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  2. // Lyon/Marseille

Une question de survie

En cas de défaite, Lyon fera peut-être une croix sur la prochaine Ligue des champions. En cas de revers, c'est son titre que Marseille laissera sans doute filer du côté de Lille. Alors Messieurs, à vous de jouer. Mieux : à vous de bien jouer. Chiche ?

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Lisandro Lopez est un taiseux. Et comme tous les taiseux, quand il parle, on écoute. Car cela signifie que l'heure est très grave: « Si on perd, ce sera mathématiquement terminé pour le titre et ce sera compliqué pour une qualification en Ligue des champions. Ce serait trop dur de se relancer. Mais je suis positif et je ne veux pas penser à la défaite » . Alors, on va s'en charger pour lui. Ce matin, à l'aube de la réception de Marseille, l'Olympique Lyonnais joue bien davantage qu'une désormais très hypothétique course au titre. Il joue quasiment sa survie. Soyons clairs, le risque est désormais très grand de ne pas voir les Gones sur le podium de la Ligue pour la première fois depuis 1998. Avec une incidence majeure : une non-qualification pour la prochaine Ligue des champions. Quand on a claqué plus de cent patates en transfert en deux saisons, ce n'est plus un accident industriel, c'est une catastrophe nucléaire. Et il ne faut sans doute pas aller chercher beaucoup plus loin les raisons du malaise de Jean-Michel Aulas la semaine passée à Toulouse, après le naufrage sans adjectif de ses joueurs au Stadium (0-2).

Car il y a le score, sans appel, et surtout la manière qui s'apparenterait presque à un suicide. «  Lors de certains matches, on manque d'envie » , affirme Licha comme pour rejoindre notre piste. Car la thèse du manque d'envie pourrait s'expliquer dans un groupe qui avait tout gagné comme en 2009 lors des derniers feux des années Juninho. Mais là, bien malin qui peut deviner, dans le merdier qu'est devenu le subconscient lyonnais, les ressorts, ou plus exactement le manque de ressort, qui place l'OL sur courant alternatif. Ce soir, face à l'OM, il y aura donc bel et bien un peu plus que trois points en jeu côté Lyon qui devra composer sans Gourcuff (blessé), Cissokho et Bastos (suspendus) sans que l'on sache s'il s'agit véritablement de si mauvaises nouvelles que ça compte-tenu des prestations au mieux fadasses des deux premiers et du manque de rythme de l'international brésilien. Mais ces absences contrastent franchement avec cet OM qui semble au maximum de son potentiel à quelques encablures du finish.

Marseille se gausse...

Enfin, sans atteindre les sommets de schizophrénie de son hôte du soir, Marseille interpelle. Le bilan chiffré n'est pas si dégueu puisqu'en cas de succès, les champions de France en titre peuvent revenir à un petit point de Lille qui se prépare à une fin de Championnat compliqué (Paris et Rennes au programme lors des deux dernières journées). On en connaît qui aimerait être « en difficulté » comme les Phocéens. Non, c'est véritablement dans le modus operandi que l'équipe de Didier Deschamps laisse les observateurs sur leur faim. Aucune créativité, peu de volume offensif où l'essentiel des décisions tiennent dans les crampons d'un gamin nommé André Ayew qui n'est pas non plus Lionel Messi. Pourtant, à la Commanderie, on se gausse de ses débats mesquins sur la manière. Didier Deschamps se paie la tête des « esthètes du football » comme certains politiques dénoncent les « droitdelhommistes » , tandis que Guy Stephan, son adjoint, renvoie aux chiffres. « On a la troisième attaque du Championnat avec la deuxième défense, donc on est assez équilibrés. Dans les classements buteurs-passeurs, on n'est pas dans les meilleurs, ça c'est clair. L'an dernier, Lucho était plus haut dans le classement des passeurs, mais il a inscrit plus de buts que l'année dernière. On a tout de même marqué cinquante et un buts avec un début de saison très mouvementé : départ de Niang, arrivées tardives de Rémy et Gignac, affaire Brandao... Etre là à ce moment de la saison, compte-tenu de ce qu'il s'est passé, c'est déjà pas mal ! » . Pas faux. Et puis, Marseille s'appuie sur deux ingrédients qui ont longtemps fait de la cuisine lyonnaise la meilleure de France et qui manque désormais aux anciens tauliers de la L1 : la réussite et la puissance. « Lyon n'a plus ce petit extra qu'il avait dans ses meilleures années » , glisse José Anigo alors que Bernard Lacombe, lui, envie, l'impact phocéen : « Je ne vois jamais nos défenseurs tout arracher comme le font les arrières marseillais » . Ou quand les conseillers des deux clubs voient plus clairs que les autres...

Evidemment, dans ce contexte de pression maximale, il ne faut pas s'attendre au fabuleux 5-5 de novembre 2009. Mais, tant dans la course au podium des Gones que dans le sprint pour le titre des Phocéens, ni l'OL ni l'OM ne peuvent se contenter d'un partage des points. Il va donc falloir se livrer et se lâcher. En clair, c'est le bon soir pour les stars des deux équipes, trop souvent comptables de leur talent pur cette saison, pour se réveiller et faire la décision. L'Olympe est à ce prix.




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Un match qui déchaîne les passions à ce que je vois.

Une victoire Lyonnaise serait peut etre préférable. Parce que faut le dire, ne pas les voir en C1 l'an prochain serait tout de même un peu triste. Puis ca signifierait le départ de Lisandro... Notre seul joueur à relever le niveau de Ligue 1, avec Heden Hazard.

Puis l'OM l'a bien cherché aussi, à ne pas gagner chez eux face à Auxerre... Et Lille champion, plus joli qu'un OM qui ne fait plus vraiment rêver par le jeu depuis deux ans.
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