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Van Gaal et le culte de la possession

De Matt Busby à Alex Ferguson, Manchester United a construit sa légende et collectionné les succès en prônant un football attractif, porté vers l’avant et fait de folie. Sous Louis van Gaal, cette tradition a depuis pris du plomb dans l’aile. Car le Néerlandais affectionne un football de possession, de redoublement de passes et où l’imprévisibilité n’existe pas. Autrefois théâtre des rêves les plus exaltants, Old Trafford est devenu un théâtre de l’ennui.

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Quand il convient de rappeler ce qui fait l’essence de Manchester United, il est nécessaire de laisser la parole aux hommes qui comptent. À ceux qui ont construit, donné une identité et établi le club anglais au pinacle de la scène européenne. Avec Sir Matt Busby, Alex Ferguson, figure tutélaire éternelle, demeure sans doute la personne la plus importante dans l’histoire mancunienne. Et dont les convictions intemporelles ont guidé toute une institution pendant vingt-sept ans : « Existe-t-il un seul club au monde pouvant vous offrir plus de moments à couper le souffle que Manchester United ? s’interrogeait-il dans son autobiographie parue en 2013. Dans n’importe quel programme de match, j’aurais averti les supporters : si nous sommes en train de perdre 1-0 à vingt minutes de la fin, rentrez à la maison, ou il y a des chances que votre cœur lâche. Vous pourriez finir à l’infirmerie de United. J’espère que tout le monde sera d’accord quand je dis : "Personne n’a été lésé." On ne s’est jamais ennuyé. » Problème, plus de deux ans après son départ, l’ennui s’est invité à Old Trafford. Les mots de Fergie, autrefois érigés en principes essentiels, ne résonnent plus. Le style de jeu à vocation offensive, les contre-attaques supersoniques et les fins de match débridées ne sont plus que de lointains souvenirs enfouis. Louis van Gaal, avec sa « philosophie » sans cesse rabâchée, est arrivé. D’abord enthousiastes quant à son arrivée, les supporters semblent aujourd’hui abattus, presque désabusés.

Possession et contrôle, les fondamentaux de Van Gaal


Il suffisait juste de tendre l’oreille le week-end dernier afin d’écouter leurs sempiternelles supplications. Sur la pelouse du King Power Stadium, au cours d’un match où United a arraché le nul contre Leicester (1-1), les fans ont entonné ce chant trop souvent entendu depuis la saison dernière : « Attack ! Attack ! Attack ! » Car depuis la prise de fonctions de Louis van Gaal, les Red Devils ont viscéralement changé de visage. Durant l’ère Ferguson, United pratiquait un football offensif, vertical, fait de contre-attaques et où l’accent était mis sur la liberté individuelle et la prise de risques. Sous Van Gaal, ces caractéristiques ont disparu. Désormais, le club mancunien se calque sur la personnalité du manager néerlandais. Manchester est devenu solide, rigide et extrêmement discipliné. Mais aussi prévisible et stéréotypé lors de chaque match. Au point même de se voir caricaturé et moqué en fin d’exercice précédent par un José Mourinho des grands soirs, à l’occasion de la cérémonie annuelle de Chelsea. « C’était un match avec deux cages, mais il y a une équipe qui jouait sans ballon. Cette équipe a très bien joué, avec une bonne possession de balle, mais elle n’a pas marqué de but. Ils n’ont pas pris de points, se gaussait le Portugais, auréolé de son titre de champion avec les Blues. Ils ont demandé à la FIFA s’il était possible de gagner comme ça, mais elle leur a dit que c’était impossible, que la possession de balle n’est pas essentielle pour gagner des matchs. Donc ils ne seront pas champions. »

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Si les propos du Special One sont évidemment empreints d’ironie, ils mettent en exergue la pierre angulaire de la philosophie du Pélican : la possession. Sur les dix-neuf rencontres disputées en Premier League et Ligue des champions cette saison, ses soldats affichent en moyenne 59% de possession de balle. À seulement deux reprises (contre Arsenal et Everton), ils ont cédé la maîtrise du cuir à leurs adversaires. Un style voulu et assumé par Van Gaal qui, d’après ses propres dires, a trouvé tout son sens face à Southampton (2-3, 20 septembre). Au terme d’une longue séquence de possession (44 passes avant de marquer), Juan Mata a offert la victoire aux siens. Pour le plus grand plaisir de son boss : « Avec une telle quantité de passes, vous pouvez contrôler le match. Je dis toujours aux joueurs que les espaces dans l’organisation défensive adverse doivent exister quand chacun tient sa position. Nous l’avons fait aujourd’hui et j’en suis très heureux. Cela permet d’asseoir notre philosophie. » Cette philosophie a notamment permis aux Red Devils de sécuriser leur défense (meilleure défense du Royaume avec dix buts encaissés), là où le bât blessait l’an dernier. Elle garantit, aussi, davantage de sérénité lorsqu’ils parviennent à rapidement ouvrir le score, leur donnant ainsi l’élan nécessaire pour aller tuer le match.

« Sir Alex était très clair, nous avons le devoir de divertir les fans »


Un tel parti pris ne souffrirait aucune contestation s’il ne s’accompagnait pas d’une absence d'efficacité offensive. Malgré une possession pour la plupart du temps en sa faveur, Manchester ne parvient par match, en moyenne, qu’à se créer huit occasions et a tiré onze fois au but (match de PL et de C1 compris). Après le déplacement à Leicester, la BBC révélait d’ailleurs des statistiques encore plus saisissantes. Après les 14 premières journées de championnat, les Mancuniens avaient claqué 33 pions, tiré 229 fois au but pour 84 frappes cadrées lors de la dernière année de Ferguson en 2012/2013. En comparaison, cette saison, les hommes de la « Tulipe de Fer » n’ont marqué que 20 buts et tiré 146 fois pour 53 frappes cadrées. Un contraste prégnant qui traduit aujourd’hui la frilosité offensive de United. Dans la foulée du nul obtenu avec Crystal Palace en octobre (0-0), Yohan Cabaye résumait d’ailleurs le sentiment général que suscite l’escouade menée par le Captain Rooney : « Quand je jouais à Newcastle, je me rappelle que Manchester United pouvait marquer à tout moment. Là, Rooney a eu un coup franc en première période et puis c’est tout. Oui, c’est un grand club. Et oui, ils peuvent garder la balle en faisant des passes et encore des passes. Mais si vous travaillez dur contre eux et si vous êtes en bonne forme, ils ne peuvent rien faire pour prendre des risques. »

D’autres voix au poids plus conséquent ont également pris position. Des anciennes personnalités éminentes de Manchester United ont clamé leur mécontentement quant au nouveau style prôné. Style qu’ils jugent en contradiction avec la tradition offensive profondément ancrée au club, à commencer par René Meulensteen, ancien adjoint de Fergie. « Sir Alex était très clair sur ce point. Nous voulons connaître le succès, remporter des matchs, gagner des trophées, mais nous avons le devoir de divertir les fans, martelait-il récemment à la BBC. Désormais, le mot qu'il conviendrait d’employer pour décrire l’équipe serait rigide… On sent comme un manque de liberté. » Même constat amer partagé en novembre par le rouquin Paul Scholes, désormais consultant sur BT Sport : « J’ai juste envie de m’asseoir et voir United abattre ses adversaires, pratiquer un football offensif, regarder des joueurs créatifs qui vous font bondir de votre siège. Je veux voir cela de United, mais cela n’arrive pas. Je ne sais pas, peut-être que Van Gaal ne leur donne pas la confiance nécessaire. C’est juste un football latéral, de possession, au style ennuyeux. »

MU, prochaine victime après le Barça et le Bayern ?


Ce culte, cet amour inconditionnel pour la possession, Louis van Gaal le cultive depuis bien longtemps. Avec son Ajax Amsterdam majestueux, le Néerlandais a signé dans les nineties un chef-d’œuvre intemporel, dont le jeu était basé sur un redoublement de passes. Au Barça et au Bayern Munich, les titres ont également été au rendez-vous, mais sa volonté perpétuelle de détruire les fondations de chaque club a sonné le glas de ses aventures. Car le manager mancunien est un homme à la ligne de conduite assumée, inamovible et qui ne déroge jamais à ses principes. Seulement deux fois dans son parcours, avec l’AZ Alkmaar et la sélection des Pays-Bas au Mondial 2014, il a renoncé à sa si chère possession. En s’entêtant, en ne montrant aucune flexibilité, Van Gaal s’est déjà mis à dos une partie de l’opinion et prend le risque d’atteindre un point de non-retour. Récemment, Jason Burt, journaliste au Telegraph, révélait qu’un joueur des Red Devils lui avait confié sous couvert d’anonymat qu’il « n’était que la moitié du joueur qu’il peut être à cause de la manière dont ils jouent » . La première fissure dans l’édifice érigé par Van Gaal ? Jusqu’ici, les résultats plaident en sa faveur. Mais, à Manchester United, l’histoire n’a eu de cesse de prouver que les plus beaux titres s’accompagnent de frissons éternels.


Par Romain Duchâteau
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