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Van Bronckhorst, parole à la défense

On parle beaucoup du Big Four néerlandais (Robben, van Persie, Sneijder et van der Vaart), pourtant l'équipe des Pays-Bas s'appuie sur une base défensive sereine. Une forteresse dirigée par Giovanni van Bronckhorst.

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180 minutes, c'est ce qui sépare Giovanni van Bronckhorst, capitaine des Pays-Bas, de la retraite. Deux matches, quatre mi-temps pour entrer dans la légende Oranje. Lui, l'originaire des Moluques (archipel indonésien) qui du haut de ses 35 berges s'apprête à disputer les deux derniers matches de sa carrière. Il l'avait annoncé avant le Mondial, il prendra sa retraite après la Coupe du Monde, comme son pote du Feyenoord Roy Makaay. Une page se tourne.

Pourtant, depuis le début de la compétition, le latéral gauche est le défenseur le plus impressionnant de son équipe. Toujours véloce pour son âge, Gio rassure, assure et donne de sa personne. Charismatique et intelligent, le gaucher sait tout faire. Avec ses potes Mathijsen, Heitinga et Van Der Wiel (ce dernier est suspendu pour la demie), le mur est dressé devant Stekelenburg.

D'autant que la bonne tenue défensive des Pays-Bas est un élément nouveau pour les Oranges mécaniques. Gio le sait et avait prévenu son monde. Fini les Pays-Bas joueurs et immatures. Souvent placés, jamais gagnants, les Hollandais ont souvent failli dans la dernière ligne droite à cause d'une défense en bois. « Je crois que ça a commencé en 1974, balançait Giovanni Van Bronckhorst en mai dernier. Cette Coupe du monde se jouera non pas à celui qui marquera le plus de buts mais à celui qui en concédera le moins » . Un visionnaire. Avec seulement trois buts encaissés, dont deux sur penalties, les Hollandais sont dans le vrai.

Toujours là au bon moment

De toute façon, avec Gio, on ne prend jamais de risque. Sa carrière ? Il l'a menée aux sons des trophées et des médailles qu'il enfilait. Mine de rien, le petit gaucher a un palmarès de psychopathe. Une Ligue des Champions (2006 avec le Barça), six titres de champion dans trois pays différents (Écosse, Angleterre et Espagne). Excusez du peu. Sans faire parler de lui, Gio a su se rendre indispensable. D'abord au milieu de terrain, puis sur le côté gauche où ses centres et son intelligence défensive font –encore– merveille. Peu médiatique, le joueur formé à Waalwijk a très rarement eu les faveurs des esthètes. En même temps, aux Pays-Bas, le poste de latéral n'a jamais vraiment fait sauter de braguettes. Et ce n'est pas l'héritage des Bogarde, Reiziger, Numan ou autre Silooy qui aura laissé une trace indélébile dans les esprits. C'est simple, chez les Oranjes, les latéraux font le sale boulot pendant que les centraux ramassent les louanges. Les jurisprudences Krol, Haan, Blind et Rijkaard sont passées par là pour nourrir les pensées collectives. Gio s'en cogne, il sait que sa défense est solide.

Après tout, lorsqu'il débarque à Arsenal en 2001, il doit faire oublier un certain Emmanuel Petit au milieu. Certains médias anglais voient en lui l'élément qui manquait à Arsène Wenger pour mettre fin à l'hégémonie de Man Utd. Un joueur qui en a dans le pantalon, dans la tête et dans les pieds. Arsène avait vu juste. Arsenal est champion dix mois plus tard. Tout sauf une coïncidence. Avant de se coltiner les attaquants uruguayens, Gio mettra en garde ses potes. Pas d' excès de confiance. Van Bronckhorst se souvient encore de la gifle de l'Euro 2008. Quand, favoris en quart contre les Russes, les Hollandais avaient pris l'eau (1-3). « La défaite face aux Russes a permis à l'équipe de grandir. Nous avons tiré énormément de leçons de ce match » .

Depuis, les Oranjes ont fermé les portes. Ils possédaient la meilleure défense de la zone Europe en éliminatoires (2 buts concédés en 8 matches). Là ou Van Basten avait testé près de 20 joueurs en défense avant l'Euro 2008, Van Marwijk s'est, lui, reposé sur les mêmes lascars, et surtout, sur son capitaine de route. Un cadre qui arrêtera le football dans 180 minutes. Avec, peut-être, un nouveau trophée à ranger dans l'armoire. Tout sauf un hasard, vraiment.

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