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  2. // AS Rome/Bayern (3-2)

Une Roma renversante

Le cinquième de la Série A face au huitième de la Bundesliga. Bof. Ou, présenté autrement, le finaliste de la Ligue des champions face au vice-champion d'Italie. Plus vendeur. Au final, un match renversant.

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Pour ne pas jouer sa peau lors de la dernière journée, la Roma devait se retirer du stade Olympique avec un résultat positif. Plus tranquille, le Bayern n'avait que sa première place à assurer, la qualif' étant déjà dans la poche. Les premières minutes témoignent d'ailleurs du différentiel de sérénité entre les deux équipes. Alors que chaque récupération de la Roma est gérée avec l'empressement de celui qui joue sa survie, le Bayern cherche avant tout le contrôle de la balle et de la partie, aussi pressé qu'un retraité au supermarché. Un rythme qui contraint Ribéry à contenir ses envies de cavalcades, pour se contenter de sages remises.

Car avant même le terme du premier quart d'heure, c'est bien le Bayern qui a pris le contrôle des opérations et gère le chronomètre comme un sénateur. Avec Ottl et Tymoschuk à la récup', les Allemands ne font pas dans l'esthétique, mais c'est efficace, tandis que De Rossi, trop loin de Brighi et Greco, traîne sa peine. Installé en meneur de jeu, Ménez saborde tous ses un contre un et condamne le tandem Borriello-Vucinic au pain sec et à l'eau. La nervosité romaine tourne rapidement à la paralysie et les Allemands, dans un style feutré, vont finir par punir tant d'attentisme.

Sur l'une des innombrables phases de possession des finalistes de la dernière Ligue des champions, Lahm vient dédoubler dans un fauteuil et Ribéry joue la rupture de rythme en pivotant brusquement pour filtrer l'objet du délit au centre de la surface. Mario Gomez jaillit pour placer avec son silencieux sa frappe au ras du poteau, plutôt que de se fatiguer à frapper comme un Allemand (34e). Du Arsenal dans le texte... face à la défense de West Ham. Treizième but de la saison en dix matches pour Gomez. Et quatorzième unités, cinq minutes plus tard, après une perte de balle de Ménez dans ses 25 mètres. Muller joue cette fois le rôle du complice, même si l'amorphe arrière-garde romaine se montre toujours aussi suspecte. Pour le Bayern, le match tourne à la balade : Ribéry commence même à effacer sur son côté et pouvait revendiquer un pénalty à la 43e minute, qui aurait définitivement flingué tout suspens.

Menée 2-0, que reste-t-il à la Roma ? Inscrire un but à peine revenue sur la pelouse, par exemple. C'est exactement ce qui se produit, après une incroyable chevauchée de Ménez ponctuée d'un grand pont sur Demichelis. Le Français voit alors Borriello au centre, qui prend le dessus sur son garde du corps mais perd l'équilibre, ce qui ne l'empêchera pas de la pousser au fond d'une sorte d'horrible ciseau à ras de terre (49e). Déclencheur de la course-poursuite menée par la Roma, Ménez continue de faire des ravages sur l'aile droite. Simplicio puis Brighi sont tout près de mettre à profit le travail du Français, mais le jeune Kraft repousse par deux fois sur sa ligne (60e).

Impressionnant, le souffle de l'entame de deuxième période des Giallorossi retombe après ce nouvel exploit individuel de l'ex-Sochalien. Que reste-t-il à la Roma pour marquer ce deuxième but si vital ? Compter sur le laxisme défensif du Bayern, peut-être. Une équipe motivée pour jouer mais seulement dans la moitié de terrain adverse. Ou faire entrer Francesco Totti, par exemple. A la 75e minute, Ranieri offre une ovation à l'icône. Six minutes plus tard, l'égalisation tombe. L'action est aussi limpide qu'inspirée, mais le numéro 10 italien n'y joue pas même un rôle mineur. Vucinic se trouve à la baguette, en position de meneur de jeu, d'où il renverse l'arrière-garde allemande d'une merveille de passe pour Riise, qui centre tendu pour De Rossi venu s'aventurer dans les six mètres pour s'attirer les acclamations du peuple romain (81e).

Ce point du nul ressemble à une victoire pour des Romains à la rue pendant les 45 premières minutes. Auteur d'un bon match, Ribéry, sorti à la 77e, a assisté à l'égalisation du banc. Il y contemplera également le but de la victoire romaine. Crocheté par Kraft, Borriello offre à Totti la possibilité de parachever une seconde période au scénario idyllique (84e). Le capitaine romain ne manque pas l'occasion de faire basculer le stade Olympique dans l'ivresse. En ballotage défavorable à la pause, la Roma a repris son destin en main en 45 minutes. Et si les Giallorossi commençaient leurs matches à la première minute et leur saison lors de la première journée ?

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La chevauchée de Ménez sur le premier but de la Roma est juste géniale.
Pas trop d'accord sur le prétendu "horrible ciseau" de Borriello. J'y vois un grand geste d'attaquant, très spectaculaire, et qui sent le type qui en veut. En voilà un qui a bien fait de changer de club.
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