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Valdo majeur

Du match contre le Real Madrid, on parle très souvent de la tête de Kombouaré ou de la demi-volée de Ginola. Au vrai, le meilleur homme du match mesure 1,73m, porte le numéro 10 et s'appelle Cândido de Oliveira Filho dit Valdo. Sous ses cheveux huilés façon Motown se cachait le nouveau Safet Sušić du Parc des Princes.

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Si on devait classer les plus beaux gestes du football, la feinte ne serait pas loin de la première place. Quoi de plus beau qu'une feinte de frappe ? De la malice et de la technique en même temps. 89e minute du quart de finale retour de C3 1993. Le PSG mène deux à zéro contre le Real Madrid. À l'aller, les Parisiens ont pris 3-1. Valdo récupère la balle à l'entrée de la surface de réparation espagnole. Face à lui, l'expérimenté international brésilien Ricardo Rocha. Cheveux longs + moustache, un combo de campeur. Valdo feinte une frappe sans même toucher la balle. Rocha mord à pleines dents et donne son cul. La porte est ouverte. Galant, le numéro 10 du PSG s'emmène la balle et ajuste Buyo. 3-0. Au-delà de son caramel, le Brésilien sera à l'origine du but de David Ginola et tireur du coup franc qui amène la tête décisive de Kombouaré. Ce soir-là, Valdo a marché sur le Real Madrid. Pourtant, l'international brésilien n'aura jamais le charisme de Raï, la beauté de Ginola ou la bestialité de Weah. Valdo, au fond, était trop parfait pour exister médiatiquement. Dommage, car le numéro 10 était un joueur formidable. Un bijou arrivé presque par hasard dans la capitale. Nous sommes à l'été 1991, le PSG vient de passer sous pavillon Canal Plus et veut grandir. Pour ce faire, il faut acheter des grands joueurs. Ricardo, génial stoppeur brésilien du Benfica, est arrivé. Sušić, lui, est parti au Red Star pour une dernière pige. Il faut un ambianceur sur le terrain. Le PSG pense alors à Michael Laudrup, le Danois du FC Barcelone. Laudrup n'est pas très emballé. Alors le PSG enclenche le plan B.

23 millions de francs et un sourire


On est mi-août, et le PSG d'Artur Jorge, fraîchement installé sur le banc, cherche un distributeur. Et comme le moustachu le plus célèbre de la capitale connaît bien son pays, il envoie son nouveau club sur les traces d'un international brésilien de 27 ans, au Portugal depuis 1988. Un certain Valdo. Le petit milieu a un CV qui parle pour lui : 40 sélections avec le Brésil, deux participations à la Coupe du monde (1986 et 1994) et un bagage technique déroutant. Paris sort le chéquier et un stylo : 23 millions de francs. Sauf qu'il y a un hic, le club de la capitale compte déjà deux joueurs hors CEE (c'était le quota à l'époque). Le deal est à deux doigts de tomber à l'eau quand Valdo obtient la nationalité portugaise par sa femme. Tout le monde est content, sauf la Roma, qui se fait griller sur le fil par le PSG. « Le PSG poursuit son œuvre de construction » , avance Artur Jorge lorsque le Brésilien signe. Valdo doit être à ce PSG version Canal + ce que Sušić était à celui de Borelli : l'homme du dernier caviar. Petit gabarit, coupe de cheveux de Lionel Richie, déstabilisateur de défenseur, distributeur, doué techniquement, c'est un vrai 10 que le PSG vient de s'offrir. Le PSG se construit tranquillement sa colonne vertébrale avec Ricardo, Le Guen et Valdo. Dans quatre mois, Ginola sera là. Puis arriveront Lama, Weah, Guerin, Raï.

Jurisprudence Raí avant l'heure


Tout n'a pas été rose pour le Brésilien. On parle souvent de la jurisprudence Raí quand un étranger rate sa première saison au PSG. C'est plutôt à Valdo qu'il faut rendre ce qui appartient à Valdo. Sa première année est compliquée. L'ancien de Lisbonne ne parle pas la langue, et le nouveau projet parisien n'est pas aussi solide que celui de Benfica. De plus, sa famille n'est pas avec lui. Un an de galère. Et puis la France va découvrir un génie. Il faut dire que, dorénavant, ses caviars arrivent dans les godasses de Weah et Ginola et ses potes du PSG (air connu). Valdo, c'est la feinte en personne. Le championnat de France s'amourache d'un petit bonhomme qui change sans cesse de direction. Avec lui, tout est dans le contre-pied. Récupérateur hors pair de ballons dans les petits espaces, roi de la feinte et de l'accélération, ce simplificateur de sérénité collective donne du liant à l'équipe d'Artur Jorge. Le Brésilien attaque, défend, sait se rendre disponible. Au sein du PSG, on se touche sur le petit Brésilien. « C'est le meilleur joueur avec lequel j'ai joué. C'est vraiment la classe mondiale » , lâche Paul Le Guen dans L'Équipe en décembre 1992, alors que son coéquipier vient d'être élu meilleur milieu offensif de D1. À ce moment-là, Naples et la Lazio sont sur son dos, il prolonge finalement dans la foulée au PSG jusqu'en 1996. Trois mois plus tard, il marchera sur le Real Madrid au Parc des Princes. Son plus grand chef-d'œuvre. Mais comme même les bonnes choses ont une fin, Valdo rejoindra, avec Ricardo, Lisbonne en 1995 après trois demi-finales européennes de suite au PSG et une feinte de frappe gravée dans nos mémoires. Même 22 ans plus tard.

Par Mathieu Faure
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Le joueur de folie….on s'amusait à mettre des pansements aux doigts pour lui ressembler un peu….quelle époque !
Valdo...Quel joueur c'était.
C'est là que j'ai commencé à kiffer ce PSG alors que j'éais qu'une petite crotte encore.
PLus de 20 ans après j'ai encore le virus malgré ce putain de plan Leproux et m'apprete à partir à Madrid le 02 novembre pour le match retour.
Allez Paris !
Note : 1
Message posté par yamine
Le joueur de folie….on s'amusait à mettre des pansements aux doigts pour lui ressembler un peu….quelle époque !


Et ainsi vous ressembliez aussi à Michael Jackson, grand utilisateur des pansements aux doigts, lui aussi.

Allez Paris, ce soir c'est du lourd, même si on annonce un Real diminué, franchement je suis curieux de voir la double confrontation à venir.
laurentlp Niveau : CFA
Encore une augmentation pour le mec préposé aux photos s'il vous plaît !
..." le charisme de Raï, la beauté de Ginola ou la bestialité de Weah..." on dirait un casting de film de boules :)
Valdo mon 1er souvenir de match au parc des princes, un PSG-Lyon en 96 ou 97, il déborde coté droit et va marquer face au grand Pascal Olmeta à l'époque.

Le PSG gagne 4-1 si je me rappelle bien et bouygues construction faisait lancer des ballons en plastic dans les tribunes pour les enfants.

La belle époque...
le Portugal était déjà a l'époque fournisseur de grands joueurs sud américains : en 1989 Mozer avait rejoint l'OM en provenance de Benfica, 2 ans plus tard Valdo et Ricardo (qui avait justement remplacé Mozer a Benfica) arrivaient au PSG...

bon ya eu aussi quelques arnaques (Geraldao et Edmilson au PSG pour ne citer qu'eux)
bandinidakar Niveau : CFA2
Pour les trentenaires, nos premiers kifs avec le Psg, l'époque des survêts en peau de pêche, des waïkikis et des walkmans auto-reverse...
val d'eau Niveau : DHR
Idole de mon coeur !!! Lui c'était un artiste, un vrai !! il te faisait l'amour à la balle, pas un vulgaire gonzo, non, il lui faisait la totale des préliminaires enflammés aux coups de boutoirs en finesse. du grand art ! coeur avec les doigts !
Bandinidakar:

Ils s'approchent plus des 40 balais les trentenaires dont tu parles...
Ha, le budget piles des Walkman.
bandinidakar Niveau : CFA2
Kazik, me fais pas mal mon pote, j'ai basculé effectivement vers la seconde moitié de la trentaine, mais bon.... Pour les piles on rembobinait avec des stylos pour économiser!!!
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