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Valdivia, un mago bien caché

Buteur lors du premier match du Chili, Jorge Valdivia est l'un des joueurs les plus délicieux de l'autre Roja. Pourquoi n'a-t-il pas explosé en Europe, alors ? Réponse : parce que Jorge aime trop la nuit. Portrait sur ses traces, au Chili.

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Ça se passe dans un bar comme il y en a mille à Santiago. Les clients enquillent les bières d'un litre, le regard scotché à la télévision. Le Ceachi retentit fréquemment. Le Chili mène 2-0 face à l'Espagne. On joue la 85e minute du match : encore dix minutes, et la capitale explosera. Mais pour que la fête soit complète, il faut que Valdivia entre en jeu. Alors quand le « Mago » fait son apparition, le bar scande son nom et applaudit chaleureusement, l'air de dire qu'il était temps. Car Jorge Valdivia n'est pas n'importe quel joueur chilien : c'est le plus adulé, le plus esthétique, et le moins connu en dehors du continent sud-américain - un trésor national.

Valdivia, c'est d'abord une histoire de génie, comme l'explique Hugo Gonzalez, entraîneur des jeunes de Colo-Colo depuis 2001, et donc formateur d'une bonne partie de la sélection chilienne actuelle : « Jorge était un talent pur, bien meilleur que les gamins de son âge. À 16, 17 ans, c'est compliqué de dire qui sera un grand joueur plus tard. Mais Jorge, on voyait déjà que c'était un crack. Il possède un don inné.  » Un diamant qui part donc en prêt à Concepcion pour gratter un peu de temps de jeu. Dans le Sud du Chili, Valdivia émerveille et gagne un surnom, « El Mago » . De retour à Colo-Colo, celui qui est devenu magicien explose. Au sein d'une équipe en or, composée notamment de Matías Fernández et d'Arturo Vidal, Jorge régale. « Il joue comme un 10 à l'ancienne, c'est un mec capable d'inventer une passe décisive à tout moment, de casser les lignes en un coup de patte » , poursuit Gonzalez. Un joueur rare, donc. En 2006, Palmeiras s'adjuge la pépite. Le Brésil l'adopte aussitôt, et Valdivia est élu meilleur milieu du Brasileirão et meilleur joueur du championnat paulista en 2007.

Tuer le père dans l'alcool

Pourtant, alors que tout va bien, le joueur se met à déraper. Lors de la Copa América au Venezuela, le « Mago » est capitaine de la sélection. Le Chili se qualifie laborieusement pour les quarts de finale et les joueurs décident de fêter ça dans leur hôtel de Puerto Ordaz. Après avoir picolé dans leur chambre, Valdivia et quelques autres descendent et exigent un petit déjeuner. Problème, il est 6 heures du matin. Les cuisines sont fermées. Les Chiliens s'en foutent : abrutis par l'alcool, ils se mettent à insulter le personnel de l'hôtel et à se balancer du jambon et de la confiture les uns sur les autres. Scandale. Le « Puerto Ordazo » fait les choux gras de la prensa rosa. Valdivia prend dix matchs de suspension. D'aucuns auraient pu penser que le « Mago » aurait appris la leçon, mais non. Quatre ans plus tard, Jorge récidive. Ce coup-ci, il a une bonne excuse : le baptême de sa fille. Le 9 novembre 2011, à la veille d'un déplacement en Uruguay, « El Mago » régale ses potes Vidal, Beausejour, Carmona et Jara. Le lendemain matin, les quatre arrivent en retard de 45 minutes et pas très frais au centre Pinto Duran pour le rassemblement de la sélection.

L'affaire aurait pu en rester là, mais une vidéo a filtré. Très vite, elle tourne en boucle sur la télé poubelle : on y voit Jorge passablement saoul danser torse nu sur de la cumbia et chuter. Claudio Borghi, le sélectionneur argentin du Chili, n'a pas le choix : il doit sanctionner. Carlos Albornoz, qui conseille Arturo Vidal, se souvient de l'épisode : « Ce qu'il s'est passé, c'est que Borghi a toujours été un entraîneur très détente. Il fumait dans le vestiaire, laissait ses joueurs sortir. Il était très proche d'eux et Jorge n'a pas compris la sanction. » Alors que le couperet tombe, Valdivia montre qu'il aurait pu se faire surnommer « El Loco » à la place du « Mago » : il organise une conférence de presse où il charge publiquement Borghi. Une grosse erreur pour Albornoz : « Nous avons dit à Arturo de faire profil bas, mais au lieu de s'excuser publiquement, il a monté cette conférence pour dire que la sanction était injuste, que Borghi se la jouait strict alors qu'il ne l'avait jamais été. Ça a été très dur pour Claudio, d'autant qu'il était le père footballistique de ces joueurs. C'est lui qui les a fait grandir à Colo-Colo, qui les a presque inventés. Cette conférence, c'était un peu les fils de Borghi qui tuaient le père. »

Il n'y a aucune règle


Jorge prend à nouveau dix matchs de suspension. Alors qu'il était dans la forme de sa vie, le « Mago » se retrouve au creux de la vague. Sa femme, Daniela Aránguiz, fait parler d'elle dans la presse à scandale. Beaucoup parlent de gâchis. Malgré un talent fou, Jorge n'a pas percé en Europe - deux courts passages au Rayo Vallecano et au Servette Geneve, deux clubs presque indignes de son talent. Son indiscipline chronique lui a-t-elle coûté une carrière européenne ? Hugo Gonzalez ne pense pas : « Je crois que c'est plus une question de morphotype. Il est un peu juste physiquement, en termes de puissance. Et puis il a eu l'occasion de signer en Europe, mais il a préféré aller au Émirats pour assurer son avenir financièrement. »

Depuis cette escapade dans le désert, Valdivia est revenu à Palmeiras, où il régale de nouveau, offrant quasiment à chaque match à ses fans sa feinte préférée : faire semblant de frapper dans le ballon pour désorienter l'adversaire et accélérer ensuite. Le « Mago » se relève toujours. En septembre 2013, deux ans après sa suspension, pour son retour en sélection, il avait récupéré son numéro 10 et, entre ses contrôles fous et ses passes lumineuses, avait trouvé le temps de balancer une punchline en guise de signature : « Beaucoup de joueurs sont sortis tard la nuit et sont devenus des phénomènes. C'est quand je faisais le plus la fête, entre 2006 et 2008, que je jouais le mieux au foot. Il n'y a aucune règle. »

Par Arthur Jeanne, à Santiago
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