Une pierre de plus

Le LOSC est aujourd'hui, avec l'OM, le seul club français à avoir pris au sérieux cette C3, indissociable de la construction de son long projet : exister sur le plan européen pour s'imposer comme un des incontournables de l'Hexagone. Nouvelle étape ce soir face au Sporting.

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La saison dernière, à la même époque, le LOSC peinait en Ligue 1. Rudi Garcia avait été “viré-réembauché” in-extremis avant l'ouverture de la saison. S'en était suivi un pauvre bilan comptable (1 victoire, 1 nul et 3 défaites) au soir de la 5ème journée avant d'entamer sa campagne européenne dans un groupe d'Europa League pas franchement fastoche : Valence, Genoa et Slavia Prague. On a connu plus simple.


Mais les Lillois avaient eu la bonne idée de respecter la petite sœur de la Champions', en alignant les titulaires habituels afin de donner la possibilité à leur onze de prendre confiance en dehors des balises du championnat. Toulouse la même année, et le PSG l'année précédente, ne pouvaient en dire autant, utilisant la C3 comme un vulgaire labo, agrémenté d'une pointe de démagogie bien franchouillarde. Vous savez, la fameuse phrase du coach refusant l'idée d'une équipe bis : « Non non, ce n'est pas une équipe bis que j'aligne. J'ai un groupe d'une vingtaine de joueurs, tous compétitifs et j'aligne pour cette rencontre le onze le plus compétitif du moment. Chaque match est important » . Foutaises. A quoi bon faire tourner un effectif limité, alors que l'équipe dite “type” n'arrivait de toute façon à rien ou pas grand-chose en championnat ?


De son côté, la stratégie lilloise paye. Le LOSC avait bien résisté face à Valence (1-1), avait humilié le Slavia à l'extérieur (1-5) et avait tapé le Genoa (3-0) au Stadium Nord. « La coupe d'Europe nous avait permis de rester à flot alors qu'on avait des résultats médiocres en championnat » racontait Rudi en conf' hier soir. Les Dogues avaient ensuite fièrement relevé leurs truffes pour entamer une remontée de dingue au classement (3ème fin décembre), à coups de buts en pagaille. Et ils continuaient à prendre goût à cette coupe européenne qu'ils n'avaient pas bazardée. Galatasaray trépasse en 16èmes et le LOSC peut s'offrir un 8ème de prestige face à un Liverpool certes mal en point. Bon, la marche était peut-être un peu trop haute pour un effectif encore perfectible. L'énergie laissée lors de ces joutes européennes a sans doute aussi eu raison d'une qualification pour la Ligue des Champions (strapontin arraché par Auxerre lors de l'ultime journée) mais Lille avait fait bonne figure et ne faisait que poursuivre sa progression.


Car rappelons que cette équipe est programmée pour devenir grande : présence régulière en coupe d'Europe depuis six saisons (deux C1 et deux C3), nouveau centre d'entraînement nickel-chrome, capacité financière à garder un Mavuba, un Cabaye ou un Hazard, à relancer un Landreau ou un Rozenhal cette année et enfin la perspective du grand stade (pour l'été 2012, maintenant que Martine est d'accord et que Sarko a arraché l'Euro 2016 aux Turcs).


Invaincu en L1 depuis la reprise et véritablement libéré suite à sa victoire en terres lensoises samedi dernier (1-4), le LOSC pourra afficher ce soir face au Sporting Lisbonne plus de certitudes qu'il y a un an. Les Portugais ne sont certes pas des peintres mais affichent une dynamique diamétralement opposée aux Nordistes. Sur la pente descendante depuis la finale de cette même C3 en 2005, les Lisboètes bafouillent leur foot en Liga Sagres et ne jouent désormais plus que sur leur simple réputation sur les terrains européens. Car ce soir, sans Maniche, blessé (quelle surprise !) et Liedson suspendu, le Sporting n'aura rien d'un épouvantail, qui plus est trois jours avant son choc contre Benfica, occasion royale pour les Lions d'enfoncer un peu plus la tête de leur rival.

Alors, risquons-nous à ce pari : et si Lille n'était finalement pas notre meilleure chance européenne cette année ? Avec un groupe composé de La Gantoise, du Levski Sofia et donc du Sporting, il ne serait pas ridicule d'y penser.




Ronan BOSCHER

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