Valence, Ché pas mal...

Malgré sa défaite contre Manchester United, le FC Valence réalise un excellent début de saison. Sans stars, sans fric, sans Villa, sans Silva et sans que personne ne s'y attende vraiment, les Che sont les leaders inattendus du championnat espagnol. Valence : une autre Liga est (peut-être) possible...

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Personne à Valence ne croyait vraiment que les Che se relèveraient rapidement du
départ des deux stars incontestées de Mestalla, Silva et Villa. Et pourtant, paradoxalement, la fuite des deux cracks de la sélection espagnole a fait un
bien fou à l'actuel leader de la Liga. A l'image d'un Cesc Fabregas qui avait
déclaré que le départ d'Henry d'Arsenal pour Barcelone avait « libéré » les
Gunners, les Che semblent avoir débridé en ce début de saison tout leur
potentiel, pour le plus grand plaisir de l'entraîneur Unai Emery: « Aujourd'hui
personne n'est assuré d'avoir une place de titulaire. Silva et Villa étaient
très forts et quelque part certains joueurs n'essayaient même plus de leur faire
concurrence. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. L'effectif est plus homogène et
ils sentent vraiment tous qu'ils font partie d'un groupe
 » .

Grand fan des méthodes de Rafael Benitez, le coach basque a notamment emprunté au maître interiste son goût pour le turn-over. Les 28 joueurs que compte l'effectif valencian ont ainsi tous déjà débuté en compétition officielle. Y compris l'ancien Grenoblois Feghouli... Une manière de concerner tout le monde dans une saison où les objectifs sportifs n'ont pas été revus à la baisse par les dirigeants, malgré une dette astronomique de 400 millions d'euros. La nouvelle donne a surtout profité aux éternels seconds couteaux de la maison. Joaquin, Mata, Pablo Hernandez et Banega notamment, semblent enfin s'être mis au diapason, conscients qu'ils sont désormais les nouveaux patrons de l'équipe, sur le pré et en dehors. « S'ils jouent bien actuellement, c'est parce qu'ils ont des
responsabilités au sein du groupe. Les joueurs aiment être investis d'une
mission. Et puis, ils sont également conscients qu'ils doivent montrer l'exemple
aux autres
 » résume une nouvelle fois Emery.

Si la transition sportive se fait dans la douceur, c'est surtout parce
que le club semble avoir retrouvé un semblant de stabilité en coulisses. Lors de
la dernière assemblée générale, le nouveau président Llorente a fait une tête de
joyeux anniversaire en présentant le bilan de son premier exercice comptable
complet au club. Et il y a de quoi. En un an, les Che ont ainsi réduit leur
dette de 100 millions d'euros en plus d'obtenir un meilleur taux d'emprunt pour
la construction du nouveau Mestalla et plus de souplesse de la part des banques.
La masse salariale du club a également diminué de 25 % après que joueurs et
employés ont tous accepté de baisser leur salaire. Mais surtout, Valence est
devenu le premier club espagnol de l'histoire de la Liga à récolter la coquette
somme de 87 millions d'euros (1) grâce à la vente de ses meilleurs joueurs lors
du dernier mercato estival (record en la matière en Europe pour cette
saison).

Quelque part, la dette du club a obligé les dirigeants à se creuser les méninges pour ne pas réinvestir n'importe comment. Fini les transferts bling-bling
et onéreux, l'heure est à la philosophie du “Bueno, bonito, jovencito y barato” (bon, beau, jeune et pas cher). Avec une enveloppe de “seulement” 27
millions d'euros, on peut même dire que Braulio Vazquez, le nouveau directeur
sportif du club, a fait des petits miracles en enrôlant Soldado et le talentueux
Aduriz mais encore Tino Costa, Ricardo Costa, Topal ou Feghouli. Vazquez,
l'homme clé de ce nouveau Valence, explique son casting réussi : « Nous voulions
lutter contre l'austérité économique en signant des joueurs à l'avenir
prometteur. Si vous regardez bien, il n'y a pas de stars, mais ils ont tous
envie de le devenir. Ce sont tous des footballeurs qui veulent être reconnus et
qui évoluaient récemment pour la plupart dans des clubs de milieux de tableau
 » .
L'alchimie entre des anciens revanchards et des nouveaux ambitieux explique
certainement le début de saison quasi parfait des Che. Cette convergence de
talents avait déjà été appliquée à l'époque de Ranieri et de Cuper. Valence
s'était alors réinventé après des années d'anonymat en créant un cocktail explosif de joueurs locaux en devenir et d'étrangers aussi talentueux qu'ambitieux (remember Mendieta, Vicente, Farinos, Gerard, Kily Gonzalez, Ayala, Ilie, C.Lopez...).

Même si l'équipe actuelle est encore très loin du niveau affiché par ses
devancières, Unai Emery semble avoir trouvé la bonne formule tactique sans
dénaturer complètement le traditionnel style de jeu affiché par Ranieri, Benitez
et Cuper. A savoir : du jeu sur les côtés, une grosse pression en milieu de
terrain, un collectif huilé, des lignes resserrées, de la vivacité, mais aussi
une dose de cynisme nécessaire pour gérer l'espace-temps des matchs. Une chose
est sûre, le Valence actuel n'a rien à envier à celui des deux anciens David.
C'est ce qu'affirme en tout cas Emery : « L'année dernière, on était plus dans le
toque parce que ça convenait aux caractéristiques de Silva et Villa, mais
désormais nous sommes capables d'alterner du jeu court avec un jeu plus direct
parce que l'équipe a gagné en envergure en pointe. On est beaucoup plus complets
que ces dernières années
 » . Reste plus qu'à trouver un Ayala 2.0 en défense et
les Che auront alors des allures d'alternative sérieuse aux deux ténors de la
Liga que sont le Barça et le Real. L'espoir fait vivre... A Valence plus
qu'ailleurs...



(1) Villa (Barcelone, 40), Silva (M.City,33), Zigic (Birmingham,7), Alexis (Fc
Séville,5) et Marchena (Villarreal,2)

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Quels sont les derniers transferts bling-bling de València? Le VCF n'a jamais mis des dizaines de millions sur un joueur. Au contraire, València prend des joueurs en devenir et les bonifie. Et avec quel succès. La dernière période d'achats inconsidérés datent de la 2ème période de Ranieri qui avait recruté italien (Fiore, Corradi, Di Vaio). L'insuccès de la méthode a servi de vaccin. Ah si, j'oubliais cette vieille banane de Del Horno acheté 7M€ par Carboni, éphémère dir' sportif du club.
Enfin y'avait que les nazes pour ne pas se douter qu'ils allaient s'en sortir. Villa part mais Soldado & Aduritz sont les deux meilleurs buteurs espagnols de la Liga derrière lui. Ya que défensivement que ça pêche. Faudrait aussi qu'Emery arrête avec Chori titulaire, et qu'il arrive à associer Fernandes ET Banega.

Et le meilleur est à venir, may be la saison prochaine: Isco et Paco Alcacer! Si en plus de cela on pouvait recruter Ander Herrera on est bons.

Amunt Valencia!
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