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Une Roma, deux possibilités

Dimanche après-midi, la Roma affronte la Lazio lors du toujours très attendu derby romain. Lourdement battue la semaine dernière par l'Atalanta, l'équipe de Luis Enrique confirme qu'elle est autant capable de briller que de sombrer, parfois d'une semaine à l'autre. Et pour le derby, mieux vaut ne pas se tromper.

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La Roma est un paradoxe a elle-seule. Depuis le début de la saison, elle fait figure d’équipe la plus imprévisible du Calcio. Mais parallèlement à cela, son talon d’Achille, c’est qu’elle se montre parfois trop prévisible. Et ça, personne n’y comprend vraiment grand chose. Oui, car la Roma est une équipe capable du meilleur, comme du pire. Capable d’aller battre le Napoli au San Paolo, puis de perdre à Cagliari. Capable de terrasser l’Inter, puis de se faire humilier par l’Atalanta. Une équipe frappée du syndrome de double personnalité. Or, impossible de nier que celui qui est à l’origine de ces maux n’est autre que Luis Enrique. En ramenant en Italie une mentalité de jeu totalement espagnole, le coach se heurte à la dure réalité du football italien.

Son projet, son schéma tactique et son football ne laissent que peu de place au hasard. Soit cela passe, soit cela casse. La Roma est en mesure de dominer un adversaire, de lui passer quatre ou cinq buts, mais aussi de se faire corriger. La faute à un jeu trop porté vers l’avant, pas assez organisé et qui, forcément, laisse des boulevards en contre-attaque à des équipes qui savent en contrecarrer les offensives. Si Luis Enrique continue de rabâcher qu’il préfère « voir du beau jeu plutôt que gagner » , la réalité va devoir le rappeler rapidement à l’ordre. En effet, la Roma, à l’aube du derby, compte déjà 9 défaites en championnat. L’an dernier, au même stade de la compétition, elle en comptait une de moins, et Ranieri donnait pourtant sa démission à cause de résultats qu’il jugeait lui-même « désastreux » . Le derby a donc des faux airs de rédemption. Ou de punition.

« Pas un problème psychologique »

Les maux de la Roma ne datent pas d’hier. Voilà près de deux ans que l’équipe romaine ne parvient pas à retrouver un rythme de croisière. Depuis cette fameuse défaite contre la Sampdoria en avril 2010, à vrai dire. Jour où le Scudetto s’est envolé, pour atterrir dans les bras de l’Inter. Depuis, la Roma connaît un parcours en dent de scie. Des belles victoires, des grosses défaites, et une impossibilité, donc, de se mêler à la lutte pour le titre. L’arrivée de Luis Enrique était censée changer la donne, apporter un nouveau souffle. Mais le fameux « projet » , comme il est appelé à Rome (et parfois moqué), tarde à se mettre place. Peut-être trop de changements, peut-être trop de nouveaux joueurs à intégrer à l’effectif. Le fait est que la mayonnaise a du mal à prendre. Pourtant, les avis en Italie sont unanimes : la Roma pratique un jeu agréable à regarder, certainement l’un des plus séduisants en Italie.

Certains entraîneurs, comme Giuseppe Sannino, pensent même que Luis Enrique est en avance sur son temps. « Vous verrez : l’année prochaine, la Roma et Luis Enrique vont se battre pour de grands objectifs. Pour le moment, vous n’arrivez pas à comprendre toutes les choses nouvelles qu’il amène en Italie, mais vous vous en rendrez compte à l’avenir. Moi, je l’ai compris tout de suite, depuis la première journée. Il a apporté un football total, avec des joueurs qui interprètent les rôles différemment » assure le coach de Sienne, deux jours après l'avoir battu 1-0, cela dit en passant. Alors, Luis Enrique, précurseur, ou pionnier d’une méthode vouée à l’échec ? Les avis sont mitigés, presque autant que les prestations de la Louve. Des prestations que le technicien, lui-même, a parfois du mal à analyser. « Aujourd’hui, j’ai vu la meilleure et la pire Roma, assure-t-il après un revers 4-2 en Sardaigne. Mais ce n’est pas comme cela que l’on construit une grande équipe et j’en suis le premier concerné. Il ne s’agit pas d’un problème psychologique, le problème est tactique » .

Revanche et retard

Mais dimanche, c’est le derby. Et là, on ne parle ni tactique, ni jeu, ni rien du tout. Le derby est un match à part. Bien souvent, même, les matches qui le précèdent ne donnent que des fausses indications sur son déroulement et son issue. En 2009, la Lazio enchaîne trois défaites consécutives sans marquer le moindre but, arrive au derby le moral dans les chaussettes, et remporte la confrontation contre la Roma, 4-2, en scorant deux buts dans les quatre premières minutes. L’an dernier, les biancocelesti abordent le derby aller en tant que leader du classement, et s’inclinent pourtant 2-0, avec deux buts sur pénalty de Borriello et Vucinic. Et puis, il y a ce match aller, disputé en octobre dernier. Une rencontre remportée sur le fil par la Lazio, grâce à un but de Klose à la 93ème minute. Les Romains n’ont pas oublié. « Nous voulons une revanche, et si nous comparons le match aller à celui-ci, nous sommes bien mieux préparés, explique Marteen Stekelenburg, dernier rempart giallorosso. Nous avons 25 matches derrière nous et nous avons grandi dans notre manière de joueur. L’entente dans le groupe est bien meilleure car aujourd’hui, nous nous connaissons mieux » .

Or, si Stekelenburg met le doigt sur l’unité du groupe, c’est pour répondre, indirectement, à la polémique née la semaine dernière à Bergame. Arrivé en retard à la réunion technique d’avant-match, Daniele De Rossi a été envoyé en tribunes par Luis Enrique. Des rumeurs d’engueulades dans le vestiaire ont ensuite circulé, mais le milieu de terrain romanista a démenti, en affirmant qu’il avait seulement été écarté parce qu’il n’avait pas respecté le code éthique cher au coach. Au final, peu importe. De Rossi sera là pour le derby (à moins d’un nouveau retard ?), tout comme l’autre idole, Francesco Totti, qui a purgé son match de suspension contre l’Atalanta. Le Capitano continue d’être le phare de l’équipe. La preuve : sur les huit rencontres qu’il a manquées depuis le début de la saison, la Roma s’est inclinée à six reprises. Et ce coup-ci, pas question de perdre. La Lazio est déjà à sept points (jamais, depuis mars 2000, la Roma n’avait abordé un derby retour avec un tel retard au classement) et une défaite contre l’ennemi juré éloignerait quasi-définitivement Luis Enrique de la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions. Et ça, la Curva Sud aurait du mal à lui pardonner.

Eric Maggiori
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Dans cet article

Io ci credo... Daje Roma... Lazio, fognà de 'sta città !!! Li mortacci tua :)
Deux solutions seulement pour ne pas sombrer :
-ne plus faire jouer Kjaer tant qu'il n'aura pas appris à courir avec le Ballon et, accessoirement, à le manier.
-TOUJOURS mettre DDR16 devant la défense. C'est lui qui couvre les avancées des "terzini", venant se placer entre les deux centraux qui se sont écartés entre-temps. Sinon on prend des buts cons, dont le prototype est le premier encaissé face à la Juve en Coppa Italia par Giaccherini.

J'aurais aimé voir Osvaldo dans ce derby, c'est dommage ce rouge discutable. Gago sera bien remplacé par Greco, voire Perrotta (ça me ferait kiffer de revoir Simone chaud dans un derby).

Sinon bon article, très juste.

Daje Roma
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
allez, on attend encore la superbe prestation des "esthètes du calcio" qui jouent tellement bien entre eux qu'ils oublient de surveiller leur défense

dieu sait que j'aime pas particulièrement la Lazio, mais l'arrogance mal placée de la Louve m'énerve au plus haut point : ca se pense dépositaire du beau jeu en Italie et ca enchaîne les branlées

allez quand même par principe, je serai derrière la Roma mais de grâce, niquez* les bien au moins!
Scotch : Ni les joueurs, ni l'entraîneur, ni les dirigeants de la Roma ne se prennent pour les dépositaires du beau jeu.

Ce sont les médias qui les encensent.

En tant que supporter de la Roma, globalement, je n'aime pas ce nouveau jeu, plutôt lent. Néanmoins, on a pu assister à de belles prestations.

Mais rien à voir avec le vrai beau jeu de Spalletti. Magnifique. Une dinguerie à l'époque.
C'est clair que le jeu est posé mais trop lent. Et puis jouer avec un 10 et 2 attaquants c'est carrément osé. Beaucoup plus offensif que le Barça dans le placement mais avec moins de maîtrise. Luis Enrique est fou, mais il va s'adapter peut-être.
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
@GiuLas : ils nous cassent quand même les bonbons avec leur "romanité" placée à tous bout de champs

attention, c'est pas les seuls à faire ça, loin de là (Barcelone par ex).

Mais bon, y a toujours cette petite prétention qui se pointe discrètement de croire qu'ils sont au-dessus car différents, car romains.

J'ai un énorme respect pour leur dévotion et leur amour du maillot mais faudrait arrêter de vivre au dessus de ses moyens

après je dis ça, mais je suis un fan de Milan et les prétentieuses là bas on connaît
bon la diff c'est qu'on gagne des titres et donc le droit de l'ouvrir ^^
Je reste confiant, on va renvoyer le FC Mussolini à sa vraie place, LOIN DERRIERE LA LOUVE.
Romanista Furio Camillo Niveau : District
Oh oh oh oh, ici San Carlo Zampa.
la bocca Lupa... crepa la Lazio
Ecco domani, senza sta sfiga
FORZA ROMAAAAAAAAAAAA
The-Francis-Llacer-Project Niveau : District
@Nasazzi : l'AS Roma a été fondée en 1927 sur ordre du Duce après fusion de tous les clubs romains existants à l'époque (sauf... la Lazio qui a refusé) donc si on admet qu'il y a bien un FC Mussolini à Rome, il serait plutôt giallorosso (d'autant que Mussolini supportait Bologne donc il s'en cognait de la Lazio). Sans rancune et bon match :-)
Faux. Désolé.


1) Le club de Mussolini n'a jamais été l'AS Roma, vu qu'il était supporter de la Lazio - ça, c'est prouvé. D'ailleurs, Piola devait être transféré de Vercelli à l'Inter, Mussolini est intervenu pour qu'il aille à la Lazio.
Le régime a soutenu Bologne essentiellement pour des raisons de propagande (faire un "club modèle" du fascisme en plein coeur de l'Italia Rossa).

2) Mussolini n'a pas fondé l'AS Roma. C'est dû à la Charte de Viareggio (qui a défini les règle du foot italien pendant les décennies à venir) dont l'un des effets était de pousser les clubs à fusionner pour éviter un trop grand nombre de clubs faibles, pour au lieu avoir un nombre de clubs plus restreint, mais avec plus de moyens. Or, cette charte a été faite par le ministre des sports de l'époque, Italo Foschi. Sous l'effet de cette charte, trois clubs romains décident de fusionner, la Lazio refusant pour plusieurs raisons (essentiellement parce que le président de l'époque rappelait que les trois clubs étaient purement romains alors que la Lazio se voulait, comme son nom l'indique, le club de la région du Latium). Vu l'importance particulière de la capitale, c'est donc Foschi qui a été le premier président de la Roma, pour un an, pour veiller au bon fonctionnement de la fusion.


Myth busted.

A bon entendeur.
The-Francis-Llacer-Project Niveau : District
Ce n'est prouvé en rien : Mussolini supportait Bologne, d'autant plus qu'il était natif de la région (en + Bologne a glané pratiquement tous ses titres de champion dans les années 20-30 càd sous l'ère fasciste, drôle de coïncidence, non?). A la limite, sa famille à Rome supportait la Lazio mais ça s'arrêtait là. Quant aux conditions de création de la Roma, on arrange l'Histoire à sa sauce, pourquoi pas mais je me suis toujours demandé pourquoi on ne trouvait jamais mentionné le nom du fondateur de la Roma là où on sait que Bigiarelli a fondé la Lazio, Kilpin l'AC Milan, etc... Bizarre non?
The-Francis-Llacer-Project Niveau : District
mais je te remercie pour ton post : il confirme que la Roma a été fondée pour des raisons bassement politiques et économiques là où la Lazio a été fondée par des jeunes gens (Bigiarelli et des amis à lui) pour faire du sport dans le respect de l'idéal olympique (et oui la Lazio est avant tout un club omnisport, la section foot est née peu après)
Dionisio II di Siracusa Niveau : District
L'aigle verra

Comme souvent
The-Francis-Llacer-Project Niveau : District
Ah oui, & puisqu'on parle de FC Mussolini, voici 1 petit échantillon de ce qu'on peut voir du côté des ultras de la Roma : http://i48.tinypic.com/21l1hsx.jpg
http://i51.tinypic.com/54ufpe.jpg
http://i51.tinypic.com/x1fs5j.jpg
Pas joli, joli... ça ferait mieux de balayer devant sa porte
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