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Varane, la décroissance ou l'exil

Couvé depuis son arrivée au Real Madrid, Raphaël Varane sort du bois. Mécontent de sa situation personnelle, le central français a fait de son rôle de troisième couteau une fatalité. De fait, un départ estival n'est pas à exclure pour s'émanciper de la concurrence de Pepe et Ramos.

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Ses cheveux sont soigneusement peignés, ses vêtements ne connaissent aucun pli, sa voix ne tressaille jamais. Roi d'une communication proprette, et donc verrouillée, Raphaël Varane reste fidèle à lui-même. Droit dans ses bottes, il murmure à qui veut bien l'entendre qu'il est « tranquille » , sans oublier d'affirmer que « Pepe et Sergio Ramos jouent plus » . Dès que sa situation individuelle est débattue, un léger malaise surplombe la discussion. Pour autant, le Nordiste ne laisse rien transparaître. Unité du vestiaire et intérêt personnel obligent, il prêche la bonne parole et ne déçoit presque jamais l'attaché de presse qui le suit comme son ombre en zone mixte. En coulisses, la donne est un iota différente. Cinquième roue du carrosse des centraux derrière la paire ibérique, le Bleu a passé le stade de l'impatience. Bien que titulaire lors des treize dernières sorties merengues, il ne fait plus d'un départ un gros mot et presse le Real Madrid à se positionner, lui qui a été prolongé la saison passée. Les signaux qui lui sont envoyés par sa direction de Chamartin ne soufflent pas dans son sens.

Ancelotti : « Pepe, un exemple pour Varane »


Avec ses 38 matchs toutes compétitions confondues, le cru 2014/15 de Raphaël Varane est déjà son plus prolifique en terme d'apparitions. Un nombre important de titularisations plus fortuit que souhaité par Ancelotti : Pepe, tout juste de retour de blessure, et Sergio Ramos, en fin de convalescence, restent les favoris de l'entraîneur italien. Bien qu'annoncé sur le déclin, le Portugais demeure un formidable défenseur et le nouvel étendard du madridismo. « Pepe est très professionnel et très appliqué. Si je faisais une liste des joueurs avec un très grand esprit d'équipe, il serait dans le top, évoquait Carletto dans les colonnes de A Bola. Je ne crois pas que Varane soit un problème pour lui, au contraire. Je crois que Varane le motive de la même manière que Pepe est une motivation et un exemple pour Varane, qui peut apprendre beaucoup avec lui. » Un recadrage tout en subtilité qui souffle dans le sens du trentenaire de la Seleção. Quant au Sévillan, buteur héroïque de Lisbonne et de Marrakech, il dispose à jamais du totem d'immunité délivré par le Santiago-Bernabéu.

Plus que des paroles, le Real Madrid passe actuellement aux actes. Ainsi, ledit Képler Laveran Lima Ferreira est sur le point de se voir offrir une prolongation de contrat, ne reste plus aux deux parties qu'à s'entendre sur la durée du nouveau bail. Pour Raphaël Varane, prolongé l'an dernier jusqu'en juin 2020, l'horizon s'assombrit. Dans les arcanes de la Ciudad Real Madrid, les murs évoquent même une rencontre avec Carlo Ancelotti le mois passé : en substance, le central français aurait questionné son entraîneur sur son rôle de troisième lame. Une requête entendue par l'ancien coach du PSG, qui s'est tout de même étonné que son poulain requiert la présence de son agent. Bref, de ce pataquès et de ces rumeurs, une vérité semble se dessiner : celle du mal-être passager du natif de Lille. Loin d'être acquis, un exil de la capitale espagnole est une option étudiée par le joueur et son entourage. Contre 40 millions d'euros, Chelsea et Manchester United seraient sur les rangs. « Le Real Madrid ne doit sous aucun prétexte vendre Raphaël Varane. Plus le temps avance, plus il joue pour lui. Il doit faire preuve de patience » , juge Pavon, ancien central madridista.

Fini le genou en guimauve


Jouer, Raphaël Varane en profite depuis les blessures de début d'année de ses deux concurrents. Moins impérial que lors de ses débuts sous Mourinho, il retrouve au gré des rencontres un niveau international. « Actuellement, alors que l'équipe n'est pas en grande forme et que le jeu est moins fluide, il maintient un haut niveau, relance l'ancien d'Arles-Avignon. À mon avis, les trois joueurs qui ont su garder un haut niveau dans l'équipe sont Pepe, Marcelo et Varane. » Un point sur lequel Carlo Ancelotti s'accorde, lui qui a déclaré suite au faux pas de Bilbao que « le problème est plus offensif que défensif » . Dans le flou qui entoure l'avenir de Varane, une nouvelle réjouissante pointe le bout de son nez. Ou de son genou, plutôt. Enquiquiné depuis deux saisons par des bobos récalcitrants au genou, ce dernier ne le fait plus souffrir. « Depuis un an je n'ai plus mal, je peux jouer tous les trois jours » , affirmait-il suite au succès à Getafe. Bien que certains médias répètent qu'il s'entraîne souvent en solitaire pour éviter toute rechute, ce souci médical en moins ne devrait refroidir les envies de ses courtisans anglais. Car désormais, reste à gommer ce spleen qui le suit depuis cet été. À Madrid ou sous d'autres cieux.


Par Robin Delorme, à Madrid
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