Valence/MU : qui est qui ?

Valence, sans Villa ni Silva, reçoit Manchester United, sans Giggs ni Rooney. Auteurs d'un grand début de saison, les Espagnols feraient presque figure de favoris face à des Red Devils énigmatiques.

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Jusqu'où ira Valence ? Leader d'une Liga pourtant préemptée par la Portuguese connection de Madrid et la bourgeoisie commerçante catalane, les Che sont également confortablement installés en tête du groupe C de la Ligue des Champions depuis leur carton (0-4) chez les Turcs de Bursaspor. Pas besoin de nuancer, Valence est tout simplement l'équipe de ce début de saison. Plus invincible que Chelsea, plus européenne que Mayence et Saint-Étienne, et plus concurrencée que la Lazio, la chauve souris plane, toujours invaincue, cinq victoires et un nul sur le blaser.

Jusqu'où stagnera Manchester United ? Avant de répondre à une question d'apparence prématurée, rappeler tout de même que MU, malgré deux dernières semaines en dents de scie (trois nuls face à des adversaires à sa portée), reste dauphin de Premier League -à une victoire de Chelsea- et que la défaite n'a pas encore été inclue au programme de son début de saison. Pas mal pour un club qui inquiète. Alors, pourquoi se ronge-t-on les ongles à Carrington ? La réponse se trouve sur les civières de l'infirmerie et dans les pages des tabloïds.

Pour Alex Ferguson, le mercato a été traverse en eaux calmes. Content de ses troupes et sans doute victime d'un tournant de la rigueur ordonné par Mister Glazer, l'inlassable manager a choisi de ne pas recruter, ou si peu. Javier « El Chicharito » Hernandez avait été commandé dans le catalogue de printemps, et Bebe ressemble plus à un pari sur l'avenir qu'à un gage de rentabilité immédiate. Loin des dépenses somptuaires de City ou du Real, les Red Devils ont donc parié sur la stabilité. Une stratégie déjà employée la saison dernière où le transfert de luxe de Cristiano Ronaldo avait davantage servi à renflouer les caisses qu'à rembourrer l'effectif.

Entre la gestion de crise et l'éloge de la continuité, le choix de Ferguson, malgré une récolte maigrichonne (une Carling Cup), avait eu la vertu de faire se déployer Wayne Rooney (26 buts en 32 matches, +10 par rapport à sa meilleure marque), et de laisser Luis Antonio Valencia, seule recrue de poids, prendre ses marques dans son couloir droit. Après avoir souffert de la comparaison avec son grand frère portugais, Nani avait également tiré profit du départ du Ballon d'Or 2008 pour enfin grandir.

Le développement durable de la ligne d'attaque devait se poursuivre cette saison, et aider les Mancuniens à retrouver l'ivresse des sommets de 2008. Sur le papier cela tenait, mais la réalité se montre impitoyable pour MU en ce début d'exercice. Diminué physiquement par sa reprise prématurée d'avant Coupe du Monde et touché moralement par le déballage de ses coucheries interdites, Rooney, l'atout number one, n'avance plus, fantôme sur le terrain ou absent sur forfait. Touché à la cheville face à Bolton, il ne sera pas du déplacement à Valence. C'est évidemment aussi le cas de Valencia, gravement blessé lors de la première journée de Ligue des Champions, face aux Rangers. Jamais deux sans trois, Ryan Giggs s'est ajouté à la liste des éclopés.

Mais paradoxalement, si MU est diminué devant, il pèche surtout derrière. Au mois de septembre, les Red Devils tournent à près de deux buts encaissés par match. Là aussi, l'infirmerie aide à affiner le diagnostic, notamment l'état du genou de Rio Ferdinand. Pour justifier sa préférence pour Vidic à Ferdinand comme capitaine, Sir Alex vient simplement de déclarer : « Nous voulons quelqu'un qui soit disponible en permanence » . Explicite. Cette faiblesse de l'arrière-garde pourrait cependant
presque rassurer les Red Devils, une défense ayant toujours été plus facile à mastiquer qu'une attaque à articuler. D'autant plus, quand le vide laissé par Rooney se trouve partiellement bouché par un Berbatov born again. Voilà pour le moyen terme. Pour l'immédiat, MU peut s'inquiéter avant son déplacement à Valence.

Pieds et poings liés par leurs dettes, les Espagnols semblaient pourtant avoir perdu toute prétention dès l'inter-saison. Les transferts multi-millionnaires de Villa et Silva avaient été compensés par les arrivées d'Aduriz et Soldado... A peine de quoi jouer l'Europa League. Mais un peu comme le départ de Ronaldo avait débridé Nani, la fuite des David a provoqué une prise de responsabilités de certaines individualités au rendement de basse intensité, à l'image de Joaquin, déjà auteur de deux buts, sa marque finale de la dernière saison. Valence peut-il continuer à danser sur les cimes ? N'a-t-il pas tout simplement profité de la pénible mise en route des grosses cylindrées ? Début de réponse ce soir à Mestalla. Les deux dernières fois qu'Anglais et Espagnols avaient croisé le fer en Ligue des Champions, Valence avait atteint la finale.

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