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Une rivalité entre Valence et Séville, vraiment ?

Longtemps dans l’anonymat, les duels entre Chés et Sevillistas offrent depuis le début du siècle l’une des rivalités les plus féroces sur les prés espagnols. Un antagonisme qui s’articule autour de doubles confrontations calientes et de polémiques presque historiques.

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Du Pays basque à la Galice, en passant par la Catalogne ou la Castille, la loterie de Noël est une institution outre-Pyrénées. Même du côté de Séville, aucun badaud ne peut s’exempter de participer à cette tombola géante et institutionnalisée. Aux abords de l’hiver 2014, la peña sevillista d’Ubrique, non loin de Cadiz, décide donc de personnaliser ses tickets de loterie aux couleurs rouge et blanche de leurs Palanganas. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil andalou, au détail près que ce fameux coupon humilie gentiment le Valence CF : au cri rageur de Stéphane M'Bia se succèdent ainsi les visages de trois Chés, déconfits suite à une défaite face à Séville, et d’une phrase : « Tu veux vraiment passer à côté de cela ? Fais attention, sinon tu vas avoir une tête de perdant.  » Un humour potache qui, loin de déclencher des heurts, raconte la nouvelle rivalité entre FC Séville et Valence CF. Nouvelle, car elle ne répond qu’à de récents contentieux qui ne dépassent jamais le strict cadre sportif. Pour sûr, depuis 2004, les deux fanions se sont déjà affrontés à trente reprises pour ce qui est devenu le Clásico espagnol du pauvre.

Guéguerres entre directions et montée en puissance


Dater le début de cette rivalité n’est pas chose aisée. Pour autant, une date sort du lot : le 9 mai 2004. Au soir de cette 36e journée de Liga, une victoire 0-2 au Ramon Sánchez-Pizjuán permet au Valence de Rafa Benítez de trôner sur le championnat espagnol. Vicente et Baraja, étendards d’un fanion Ché qui flotte au-dessus de la mêlée, ne reçoivent pourtant que des applaudissements de la part du peuple de Nervion lorsqu’ils grimpent les quelques marches qui séparent la pelouse de la loge où se trouve le si précieux sésame. Depuis, aucun duel ne connaîtra telle quiétude.
« J’ai vécu cette rivalité des deux côtés, et elle grandit Séville et Valence. » Unai Emery
Porque ? Loin d’affrontements entre aficionados, de guéguerres entre directions, cet antagonisme se raconte le plus simplement du monde par la montée en puissance du FC Séville. Une thèse que ne contredit pas Unai Emery, actuel entraîneur sevillista et ancien locataire de la guérite de Mestalla : « La rivalité sportive ne cesse de grandir. Avant, Valence était clairement supérieur, alors que désormais les deux équipes sont capables de disputer des titres et d’aspirer à la Ligue des champions. J’ai vécu cette rivalité des deux côtés, et elle grandit Séville et Valence. »


Dans les faits, les duels entre la troisième (Valence) et la quatrième (Séville) plus grandes villes d’Espagne sont légion en ce millénaire. Depuis ce fameux titre de Liga remportée dans l’antre sévillane, ils se comptent ainsi au nombre de trente. Autrefois sans enjeu ou presque, ils se révèlent désormais décisifs - hormis cette saison, cela va de soi - dans la course à la Ligue des champions. Ainsi, la saison passée, Chés et Palanganas se disputent jusqu’à la dernière seconde le dernier strapontin vers la C1. Quatrième à la photo finish, les Valenciens laissent le soin au FC Séville de se qualifier pour la plus grande compétition continentale grâce à sa victoire en Ligue Europa. Mais plus que des rencontres en Liga, ce sont bien les doubles confrontations de Copa del Rey et de C3 qui restent gravées dans les mémoires des deux publics. En janvier 2009, à l’occasion des quarts de finale de coupe, le premier jalon à polémique est lancé quand Adriano, hors jeu de trois bons mètres, ouvre le score à Mestalla. S’ensuivent une grogne légendaire de l’aficion valencienne, une intensité folle lors des deux rencontres et un premier pied de nez sévillan envers les Chés.

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« On coche d’abord le derby, puis le match face à Valence »


Dès lors, chaque retrouvaille entre les deux clubs entraînent une montée en mayonnaise excitante. Le point de non-retour est atteint lors de l’exercice 2013/14, au soir d’une demi-finale retour de Ligue Europa des plus électriques.
« Pour moi, cette rivalité n’a pas trop de sens. Ce sont deux grandes équipes, mais je n’ai jamais vu aucune méchanceté. » Éver Banega
Alors que le FC Valence croit bon tenir sa finale de C3 - 2-0 à l’aller pour Séville dans son Sánchez-Pizjuán, puis 3-0 à Mestalla pour les Chés -, Stéphane M'Bia vient planter une banderille à la dernière seconde de la rencontre. Un pion synonyme de qualification pour le duel de Turin face au Benfica, et qui pousse Unai Emery, ancien sorcier valencien, à se muer en José Mourinho l’Interiste lors de son succès au Camp Nou. Une image qui reste toujours aujourd’hui gravée dans les mémoires des Naranjas. « Pour moi, cette rivalité n’a pas trop de sens. Ce sont deux grandes équipes, mais je n’ai jamais vu aucune méchanceté » , calme pourtant Éver Banega, ancien de Valence aujourd’hui à Séville. Un avis loin d’être partagé par la légende sevillista Andres Palop, pourtant formé chez les Chés : « Au début de la saison, on coche d’abord le derby, puis le match face à Valence sur le calendrier. » Tout un programme.

Par Robin Delorme
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Dans cet article

Mouais, en Espagne, les rivalités dépassent largement le cadre sportif.
En ce qui concerne Valence en général, pas seulement le club, le grand rival reste Barcelone.

Il est peut être un peu tôt pour parler de rivalité vis à vis de Séville, j'ai plus l'impression que c'est juste les deux clubs qui visent une même place.

A la limite le Real et le Barça seraient moins intouchables (comme au début des années 2000), on ne parlerait pas de rivalité.
Dance Crasher Niveau : CFA
C'est plus ou moins le pourquoi du comment que décrit l'article...
Pour garnir un peu plus votre article, vous auriez pu aussi dire que les biris, qui occupent le kop de Seville, sont d'extrême gauche, tandis que du côté de Valence, ça respire un peu le franquisme (il y a qu'à voir leurs tifos respectifs).
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