 printemps, Raphaël Varane s’apprête à glaner de nouveaux galons de titulaire face au Borussia Dortmund. Retour sur l’itinéraire d’un gamin à la maturité déconcertante, aux genoux en X et au baccalauréat en poche.

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Ce soir au Westfalenstadion, le benjamin de la feuille de match ne sera pour une fois pas de jaune vêtu. Il arborera un jersey blanc meringue, se positionnera dans l’axe madrilène et relancera, proprement. À en croire sa carte d’identité, ce cadet n'a pas encore 20 printemps. Le minot est encore une classe en dessous de Sergio Ramos et Pepe, mais tend à s’en approcher. L’aventure professionnelle de Raphaël Varane commence il y a de ça deux ans. Le 7 novembre 2010, à Félix Bollaert, suite au forfait d’Alaeddine Yahia, le natif de Lille troque sa chasuble de remplaçant pour un chandail de titulaire face à Montpellier. Tresses africaines au vent, maillot trop large, il dégage sitôt sur le pré une assurance déconcertante. Cette tranquillité troublante découle d’une éducation consciencieuse et d’une formation atypique. Deux de ses éducateurs racontent l’histoire « d’un garçon modèle » , à la maturité presque inhabituelle.

Des genoux qui font grandir

Cette précocité n’est pas seulement footballistique, elle est avant tout scolaire. Recruté dès son onzième anniversaire par le Racing Club de Lens alors qu’il n’évoluait encore qu’au Hellemmes Football, fanion de la banlieue lilloise, le gamin sort déjà du lot. À l’âge de treize ans, un dilemme se présente à lui : continuer à plein temps sa formation à la Gaillette, centre d’entraînement et de formation du RCL, ou intégrer le pôle espoir de Liévin. Histoire de changer d’air, de découvrir un autre univers, Raphaël Varane opte pour la deuxième option. Alain Delory, adjoint du directeur du centre, se souvient : « Quand on discute avec Raphaël, au-delà du personnage humble qu’il est, on découvre quelqu’un "d’intellectuel", qui aime réfléchir. » Les qualificatifs pour le décrire sont redondants : « sérieux » , « capacité d’écoute » , « rigueur » … Alors que beaucoup de garçons de son âge auraient laissé tomber l’école, lui bachote, peaufine ses cours. Si bien même qu’à moins de 48 heures de sa signature pour le grand Real Madrid, « il est venu me voir pour me demander des conseils. Il voulait absolument réussir ses épreuves d’histoire et d’anglais pour le bac » , dixit Alain Delory. « Avec sa mère institutrice, il a toujours eu une éducation équilibrée » , ajoute Marc Westerloppe, alors directeur du centre de formation lensois.

Cette sagesse, Raphaël Varane se l’est également forgée dans les moments difficiles. Alors qu’il passe ses années de quatrième et de troisième au CRAF de Liévin, sa croissance lui joue des tours. « Durant cette période, ses genoux n’ont pas tenu. Coup sur coup, son genou gauche, puis droit, l’ont éloigné pendant huit mois successifs des terrains. Quand il revenait de l’école, il voyait tous ses potes partir à l’entraînement, alors que lui ne pouvait rien faire. Mentalement, il faut être très fort pour accepter ça à cet âge » , se remémore Alain Delory. En compagnie de Victorien Boulon et d’Anthyme Charlet, eux aussi membres du centre de Liévin, il assure la réathlétisation de Raphaël. Mois après mois, Raphaël accumule les heures de piscine, de gymnase, de séances individuelles. « Au-delà de la technique footballistique, son caractère s’est affirmé. Il ne voulait pas perdre son temps » , renchérit Alain. À la sortie de ces deux ans, le minot aux genoux d’argile revient à la Gaillette. Marc Westerloppe y retrouve « quelqu’un qu’on ne peut influencer, très facile à gérer » . Comme le résume son instructeur, « Raphaël est un bosseur : il aime travailler, apprendre » . Des qualités humaines qui transpirent sur le footballeur qu’il va devenir.

Le « p’tit Laurent Blanc »


Celui qui le résume le mieux est encore l’un de ses anciens partenaires en équipe de France des moins de 19 ans. Thievy Bifouma, dans El Pais : « Si le ballon vient à gauche, il dit, "Je contrôle avec le pied droit et relance avec le gauche ; s’il arrive à gauche, je contrôle avec le pied gauche et relance avec le droit." Avec naturel, sans réfléchir. Dans tout ce qu’il fait, il transmet sa tranquillité à l’équipe. Quand je l’ai vu jouer, je ne me suis jamais dit qu’il avait 19 ans. Il joue comme un grand. Peut-être que Mourinho l’a pris, parce qu’à la différence de beaucoup de jeunes, Raphaël n’est pas influencé par la pression. » Une imperméabilité mentale, une aisance sportive que ses formateurs ont pu apprécier dès son débarquement. « Dans le centre de Liévin, tout le monde a son petit surnom. Alors dès son arrivée, on l’a appelé le p’tit Laurent Blanc » , dixit Marc Westerloppe, pour qui cette comparaison doit beaucoup à ses problèmes de croissance : « Comme beaucoup de jeunes, Raphaël a poussé avant de prendre des kilos. Pour éviter les duels, il a privilégié la technique et l’anticipation, d’où son image de libéro à l’ancienne. » En classe, comme sur les prés, Raphaël préfère la marge aux modes.

Quitte à forcer le trait, Alain Delory estime que « sans le travail, tout le talent du monde ne suffit pas » . Apparemment, Raphaël Varane a très tôt enregistré le concept. Au point de devenir un exemple pour ses partenaires, alors qu’il ne peut encore entrer dans un casino. « Après chaque entraînement, il prend le temps de s’étirer, a une hygiène de vie irréprochable. Il est toujours à l’écoute, se remet sans cesse en question. Bref, c’est une chose très rare dans le monde professionnel de voir de telles qualités mentales et footballistiques » , confirme le dirigeant sang et or. De fait, du haut de ses 16-17 ans, Raphaël saute toutes les étapes. Une précocité qui le fait grimper des U19 à la CFA, puis au groupe professionnel en à peine trois mois. « Son potentiel a augmenté de 30 à 40 % en à peine une saison » , poursuit-il. Tant et si bien qu’aujourd’hui, la surprise de le retrouver titulaire au Real Madrid n’en est pas une. Les souvenirs de son passage, eux, sont indélébiles. Dès qu’il revient dans le Nord, il passe saluer ses anciens formateurs. Aujourd’hui en charge du recrutement des jeunes, Marc Westerloppe avoue « avoir du mal à trouver un profil comme celui de Raphaël » . Pour Alain Delory, « c’est un exemple, une référence pour les gamins » . À croire que, du haut de sa dix-neuvième année, Varane est déjà arrivé.

Par Robin Delorme, à Madrid
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