Van Nistelrooy, buteur compulsif

L'un des feuilletons du mercato : Ruud Van Nistelrooy, en rupture de ban à Madrid, a quitté la Maison Blanche et ses galactiques pour Hambourg et son froid polaire, dans le but de s'incruster dans les 23 Oranjes qui iront en Afrique du Sud. L'occasion de revenir sur la carrière d'un avant-centre trois étoiles.

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Après plus de trois saisons à Madrid, Van Nistelrooy a fait ses valises direction Hambourg, qu'il a rejoint pour une pige d'une saison et demie. Avant cela, dimanche soir, le Batave s'est offert un dernier tour d'honneur à Bernabeu. Des adieux durant lesquels il fut ovationné par le public madrilène, qui se souviendra longtemps de lui. Pourtant, à son arrivée au club lors de l'été 2006, le pari était loin d'être gagné. Les socios, davantage habitués à voir débarquer des Ballons d'Or ou des danseuses brésiliennes, le qualifiaient même d'insulte au football.

Van Nistelrooy, qui venait de claquer la porte de Manchester United, traînait derrière lui cette réputation pas forcément erronée d'Inzaghi bis, c'est à dire un piquet régulièrement hors jeu juste bon à attendre les ballons. Avec, pour l'illustrer, cette stat hallucinante de 149 buts marqués depuis l‘intérieur de la surface pour un total de ...150, le tout en cinq saisons chez les Red Devils. Dans le lot, beaucoup de buts à deux mètres des cages, sans gardien, de hors-jeux non signalés, et de pénos. Pourtant, résumer Van the Man à un simple tueur de glace est quelque peu caricatural. Le Hollandais, s'il ne participe que très peu au jeu, dégage une classe naturelle ne serait-ce qu'en trottinant. Et bon nombre de ses réalisations n'ont rien à envier au top 10 de Marco Van Basten, autre Hollandais volant d'1m88 à la technique superlative. Curieusement, malgré un style et une philosophie de jeu similaires, les deux hommes ne s'apprécient guère.

Arrivé à MU en 2001, avec une année de retard pour cause de grave blessure au genou, Old Trafford et son public connaisseur ne mettront pas longtemps à adopter l'ex-buteur d'Eindhoven, et à faire de la prononciation de son prénom un rituel à chaque but marqué. Auteur d'un doublé pour sa première apparition sous la tunique mancunienne, il fera encore mieux à son arrivée à Madrid. Pour son deuxième match seulement chez les Merengues, il claque trois fois lors d'un déplacement à Levante et fait taire les derniers sceptiques. Meilleur buteur dans les trois championnats dans lesquels il a joué, le Néerlandais n'est pas le genre de mec à se réfugier derrière l'excuse de la période d'adaptation : Ruud est opérationnel partout, et tout de suite.

Au final, il portera sur ses épaules l'un des plus faibles Real de l'histoire tout au long de cette saison 2006-2007, le conduisant ainsi à son premier titre de champion depuis quatre ans. Pichichi de la Liga cette année-là, il sera le meilleur symbole du Real de Capello : sobre, parfois crade, mais gagnant.

Après sa Hollande natale, l'Angleterre puis l'Espagne, RvN boucle ainsi son tour d'Europe par l'Allemagne, à la découverte d'un nouveau championnat mais surtout à la recherche de temps de jeu. Au bout, ce défi insensé : participer à la Coupe du Monde 2010. Ruud, qui avait dit stop après l'Euro 2008, a décidé de sortir de sa retraite internationale pour s'offrir un dernier défi avec les Oranjes. Bien finir, c'est toujours ce qu'il a su faire de mieux.

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