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Valentin Rongier : « J'aime les gens qui ne laissent rien au hasard »

Milieu de terrain élégant et travailleur, Valentin Rongier est un maillon fort du FC Nantes. Dans cet entretien, le joueur de 22 ans se confie, dévoile ses ambitions, ses moments de doute, évoque le départ de Conceição, l’arrivée de Ranieri et l’avenir de Verratti.

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Alors tes vacances ?
J’ai pris du bon temps en famille. Je suis aussi allé à Lisbonne avec mes copains. C’est magnifique. Il y a de belles collines, même si n’est pas pratique pour les footings. C'est tout en couleur, chaque maison est différente. Il y a des endroits très sympas avec des miradouros qui te donnent une vue sur toute la ville. Dans les bars, il y a une superbe ambiance, on se sent en sécurité. En revanche, la mer est à 15 degrés...

Tu n’as pas croisé ton ancien coach Sergio Conceição ?
Non, il est à Porto.

Son départ a surpris.
Il avait prolongé. Pour tout le monde, il s’installait dans la durée, on est forcément déçus. Je vais peut-être me mettre à dos certains supporters, mais je trouve son choix logique. Sa femme est malade, il avait besoin d’être proche d’elle. Et puis, c’est un jeune coach. Il va entraîner une équipe historique, son club de cœur, qui joue la Ligue des champions. Son départ ne s’est pas fait dans les meilleures conditions, mais Kita n’allait pas laisser partir si facilement un coach compétent et de renommée.

Conceição t’aime beaucoup.
C’est vrai. C’est un coach qui était proche de tous ses joueurs. Sa façon de travailler me plaisait beaucoup. Il était très professionnel. J’aime les gens qui ne laissent rien au hasard. C’était un tacticien. Mais il a aussi ses défauts. Il peut être parfois très froid avec ses joueurs.

Quels conseils t'a-t-il donnés pour progresser ?
D’être très présent offensivement comme un milieu de terrain moderne. Il m’a fait progresser sur mes sorties de balle, ma vision du jeu, mes passes vers l’avant. Mentalement, il nous a également beaucoup aidés. Il nous a montré que même si, sur le papier, on n’avait pas un effectif capable de finir dans le top 10, on pouvait y arriver parce qu’on était une famille. On s’est donné les moyens de réussir. On a travaillé tous ensemble, on s’est serré les coudes. Il nous a montré que par le travail et la détermination, on pouvait faire de bonnes choses.

Quel est ton meilleur poste ?
Je me sens comme un box to box capable de récupérer des ballons et de se projeter vers l’avant. J’essaie d’orienter le jeu. Je suis entre le 6 et le 8, un vrai relayeur. La saison dernière, Guillaume Gillet me soulageait un petit peu défensivement. J’essayais d’être le chef d’orchestre du jeu.

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Conceição t’a comparé à Marco Verratti, un joueur que tu apprécies. Tu le vois où la saison prochaine ?
Au Barça et nulle part ailleurs ! C’est son jeu : tout dans la finesse et l’anticipation avec des gestes inattendus. Il a un jeu de passes exceptionnel.
« Verratti doit aller au Barça et nulle part ailleurs. »
Il est capable de les redoubler dans un petit périmètre comme Xavi et Iniesta le faisaient avec le Barça. Cette façon de jouer se perd. Ce n’est plus le même jeu qu’il y a deux ou trois ans. Ils ont besoin d’un mec comme ça, capable de récupérer des ballons et de casser les lignes par ses passes. Et puis comme je préfère le Barça au Real et que Verratti est mon joueur préféré...

Pour revenir à Nantes, Claudio Ranieri débarque.
C’est forcément plaisant. On n’avait pas l’habitude d’entendre des noms comme ça à Nantes. Il va apporter son expérience, son professionnalisme. Il a coaché les plus grands joueurs du monde.
« Il faut féliciter le président Kita. On a tendance à le critiquer quand ce n’est pas bien, mais là, il a frappé un grand coup en faisant venir Ranieri »
C’est une bonne chose pour le club. Il va nous faire progresser, nous montrer ce qu’est le plus haut niveau. Il faut féliciter le président Kita. On a tendance à le critiquer quand ce n’est pas bien, mais là, il a frappé un grand coup. Il aurait pu se laisser abattre après la résiliation de Conceição, mais il a montré qu’il avait des ressources.

À 22 ans, tu dois passer un cap.
Je ne me fixe pas de limites. Je suis très ambitieux. J’ai envie de jouer la Ligue des champions et les plus grosses compétitions européennes. Je vais m’en donner les moyens. Je suis capable de travailler et d'écouter attentivement tout ce qu’on me dit. On va voir comment ça va se passer, mais ce sera un plaisir de recevoir les conseils de Monsieur Ranieri.

Tu dégages beaucoup de professionnalisme pour ton jeune âge.
Je pense que c’est une question d’éducation et puis quand j’étais plus jeune, j’ai eu des passages un peu plus compliqués. Je suis au FC Nantes depuis l’âge de 6 ans. En U17, je jouais très, très peu. J’ai eu beaucoup de mal. Chaque année, j’étais sous contrat, mais que pour une seule année. Il fallait que j’aille chercher mes contrats, amateurs, pas stagiaire pro ni aspirant pro. J’étais souvent sur la sellette. Être sous pression chaque année m’a permis d’être encore plus sérieux. Aujourd’hui, c’est un plus. Je connais la « précarité » et j’ai pris goût au travail. Je suis très content de ce qui m’arrive, mais ce n’est que le début. Je suis déterminé à tout casser, à déplacer des montagnes, à faire le maximum pour montrer qu’ils ne se sont pas trompés et que je suis capable d’aller très loin.

En revanche au niveau scolaire, tout a roulé puisque tu as décroché un bac ES mention bien...
En toute humilité, j’avais beaucoup de facilités à l’école. Je n’ai jamais eu besoin de beaucoup travailler pour obtenir des résultats. L’année du bac, j’ai eu la chance d’être au Centre éducatif nantais pour sportifs. On était sept ou huit élèves par classe. Tu apprends plus rapidement et lorsque tu as un problème, tu peux vite en parler avec ton prof. Ça m’a permis de passer moins de temps à étudier chez moi pour me concentrer sur le foot.


Quel regard portent tes parents sur ton parcours ?
Après le bac, j’ai fait une année de BTS. Puis on a beaucoup réfléchi, je me suis renseigné et j’ai choisi d’arrêter les études. Ma mère était un peu réticente parce qu’on ne sait jamais si ça va marcher dans le foot. Ils ont eu raison de me prévenir, me protéger, mais mon choix était de tout miser sur le foot. J’ai signé mon premier contrat pro trois mois après avoir stoppé le BTS. Mais je sais que lorsque tu es footballeur professionnel, tu es sur un siège éjectable. Il faut toujours le garder en tête.

Ta blessure en 2015 (une rupture des ligaments croisés du genou droit) contre Caen fut une épreuve douloureuse. Comment as-tu vécu cette période ?
Je découvrais le monde professionnel. C’était tellement bon, tellement génial. Ça m’a fait très mal. Pendant ma convalescence, j’ai passé beaucoup de temps avec ma famille, ma copine et mes proches. Je me suis renforcé mentalement. J’ai été très sérieux dans ma rééducation, ça m’a permis de revenir très vite au haut niveau. J’ai pu aussi relativiser sur la vie. J’ai la chance d’avoir encore mes parents, de ne pas avoir perdu quelqu’un de proche. Je pense que le jour où ça arrivera, ce sera pire qu’une blessure même si pour le moment, c’est l’épreuve la plus dure que j’ai eu à surmonter.

Durant ta convalescence, Nantes t’a prolongé. T'attendais-tu à une telle preuve de confiance ?
J’ai été agréablement surpris. Quand j’ai commencé à jouer et à faire de bons matchs, le président avait évoqué la possibilité de me prolonger. C’est vrai que c’est une belle marque de confiance de sa part. Ça montre que le club comptait sur moi, que je représentais beaucoup pour eux, même si à l’époque, je ne leur servais à rien.

Parlons de ta copine...
Elle m’a toujours dit : « Je vais t’accompagner. Je serai là au quotidien pour t’aider, discuter. Que ça aille ou pas, on en parle. » Je sais qu’elle sera tout le temps présente. Avoir quelqu’un sur qui t’appuyer, c’est très important. Durant ma blessure, elle est venue me voir à Capbreton. Elle était tout le temps là pour moi, pour voir comment j’allais, si je ne souffrais pas trop physiquement et moralement.

C’est la femme de ta vie ?
Oui, je le pense. On s’est rencontrés quand j’avais 17 ans et demi. Je n’étais pas encore professionnel. Elle était là pour celui que j’étais, pour mon humour, mon physique, mes qualités humaines. Je ne suis pas bête, je sais que dans le foot... loin de moi l’idée de dire qu’elles sont toutes comme ça, mais certaines sont attirées par l’argent. Mais moi, je suis sûr à 1000% qu’elle est là pour ce que je suis. Ça me conforte dans l’idée que c’est la femme de ma vie et puis on s’entend super bien. C’est ma meilleure amie en plus d’être ma copine.

Par Flavien Bories
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