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Van Persie, Sa Majesté retrouve son jardin mancunien

Il y a un peu plus d’un an, son départ était apparu comme un crève-cœur. Joueur de Manchester United durant trois saisons (2012-2015), Robin van Persie revient sur les terres où il a tutoyé les sommets et écrit le plus beau chapitre de son parcours. Pour les Red Devils, c’est aussi l’occasion de célébrer l’un de leurs derniers héros.

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Pendant quelques secondes, Old Trafford s’est tu. Les yeux écarquillés et rivés sur un seul homme s’apprêtant à suspendre le temps. Soucieux de préserver sa réputation d’attaquant racé, Robin van Persie décide ce 22 avril 2013, contre Aston Villa (3-0), de conjuguer efficacité et esthétisme pour offrir le vingtième titre de champion dans l’histoire de Manchester United. Peu avant le quart d’heure de jeu, Wayne Rooney, situé près de la ligne médiane, décroche une ouverture lumineuse dans la course de son partenaire. Le reste appartient à l’éternité. Le « Flying Dutchman » claque une somptueuse reprise de volée qui termine dans le petit filet gauche de Brad Guzan, qui n’esquisse pas le moindre geste. « Peut-être que si vous regardez jusqu’à ce jour, par rapport à l’importance et aux circonstances autour de ce but, c’est mon plus beau, souffle alors à MUTV celui qui vient d’inscrire un hat-trick et de soulever sa première couronne nationale. C’était une belle passe de Wayne, il a su bien lire ma course car j’étais devant Ron Vlaar. La balle est arrivée dans ma course, je comptais mes pas. La seule chose que je devais faire était de garder mon corps à la même hauteur que le ballon. Sur ce genre de buts, vous avez aussi besoin d’être chanceux parce que la balle peut aller largement au-dessus. Cela n’a pas été le cas, heureusement pour moi. »

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Aux premières loges ce jour-là, Sir Alex Ferguson racontera à son tour plus tard dans son autobiographie toute l’admiration qu’il voue au Néerlandais : « Un joueur lambda qui essaierait ce geste une centaine de fois à l’entraînement ne marquerait qu’une seule fois. Van Persie pouvait le faire régulièrement. » Trois ans et demi après ce coup d’éclat hors du temps, l’Angleterre n’a pas oublié cette soirée de printemps. Loin de là. Début octobre, à l’occasion de la cérémonie Legends of Football outre-Manche, sa réalisation a été élue comme la plus belle dans l’ère de la Premier League. L’occasion pour Robin de jeter un regard dans le rétroviseur. De se remémorer, aussi, avec un brin de langueur et de nostalgie, ce qui constitue sans doute l’acmé de sa carrière. « J’aime ce but, car c’est le premier titre majeur que j’ai gagné en Angleterre et c’était un grand moment pour Manchester United, confiait-il, large sourire aux lèvres. Mais ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est l’histoire qu’il y a derrière tout ça. » . Une romance plus qu’une simple aventure, où se sont entremêlées exaltation, ivresse et amertume. Parce qu’avec RVP, l’amour n’a duré que trois ans. Suffisant, toutefois, pour faire chavirer les cœurs.

L’art et la manière de s’annoncer


Si le nom de Robin van Persie continue encore aujourd’hui d’émouvoir le « Théâtre des rêves » , c’est parce qu’il le renvoie à une époque dorée pas si lointaine. La dernière page écrite sous Alex Ferguson a surtout été rendue possible par le gaucher. « Robin a été le guide de ma dernière saison à United comme manager. Il a été ma dernière grande acquisition » , dira d’ailleurs de lui le vieux briscard écossais. Un « guide » qu’il a fallu néanmoins arracher à Arsenal. À un an de la fin de son bail dans le nord de Londres, le Néerlandais fait savoir au board des Gunners qu’il veut plier bagages. Au cœur de l’été 2013, la Juve, City et United lui font la cour, mais le joueur succombe aux avances de Fergie et Wenger signe le bon de sortie pour un peu plus de trente millions d’euros. « Tu ne réalises pas à quel point le joueur que tu obtiens est bon » , glissera d'ailleurs, au passage, Tonton Arsène à son rival de toujours. Quand l’enfant de Rotterdam débarque à Manchester, c’est accompagné de l’étiquette flatteuse de meilleur attaquant du championnat anglais.

Au cours de ses deux dernières saisons à Arsenal, brassard de capitaine au bras, il a mis à genoux le Royaume dans des proportions tant attendues. Cinquante-neuf buts inscrits toutes compétitions confondues. Des hauteurs atteintes qu’il espère alors connaître à nouveau avec son nouveau club. Pour cela, il met les formes lors de sa présentation en clamant une ambition confinant à la suffisance : «  J’ai pris le numéro 20, car je suis ici pour gagner le 20e titre de Manchester United. » Surtout, celui que les fans londoniens acclamaient à travers le chant « Robin van Persie, he scores when he wants » balaie d’un revers de la main huit années à Arsenal en assurant que « le petit garçon en moi m’a crié de jouer pour Manchester United » . Le charme opère avant même que la tunique écarlate ne soit endossée. Et une fois sur la pelouse, Robin cultive un peu plus son art de l’annonce.

Haie d'honneur


Pour sa première dans l’écrin mancunien, le néo-Red Devil délivre une délicieuse demi-volée en guise d’avant-goût contre Fulham (3-2, 25 août). Le reste n’est que l’expression d’une beauté distillée à tout-va. Un triplé à Southampton (2-3, 2 septembre), une merveille digne de Dennis Bergkamp contre West Ham (1-0, 28 novembre), des défenses de West Brom (2-0, 29 décembre) et Wigan (0-4, 1er janvier) mises au supplice, sans oublier des réalisations décisives lors des chocs face à Liverpool (1-2, 23 septembre et 2-1, 13 janvier), Chelsea (2-3, 28 novembre) et Arsenal (2-1, 3 novembre et 1-1, 28 avril), où il revient à l’Emirates Stadium accueilli par une haie d’honneur après le titre de champion raflé. Comme pour justifier son choix d’être parti. Mais son plus grand frisson, « Mister Perfect » l’a sans doute offert à l’occasion du derby à City avec un coup franc salvateur dans le temps additionnel qui est depuis passé à la postérité (2-3, 9 décembre).


À l’époque, le Batave marche littéralement sur l’eau et règne sans partage sur l’Angleterre (26 buts en Premier League). Une barre transversale et un Diego López impérial lors de la double confrontation en huitièmes de finale de C1 contre le Real Madrid l’ont cependant empêché de mener United plus loin sur la scène européenne (1-1, 1-2). « Cela nous a pris un moment pour comprendre à quel point Robin était bon. La qualité de ses appels n’était pas immédiatement visible, même pour nos joueurs les plus intelligents, détaille encore Alex Ferguson dans son autobiographie. Paul Scholes et Michael Carrick, deux des meilleurs passeurs que j’ai jamais eus, ont eu du mal, au début, à apprécier la vitesse de ses déplacements. » Après la prestation majuscule de son poulain contre Aston Villa, la figure tutélaire britannique l’adoube même publiquement au détour d’une comparaison plus qu’élogieuse : « Il a véritablement changé le visage de mon équipe. En matière d'impact, il en a eu autant que n'importe qui au club. Éric Cantona compris. »

Le début de la fin


Van Persie touche alors le climax de sa carrière. Sauf que le sommet atteint marque également le début de la fin. Le départ soudain de Fergie au terme de la saison ébranle profondément l’attaquant, lequel était venu en grande partie pour évoluer sous ses ordres. « Le moment où Sir Alex Ferguson nous a dit dans le vestiaire, à Carrington, qu'il prenait sa retraite, j’ai regardé sur ma gauche et six casiers plus loin, j’ai vu Robin totalement dévasté…, révélait Rio Ferdinand, très proche de lui à United, en 2015. Il secouait la tête, était en état de choc et semblait complètement abattu. De toute l’équipe, Robin était celui qui a été le plus touché par cette nouvelle. » À tel point que la suite de son aventure à Manchester s’est davantage apparentée à un chemin de croix plutôt qu’à une route où les succès devaient pleuvoir. Sous l’éphémère mandat de David Moyes, à l’aura moins exaltante que son iconique prédécesseur, le meilleur buteur de la sélection oranje (cinquante pions) s’étiole progressivement. Rattrapé par un corps contrariant, il ne parvient pas extirper les Red Devils de leur torpeur et boucle un exercice 2013-2014 honorable avec dix-huit buts claqués en 28 rencontres toutes compétitions confondues. Malgré un climat lugubre autour du club, il s’évertue à rappeler ponctuellement que sa patte gauche peut faire des étincelles. Comme contre Swansea (1-4, 17 août), Arsenal (1-0, 10 novembre) ou encore le Bayer Leverkusen (4-2, 17 septembre). Et, surtout, lors d’un huitième de finale retour épique à Old Trafford face à Olympiakos (3-0, 19 mars) où RVP inscrit un triplé après un match aller aux airs de tragédie grecque (2-0, 25 février). On a pourtant cru que la chute serait enrayée par la venue de Louis van Gaal en terre mancunienne, à l’été 2014, dans la foulée d’un Mondial brésilien qu’ils ont vécu ensemble.

Van Persie, qui avait commencé la Coupe du monde par un saut de l’ange avant de connaître un atterrissage plus qu’heurté en fin de compétition, espère retrouver son lustre d’antan aux côtés de son compatriote. Il n’en sera finalement rien. Le physique éprouvé, les jambes plus lourdes et le pied gauche moins incisif, le temps finit par avoir raison de lui. Reste tout de même, encore une fois, des fulgurances çà et là (Chelsea, Hull City Southampton). Mais, au milieu d’un Manchester United chancelant et qui ne fait plus figure d’épouvantail, elles ne suffisent plus à masquer un déclin devenu perceptible aux yeux de tous. En juillet 2015, le couperet tombe : Robin quitte son jardin après 105 matchs et 58 buts toutes compétitions confondues. Avec de l’amertume envers Van Gaal et un sentiment d’inachevé. « Je connaissais Louis en tant que sélectionneur, et, désormais, je le connais en tant qu'entraîneur de club. Et il y a une différence, a-t-il lâché au Sunday Times au moment de son départ pour Fenerbahçe. Quand je suis revenu de blessure, cela n'a pas été une lutte honnête du tout. Je n'ai pas pu lutter pour revenir dans l'équipe, cette option ne m'a pas été donnée. Il m'envoyait en équipe réserve. (...) Sir Alex savait comment gérer ses joueurs, mais tous les entraîneurs n'ont pas cette compétence. » Toujours profondément identifié comme un joueur des Red Devils, RVP s’attend à des retrouvailles riches en émotions : « Je veux bien jouer pour mon équipe, mais, bien sûr, ce sera spécial de jouer à la maison. Ce sera une occasion spéciale et un match particulier pour moi. J’ai hâte de vivre cette soirée. » À l’aube de revenir là où il a scintillé comme jamais pendant trois ans, les souvenirs affleurent aussi. Et ces quelques mots d’Alex Ferguson résonnent de nouveau : « Le statut de légende n’est pas mesuré par rapport aux années passées dans un club, celui-ci est mesuré en fonction de ce que vous faites durant le court temps que vous avez. » L’héritage de Van Persie réside peut-être là. Dans la grâce de l’instant plutôt que dans la régularité au sommet.

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Par Romain Duchâteau
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