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Valence, le changement, c'est maintenant

Après une saison 2013-2014 pas loin d'être catastrophique pour un club de son envergure, Valence compte sur l'arrivée de Peter Lim pour redorer son blason et retrouver son statut de troisième club espagnol. Mais le mercato ne s'est pas tout à fait déroulé comme prévu pour les supporters valenciens. La faute au rachat du club, qui aura duré quelques mois.

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14 août 2014. Après plus de deux mois de négociations, la Meriton de Peter Lim et le groupe espagnol Bankia ont trouvé un accord autour de la vente du FC Valence. Deux mois de oui, de non, de peut-être expliqués par les exigences farfelues de Bankia, qui demandait initialement, entre autres, à Peter Lim de verser une sorte de caution préventive à hauteur de 200 millions d'euros en liquide au cas où le rachat du club ne se déroulerait pas comme prévu. Le copain de Jorge Mendes, dont la fortune s'élève à près d'1,5 million d'euros, a obtenu de Bankia un rabaissement à 140 millions d'euros. Un gros coup de poker qui lui a permis de débloquer « seulement » 50 millions d'euros pour le mercato estival pour enfin lancer la machine ambitieuse d'un nouveau Valence, capable de tenir tête aux géants espagnols ou du moins de se qualifier de manière imminente en Ligue des champions. Seul problème, le marché des transferts est sur le point de fermer et il manque encore au milliardaire singapourien un transfert ronflant. Ce gros nom, ou du moins ce gars à la mode, devait être Enzo Pérez (les dernières nouvelles évoquent aussi Chicharito). Mais l'auteur d'une grosse saison 2013-2014 avec Benfica (finaliste de l'Europa League, vainqueur de la Liga Sagres et des deux Coupes) et l'Argentine (finaliste de la Coupe du monde) se retrouve prisonnier du mercato catastrophique du club lisboète dont les multiples pertes compliquent l'arrivée du milieu de terrain benfiquista en terres méditerranéennes.

Il faut dire que Valence a déjà pas mal dépouillé les Aigles portugais. Outre l'arrivée récente de João Cancelo, le fonds d'investissement de Peter Lim avait déjà acheté Rodrigo et André Gomes en janvier dernier (tous deux prêtés un an à Valence pour cette saison par l'homme d'affaires). Autant dire que l'acquisition d'Enzo Pérez est bien mal embarquée. Les médias espagnols parlent depuis plusieurs jours de l'alternative Kagawa, lui-même courtisé par une demi-douzaine de clubs. En tout et pour tout, Peter Lim n'a, pour le moment, déboursé qu'une vingtaine de millions d'euros pour attirer Orban, Mustafi, Yoel et De Paul. Sans compter que les chauves-souris ont perdu leur charnière centrale titulaire (Mathieu-Ricardo Costa), prêté Guardado, vendu Banega à Séville et laissé partir Keita libre. Bref, on est loin de la dream team annoncée. Tiens, on n'aurait pas l'équivalent de Valence en Ligue 1 ?

Nuno en quête de reconnaissance


L'AS Monaco de Rybolovlev et le Valence de Lim se ressemblent en effet comme deux gouttes d'eau. Le dénominateur commun s'appelle Jorge Mendes, pote avec les deux magnats depuis plusieurs années. Comme l'ASM en Ligue 1, les Valenciens ont vu débarquer à Mestalla des joueurs pas forcément connus et un entraîneur à leurs yeux sortis de nulle part en la personne de Nuno Espírito Santo. Si l'ancien gardien du FC Porto a réalisé deux très bonnes saisons avec Rio Ave - son ex-équipe est aujourd'hui en C3 en grande partie grâce à lui -, il lui faudra beaucoup de temps et des résultats au-dessus de la moyenne pour être accepté par le public valencien et espagnol en général. Car ce dernier n'est pas dupe. Bien que le président Amadeo Salvo martèle depuis plusieurs semaines que la venue de Nuno était sa décision, personne n'y croit de l'autre côté des Pyrénées. Et, pas de bol pour Nuno, l'Espagne n'apprécie par forcément de voir qu'un influant portugais s'amuse avec la Liga.

De toute façon, la pression, le nouveau technicien se l'est déjà imposée lui-même. Lors de sa première conférence de presse au club, il a annoncé ne viser rien d'autre que la Ligue des champions. Si cet objectif semble un poil trop ambitieux au premier abord compte tenu du niveau annoncé de la Liga 2014-2015, il semble plus réaliste lorsque l'on se rend compte qu'à l'inverse de Bilbao, Séville, Real Sociedad et compagnie, le FC Valence sera épargné par les grandes joutes européennes. Un mal pour un bien. Mais en cas d'échec, et même de demi-échec, Nuno devra en assumer les conséquences. Ce n'est pas seulement la saison d'un club, mais aussi la carrière d'un homme qui est en jeu. Et pour le moment, tout semble plutôt bien parti.

Du jeu et des lacunes


Au-delà de la sérieuse préparation ponctuée par une victoire aussi rassurante qu'inutile en Emirates Cup, les Valenciens ont plutôt bien négocié leur premier déplacement en Liga, en tenant Séville en échec (1-1) en infériorité numérique. La première journée du championnat espagnol a mis en lumière les points forts et faibles de l'équipe. Offensivement, l'équipe manque encore de précision à la finition, mais semble rodée dans le jeu et très efficace en contre, à l'image de l'action malheureuse en début de match à Séville, conclue par un « double poteau » . Dotées de milieux pas forcément costauds, mais habiles techniquement - à l'image d'André Gomes par exemple - les troupes de Nuno devraient proposer du beau jeu court tout au long de la saison, surtout en cas d'arrivée d'un joueur à vocation créative comme Enzo ou Kagawa.

Autre motif de satisfaction pour les Murcièlagos, leur jeu aérien sur corner. Ruben Vezo, mais surtout Nicolas Otamendi sont très à l'aise dans un domaine qui pourrait rapporter quelques points à Valence si les deux hommes se montrent aussi efficaces qu'ils ne l'étaient en Liga Sagres. En revanche, défensivement, Nuno a de quoi être inquiet. Après les départs de Mathieu, Cissokho et Ricardo Costa, c'est toute l'arrière-garde qui est à refaire. Et malgré des arrivées notables à ce poste dont celle de Mustafi - qui n'est pas non plus Hummels - les automatismes ne sont pas encore au rendez-vous. Résultat, beaucoup de ballons dans le dos de la défense et des problèmes d'alignement assez fréquents contre Séville. Face à Málaga, ce soir, il faudra rectifier le tir. Car si le match nul en terres rivales est bien vu, Mestalla exigera la victoire à chaque fois que son équipe y évoluera. Ça commence ce soir, face à Málaga.

William Pereira
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