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Une saison en tribunes (2/2)

Tout au long d'une saison agitée, sofoot.com a suivi l'actualité des tribunes françaises. Cette rétrospective revient sur les faits marquants de l'année 2012-2013 à partir d'une sélection des principaux articles consacrés aux supporters par votre site favori, en 21 rubriques. 21 ? Oui, 21 comme 12 (douzième homme) à l'envers.

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12 – Où est passée l'ambiance du Vélodrome ?

Pour une fois, Parisiens et Marseillais sont réunis par une même interrogation. Vingt ans après la victoire de l'OM en Ligue des champions, qui fut aussi un sommet pour le mouvement ultra marseillais qui régnait alors sur la France et peut-être même sur l'Europe, l'ambiance semble avoir en partie déserté le Vélodrome. Est-ce la faute aux travaux, au style de jeu, à une rupture entre le public et le club, à des supporters blasés ? So Foot a mené l'enquête. Autre sujet phocéen qu'il a fallu démêler : les incidents d'OM-Fenerbahçe, en décembre. Une Ligue Europa qui n'attire pas les foules en France, une communauté turque importante à proximité, une organisation peu adaptée, des fans des deux camps mêlés dans les gradins. Résultat ? Des incidents éclatent un peu partout dans le stade.

13 – Des supporters à Monaco !

Louis-II est un autre stade qui suscite des débats, ou plutôt des railleries, sur sa piteuse ambiance. Sauf qu'à se focaliser sur les affluences médiocres sur le Rocher, on oublie que Monaco reste un des clubs préférés des Français. Un club de tradition, un palmarès enviable, une finale de Ligue des champions en 2004 face à Porto… Et en déplacement, des parcages visiteurs souvent bien remplis. Comme à Nîmes en fin de saison lors de la victoire décisive pour la montée en Ligue 1. Très bien, sauf qu'avoir des supporters, ça peut attirer des ennuis. Un envahissement de terrain pour fêter le retour en Ligue 1, un arbitre vaguement bousculé, et hop la Ligue envoie sa foudre sur un club monégasque abasourdi.



14 – Issa Nissa !

La LFP a une autre cible quelques kilomètres plus à l'ouest. Nice et sa populaire sud, qui n'y va pas toujours mollo sur les fumigènes, et se prend régulièrement des huis clos partiels. Si on ajoute à cela un match de coupe contre Nancy fixé un mercredi à 14 h, on pourrait croire que l'année des Aiglons a été galère. Que nenni ! 4es de Ligue 1, les Niçois et leurs supporters ont vécu une belle saison. Déjà bouillants lors du retour de leur équipe d'une belle victoire à Rennes, les fans niçois se sont complètement lâchés quand leurs joueurs sont rentrés du dernier déplacement à Ajaccio où ils avaient validé leur qualification en Coupe d'Europe. Des centaines de supporters à l'aéroport, des fumigènes et un Bosetti, jeune attaquant arborant un tatouage de la Brigade Sud, en folie. Sans oublier le dernier match de la saison à domicile contre Lyon, avec un « clapping » de fin pour le vieux stade du Ray, qui doit laisser sa place en septembre à une enceinte moderne.

15 – Tempête en Corse

La Corse, les supporters niçois n'ont pas pu la voir cette année, puisqu'ils ont systématiquement été interdits de déplacement. Une Corse devenue la cible de prédilection de la LFP. Il faut dire que Bastiais et Ajacciens y ont mis du leur. Un match aller à Ajaccio plutôt costaud avec une première échauffourée la veille de la rencontre et un échange de projectiles, dont une bombe agricole, dans les derniers instants du match . Simple échauffement avant un retour à Bastia encore plus chaud entre jets de torches et caillassages. Évidemment, les deux clubs se sont rejetés la faute par déclarations de presse interposées. De quoi alimenter les nombreux clichés sur la Corse et sa prétendue « violence naturelle » . Et de permettre à la LFP de faire preuve de sévérité à peu de frais en imposant que les deux derbys de la saison prochaine aient lieu à huis clos et sur terrain neutre.



16 – L'amour vache entre policiers et ultras

La politique de « tolérance zéro » appliquée par la LFP et le ministère de l'Intérieur a permis de continuer à limiter les débordements dans les stades. Mais en s'exerçant sans nuances, elle a aussi tendu considérablement les relations entre ultras et forces de l'ordre et provoqué plusieurs incidents graves. À Reims, des bagarres rangées éclatent entre ultras stéphanois et forces de l'ordre. S'ils n'ont pas été tout blancs dans l'affaire, les fans visiteurs ont été verts face aux violences policières. Autre exemple à Lyon lors de la venue à Gerland d'une horde de redoutables Merlus Ultras. Dès que l'un de ces furieux fans a la mauvaise idée d'allumer un engin pyrotechnique, plusieurs stadiers, CRS et membres de la SIR (Section d'intervention rapide – la police des stades) entrent tout en douceur dans la tribune. Trois Merlus sont courtoisement interpellés avant d'être relâchés le lendemain. En Bretagne, on n'a toujours pas compris cette démonstration de force.

17 – L'affaire Casti

Le principal incident entre ultras et forces de l'ordre date cependant de septembre, à Montpellier, avant un match contre Saint-Étienne. Au moment où des policiers tentent d'interpeller un ultra montpelliérain qui vient de faire tomber un fumigène devant le stade, une échauffourée éclate avec quelques supporters. Attablé à côté, Florent, surnommé « Casti » par ses amis de la Butte Paillade, est gravement blessé à l'œil, apparemment par une balle de flashball tirée par un policier de la BAC. Les points de vue divergent sur le déroulement des faits : légitime défense selon les policiers, bavure policière selon les ultras. Toujours est-il que Casti a perdu un œil et que la version de la police semble mise à mal par de nombreux témoignages et les images de vidéo-surveillance. L'enquête reste en cours.

18 – La manifestation ultra à Montpellier

Choqués par la blessure de Casti, des groupes ultras de toute la France (et même certains d'Europe) font immédiatement part de leur soutien envers Florent et les supporters montpelliérains. Une manifestation nationale est organisée en octobre par les ultras héraultais afin de dénoncer les violences policières subies par Casti, mais aussi de s'opposer à une répression jugée par les participants abusive à l'encontre des ultras. Plus d'un millier d'ultras montpelliérains, stéphanois, lyonnais, grenoblois, nantais, toulousains, bordelais, lensois, parisiens ou encore auxerrois composent ce défilé que So Foot a suivi pour vous.




19 – Bagarre au péage

Le souci, c'est que, même quand ils ont des revendications légitimes, les ultras ont le chic pour se mettre tous seuls dans de sales draps. Bollène, petite ville du Vaucluse, et sa barrière de péage ne s'en sont toujours pas remis. Le 18 mai dernier, alors qu'ils revenaient vers Lyon suite à l'annulation de la rencontre entre Nice et l'OL, des Bad Gones y ont croisé des South Winners marseillais, partant assister à ASSE-OM. Une violente bagarre éclate alors pour un bilan, lourd, de 17 blessés. Si les deux camps ont des versions différentes de l'incident, les Winners évoquant un guet-apens quand les Bad Gones parlent de rencontre fortuite, les deux groupes sont tous les deux menacés d'une suspension provisoire. Plusieurs groupes ultras français ont beau tenter de dénoncer, suite à ces incidents et ceux du Trocadéro, une politique répressive inadaptée et un traitement journalistique inapproprié, l'image médiatique des ultras est au plus mal.

20 – Le Red Star en résistance

Notre chroniqueur Nicolas Kssis-Martov s'est pris d'affection, depuis quelque temps déjà, pour le Red Star. En particulier grâce à lui, vous avez pu suivre la saison du club audonien, l'une de plus vénérables institutions du foot français, qui a sauvé sa place en National dans les derniers instants de la dernière journée. Et il y a eu des histoires à raconter. Quelques incidents ont émaillé la saison, comme lors d'une rencontre sous tension contre le FC Rouen sur fond de dissensions politiques entre ultras des deux camps. Quant à la dernière journée, qui aurait dû être joyeuse, elle a été entachée par des heurts entre le kop et la sécurité. Mais le principal drame se joua après la fin du championnat : le 5 juin, les supporters du club de Rino Della Negra pleurèrent l'un des leurs, Clément Méric.

21 – Les bonus de So Foot

Notre NKM à nous ne s'est pas occupé que du Red Star. Tout au long de la saison, il a distillé ses analyses et coups de gueule, en finissant par une réflexion sur le rôle des supporters dans le football moderne sur fond de Parc plein et de baisse des affluences un peu partout ailleurs. Et notre « Team Tribunes » s'est aussi fendue de quelques articles décalés. Un Top 10 des groupes de supporters aux noms improbables, couronnant les Toulousains de la BFS (Boire, fumer, supporter). Un Top 5 des amitiés entre ultras. Sans oublier un Tu sais que sur les ultras permettant de percer avec humour les mystères de ce monde schizophrène.

Quelque chose nous dit qu'on va avoir d'autres articles à écrire en 2013-2014. On a même déjà commencé en se penchant sur la situation messine , sur le prix des abonnements et sur les règlements de stade.

Par Antoine Aubry et Quentin Blandin
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